Jérémie Koering
Professeur ordinaire d'histoire de l'art des Temps modernes
jeremie.koering@unifr.ch
+41 26 300 7949
https://orcid.org/0000-0002-7638-7665
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Professeur·e ordinaire,
Département d'histoire de l'art et d'archéologie
MIS 05 bu. 5143
Av. de l'Europe 20
1700 Fribourg
Biographie
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Jérémie Koering a fait ses études à l’École du Louvre, à l’université Paris IV (Sorbonne Université) et à l’université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Depuis 2020, il est professeur ordinaire en histoire de l’art des temps modernes à l’université de Fribourg. Avant cela, il a enseigné dans plusieurs universités en France (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Lyon 2, Rennes 2), à Abu Dhabi (PSUAD) et en Suisse (Bâle). Il a été membre du Centre Allemand d’Histoire de l’art (2009) puis, à partir de 2010, chargé de recherche au CNRS (Centre André Chastel). Il a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome (2003-2004) et a reçu plusieurs bourses d'étude : École Française de Rome (2000), Lavoisier (2005), Focillon/YALE (2014), Chastel/Villa Médicis (2016), Clark Institute (2020). Il a donné des conférences à la Bibliotheca Hertziana, au Getty Research Institute, à l’INHA, à Johns Hopkins University, à la Villa I Tatti, au Warburg Institute, à Yale University... Sa thèse, soutenue à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2005, portait sur les décors du palais ducal de Mantoue au XVIe siècle, tandis que son habilitation à diriger des recherches (EHESS, 2019) était consacrée à l’ingestion des images dans une perspective historique et anthropologique. Ses travaux sont principalement voués à l’art de la Renaissance dans ses dimensions politiques (Le prince en représentation, Actes Sud, 2013, prix Noury de l’Institut de France), anthropologiques et poïétiques (avec Stephen J. Campbell, Andrea Mantegna, Making Art History, Wiley, 2014 ; Caravage, juste un détail, INHA, 2018), mais aussi à l’histoire de l’histoire de l’art et à la théorie des images (avec Francesca Alberti et Cyril Gerbron, Penser l’étrangeté, PUR, 2012 ; édition scientifique de la thèse inédite de Robert Klein, L’esthétique de la technè, INHA, 2017 ; avec Yve-Alain Bois, direction d’un numéro spécial Damisch-Schapiro du journal October, 2019, 167). Ses dernières publications concernent les images que l'on mange (Les iconophages, Actes Sud, 2021 / (Transl.) Iconophages, Zone Books, 2024) et les Ménines de Velázquez (Enquête sur Les Ménines, Actes Sud, 2025). Ses recherches actuelles sont consacrées aux façades peintes (avec Antonella Fenech, Errance/Actes Sud, à paraître ; et projet FNS en cours "La ville ornée"), à l’imaginaire du processus artistique à la Renaissance ou encore aux dessins comme outil épistémologique chez Schapiro, Damisch, Steinberg et Marin (Les Cahiers du MNAM et projet FNS en cours "Dessiner voir"). Il dirige par ailleurs la collection Les apparences aux éditions Actes Sud.Il dirige par ailleurs la collection Les apparences aux éditions Actes Sud.
Recherche et publications
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Articles
81 publications
Arachne : Weaving and the Origin of Technè in the Renaissance
Jérémie Koering, Zeitschrift für Kunstgeschichte (2024) | Article -
Chapitre de livre
48 publications
Introduction , dans Façades peintes : représentation sociale, art et espace urbain en Italie (XVe-XVIIe siècles)
Jérémie Koering (2025) | Chapitre de livreAgencements : modèles mnémoniques, rhétoriques et poétiques , dans Façades peintes : représentation sociale, art et espace urbain en Italie (XVe-XVIIe siècles)
Jérémie Koering (2025) | Chapitre de livreLe talent à l’épreuve de la rue : le rôle de l’artiste , dans Façades peintes : représentation sociale, art et espace urbain en Italie (XVe-XVIIe siècles)
Jérémie Koering (2025) | Chapitre de livreTransparence et opacité : ornements feints et illusionnisme , dans Façades peintes : représentation sociale, art et espace urbain en Italie (XVe-XVIIe siècles)
Jérémie Koering (2025) | Chapitre de livre -
Colloques & conférences
104 publications
Cours thématique / Histoire de l'art des Temps modernes : Paragone : les arts en ordre de bataille
Jérémie Koering, Université de Fribourg (2.2026) | ConférenceSéminaire / Histoire de l'art des Temps modernes : Inachevé ? Le non finito au seuil de l’époque moderne
Jérémie Koering, Université de Fribourg (2.2026) | Conférence -
Edition de livres
4 publications
Façades peintes : représentation sociale, art et espace urbain en Italie (XVe-XVIIe siècles)
Jérémie Koering (Actes Sud/Errance, 2025) | Ouvrage édité -
Livres
11 publications
Enquête sur Les Ménines: Velázquez et le regard du roi
Jérémie Koering (Actes Sud, 2025) | Livre -
Projets de recherche
Materiologies
