Stefan Constantinescu

Doctorant à la Faculté de théologie de l'Université de Fribourg (CH) sous la direction du Prof. Dr. Barbara Hallensleben.

 stefan.constantinescu@unifr.ch

Projet de thèse

Titre : Visitatio Verbi dans les Sermons In Cantica de Saint Bernard de Clairvaux. Splendor personae entre zôon poietikon et zôon eikonikon

 

Description du projet :

Dans ma thèse de doctorat, j’ai examiné la portée de l’expérience des visites du Verbe dans les Sermons sur le Cantique des Cantiques de Bernard de Clairvaux. L’accent a été mis sur la splendeur de la personne humaine en tant qu’être poétique et être iconique. D’après mes résultats, les visites du Verbe visent le dévoilement d’une ontologie de la personne qui se réalise pleinement par l’invocation croyante du nom de Dieu. La dimension sacramentelle du langage active et désactive simultanément les paroles humaines. Lorsque l’être humain parle, son langage s’active selon un usage habituel : celui de la communication. Pourtant, la capacité humaine de produire de nouvelles formes de langage ne s’épuise pas (inoperosità) dans la mise en œuvre de celui-ci. Bernard de Clairvaux maîtrise habilement les techniques du langage pour transmettre ses sermons. Ce n’est pas la mise en œuvre proprement dite du langage qui confère à ses sermons un caractère sacramentel mais la puissance du Nom de Dieu qui agit du dedans du propos. Le langage humain devient ainsi une figure du désœuvrement révélant la présence du Verbe. Il conduit à la contemplation.

Dans ma recherche, j’ai utilisé la théologie de Bernard de Clairvaux pour former un pont potentiel de compréhension : d’une part, ses dates de vie (1090-1153) se situent au-delà de l’année symbolique 1054 (le grand schisme entre Orient et Occident), d’autre part, certains penseurs orthodoxes considèrent qu’il appartient à l’histoire de la tradition orthodoxe. Ma recherche adopte un point de vue sans préjugé sur Bernard de Clairvaux. Mes arguments sont particulièrement adaptés pour démontrer le potentiel d’unification de la tradition mystique occidentale avec la pensée théologique orientale. Je montre également la pensée bernardine en continuité avec les Pères de l’Église. De plus, j’applique une analyse iconologique et iconographique de l’utilisation du langage de Bernard. Ainsi, je le rapproche d’une part des lecteurs orthodoxes et d’autre part, j’ouvre une dimension qui était jusqu’à présent moins présente dans la vaste littérature de recherche. Avec l’analyse de l’expression visitatio Verbi, utilisée fréquemment par Bernard, j’ai découvert une lacune dans la recherche et j’ai travaillé de manière très créative. L'approche « interdisciplinaire » du sujet est mise en exergue au sein de la recherche sur Bernard. Il est non seulement considéré comme un représentant de la piété, mais aussi comme un écrivain, un théologien et un philosophe, ainsi qu'un « penseur esthétique » qui inclut la dimension de la beauté. La tentative systématiquement développée dans ma recherche est d'interpréter la pensée de Bernard comme l'expression d'une personnification iconologiquement comprise au sens de l'achèvement de l'image créative de Dieu, comme avant-goût eschatologique. Somme tout, ma vision de la recherche sur la mystique médiévale se fait en référence avec des projets philosophiques, linguistiques, et théologiques plus récents (Giorgio Agamben, George Steiner, Serge Boulgakov).

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