Publié le 19.03.2026
Une rencontre scientifique internationale pour repenser l’accompagnement précoce en soins palliatifs oncologiques
Le 5 décembre 2025, l’Université de Fribourg a accueilli une Journée de recherche internationale consacrée à la prise en charge de la souffrance en soins palliatifs oncologiques. Organisée en collaboration avec l’Université Laval (Québec, Canada), cette rencontre interdisciplinaire visait à réfléchir aux conditions d’un accompagnement précoce et centré sur la personne dès l’annonce d’un diagnostic de cancer métastatique.
Un dialogue scientifique entre la Suisse et le Québec
Réunissant des patients, des proches-aidants, des professionnels de santé, des chercheurs, des éthiciens et accompagnants spirituels, la journée s’inscrivait dans une dynamique de coopération internationale et intersectorielle. Elle s’intégrait également dans le cadre d’un projet doctoral d'Emile Abou Chaar en cotutelle internationale portant sur une approche intégrative de la prise en charge de la souffrance, combinant à la fois les soins pharmaceutiques et les soins spirituels.
L’objectif central consistait à favoriser la co-construction d’une « communauté de soins précoces » capable de répondre à la souffrance multidimensionnelle vécue par les personnes atteintes de cancer et leurs proches.
Placer l’expérience des patients au cœur de la réflexion
Les échanges ont souligné que l’annonce d’un cancer métastatique constitue souvent une rupture existentielle majeure, mettant en exergue des besoins physiques, psychologiques, sociaux et spirituels. Les participants ont interrogé la tension entre une médecine hautement technicisée et l’exigence d’un accompagnement global attentif à la qualité de vie et au sens de l’expérience vécue.
Le format participatif de la journée — alternant des témoignages, des apports conceptuels et des tables rondes — a permis d’articuler savoirs scientifiques et expériences concrètes. L’implication active des patients et des proches-aidants a contribué à enrichir la réflexion et à identifier des pistes d’action en matière de coordination des soins, de communication et d’anticipation des besoins.
Vers une communauté de soins précoces
Les discussions ont mis en évidence l’importance de dispositifs interdisciplinaires et de collaborations durables entre les différents acteurs du système de santé. La comparaison entre les contextes suisse et québécois a également permis d’identifier des facteurs organisationnels, culturels et structurels influençant la mise en œuvre d’un accompagnement précoce.
Au-delà des analyses théoriques, la journée a souligné que la reconnaissance précoce de la souffrance repose sur des choix concrets en matière de coordination, de formation et de continuité relationnelle. Elle a ainsi contribué à faire émerger des perspectives de recherche et d’action pour améliorer l’accompagnement des personnes confrontées au cancer.
