La classe inversée pour une pédagogie interactive et différenciée

(PhD) Augustin Muster, Département de Physique

20.11.2024, Université de Fribourg

En novembre 2024, une première pause pédagogique a été consacrée à la classe inversée appliquée à l’enseignement de la physique théorique. La séance a mis en lumière un défi bien connu à l’université : la forte hétérogénéité des niveaux parmi les étudiant·es, qui peut freiner la participation, limiter l’engagement et créer des écarts de motivation.

De la diversité des niveaux aux enjeux pédagogiques

Dans de nombreux cours d’introduction, les étudiant·es arrivent avec des parcours très variés. Ces différences peuvent affecter leur sentiment de compétence et leur capacité à suivre le rythme du cours. Pour y répondre, Augustin Muster – alors doctorant FNS au Département de physique – et son superviseur Luis Froufe ont expérimenté la classe inversée dans une partie du cours « Aspects théoriques de la physique fondamentale I ». Leur scénario pédagogique repose sur une structuration de la matière en quatre niveaux de complexité, allant des notions de base aux éléments plus avancés ou contextualisés. Le cours est donné en parallèle à la partie du Prof. Joseph Brader, restée inchangée afin de disposer d’un point de comparaison.

Intégrer la vidéo pour soutenir une pédagogie interactive

Dans cette approche, les étudiant·es travaillent les éléments de base à la maison, via des vidéos, des extraits du script et un quiz permettant de vérifier l’atteinte du niveau requis. Le temps en présence est consacré aux niveaux plus élevés : approfondissement théorique, mise en contexte et résolution d’exercices. Ce fonctionnement vise à réduire les écarts de niveau et à dégager du temps pour des activités interactives exigeant un engagement cognitif plus important. Pour soutenir ce scénario, les enseignant·es ont utilisé la salle Teaching & Learning Space du Learning Lab Unifr, ainsi que ses outils facilitant le travail collaboratif en petits groupes.

Augustin illustre l’impact concret du dispositif à travers une expérience marquante :

« Grâce à l’activation et à l’interactivité de la séquence d’enseignement, l’étudiant·e en question a profité de nouvelles opportunités pour améliorer son apprentissage… En tant qu’enseignant, il est extrêmement gratifiant d’observer une situation de ce genre.».

Retour d’expérience et conseils pratiques

Durant cette pause pédagogique, Augustin Muster et Luis Froufe ont présenté les étapes de mise en œuvre, le travail de préparation (notamment la production de vidéos et la conception des quiz), ainsi que les ajustements nécessaires pour adapter ce format à un cours théorique. Ils ont partagé leurs premières observations, notamment sur la manière dont la classe inversée permet (ou non) de :

  • mieux gérer les différences de niveaux grâce à la préparation préalable ;
  • encourager la participation active lors des sessions interactives ;
  • rendre les séances plus dynamiques grâce aux échanges et aux résolutions de problèmes en groupe.

Bénéfices et défis du scénario pédagogique

Les échanges avec les participant·es ont permis de mettre en évidence les conditions favorisant la réussite de la classe inversée : structuration claire des ressources, disponibilité des contenus en amont, cohérence entre les niveaux de difficulté et les activités, ainsi que régulation continue grâce aux retours des étudiant·es. Les intervenants ont également relevé les défis, notamment la charge de travail liée à la préparation des vidéos et du matériel, ou encore le risque que certain·es étudiant·es participent moins aux activités interactives. Malgré ces contraintes, le scénario pédagogique mis en place par les deux enseignants montre un potentiel réel pour renforcer l’équité, l’engagement et la profondeur d’apprentissage.

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