Statut: En coursDébut 01.05.2026 Fin 31.07.2026 Financement FNS Voir la fiche du projet Le workshop international de recherche Matteriologies. Poetics and Meanings vise à aborder la question de la matière et la place qu’elle occupe non seulement dans le processus créatif, mais également dans la quête de sens d’une œuvre d’art. Dans cette perspective, le workshop souhaite consacrer le néologisme matteriology comme le terme le plus à même de désigner une pensée de la matière dans l’art, attentive à la façon dont celle-ci influe sur l’interprétation, et non comme un simple substrat inerte au service du sujet de l’œuvre. Nourrit du material turn qui a replacé l’objet artistique dans son épaisseur matérielle et sa choséité muséale, le workshop propose d’élargir cette approche à une réflexion sur la poïesis, à savoir le faire, la production, le devenir d’un œuvre d’art, autrement dit le processus vivant par lequel elle advient au monde. Loin d’être un simple conditionnement, la matière impose des contraintes techniques autant qu’elle suggère des solutions interprétatives, résiste aux intensions tout en dialoguant avec elles ; l’œuvre naît de cette symbiose placée comme elle est au cœur d’une triangulation sémiotique où le matériau, l’artiste et le regardeur se façonnent mutuellement. Il s’agira donc d’enrichir la sémantique des termes propres à notre discipline et de se concentrer sur la redéfinition de la dualité fondamentale entre la forme et le contenu, non pas comme une opposition binaire entre l’un ou l’autre mais comme un productif « à la fois l’un et l’autre ». Plutôt que de poursuivre dans la voie du material turn ou de revenir à l'iconologie classique avec sa surinterprétation textuelle du contenu narratif ou symbolique d’une œuvre, l'objectif est de jeter un pont entre ces deux approches : explorer l’agentivité du matériel à travers un prisme à la fois poétique et conceptuel, esthétique et significatif. L’objectif de cet atelier public est d’entreprendre une relecture critique de textes clés à la lumière de recherches inédites en cours. Les interventions, telles qu’elles se présentent à ce stade, aborderont la préciosité de certains matériaux (marbre, porphyre, corail, dorure), les textures picturales (coulures, raclements, empâtements), ainsi que des sujets édifiants comme les revers des tableaux, les natures mortes ou encore les palettes de peintres. En mettant l'accent sur cette dimension, le workshop entend prolonger la réflexion entamée par des chercheuse/chercheurs de renommée internationale au Centre Allemand d’Histoire de l’Art de Paris en 2010 (actes coordonnés par Andreas Beyer et Dario Gamboni, "Poiesis. Über das Tun in der Kunst", Deutscher Kunstverlag, 2014). Le workshop poursuit l’objectif constant de notre département qui est d’inscrire son nom sur l’orbite internationale et de faire ainsi rayonner celui de notre université. Soucieux de fructifier les partenariats avec des structures universitaires homologues, notre département vise à consolider les échanges scientifiques et à encourager une dynamique collaborative pérenne. C’est la raison pour laquelle, le présent workshop constituera le premier volet d’une manifestation en deux étapes qui se poursuivra en décembre 2026 à la Ludwig-Maximilians-Universität de Munich dans un comité encore plus élargi. L'organisation du volet munichois incombe à notre collègue, Yannis Hadjinicolaou (cf. lettre attachée). La présente demande concerne uniquement le volet fribourgeois. 10002803 - Dessiner voir. Le dessin comme outil épistémologique en histoire de l’art
Statut: En coursDébut 01.09.2025 Fin 31.08.2029 Financement FNS Voir la fiche du projet Le projet "Dessiner voir" entend étudier les fonctions épistémiques du dessin dans la pratique de l’histoire de l’art. Depuis l’institution académique de cette discipline au XIXe siècle, la très grande majorité des historien·ne·s de l’art a en effet utilisé le dessin pour observer, documenter, classer et interpréter les œuvres d’art. Or, en dépit de la masse documentaire témoignant de cette pratique, l’usage de cet instrument demeure très mal connu. La littérature scientifique consacrée à cet outil dans le champ spécifique de l’histoire de l’art est extrêmement limitée et n’aborde qu’incidemment la question épistémique. Pour dépasser cette méconnaissance et mesurer la place de l’instrument graphique dans la fabrique de l’histoire de l’art, il importera de rassembler un grand nombre de dessins en réalisant des recherches systématiques dans les archives d'historien.ne.s de l'art un peu partout dans le monde, d’explorer la variété de ses usages au sein de différentes cultures académiques (européennes comme extra-européennes), d’observer l’évolution de ses formes au fil des transformations méthodologiques qui ont affecté l’histoire de l’art du XIXe au XXIe siècles, et, enfin, de confronter ses fonctions épistémiques à celles dévolues à ce même outil dans d’autres champs disciplinaires (sciences humaines et sociales, sciences de la nature, sciences exactes...). L’analyse des qualités aspectuelles et cognitives du dessin permettra de se dégager d’une approche trop exclusivement logocentrée de l’histoire de l’histoire de l’art. Il s’agira notamment de cerner les ressorts visuels de l’instrument graphique et de déterminer leurs rôles dans la constitution du savoir. Cette approche visuelle n’occultera pas pour autant le langage verbal. Les documents graphiques (feuilles volantes, carnets de notes, etc.) sont en effet truffés d’annotations, révélant un entrelacement de l’écrit et du dessin plutôt qu’une dissociation stricte de ces deux modes de connaissance. L’étude rendra compte des différences et des points de contact entre visible et lisible. L’analyse de ces deux régimes sémiotiques permettra de mieux saisir les fonctions respectives du dessin et de l’écrit au sein du « laboratoire » de l’historien·ne de l’art. En se situant à la croisée de l’historiographie et de l’épistémologie, ce projet abordera un aspect de l’histoire de l’histoire de l’art qui n’a jamais été étudié de manière aussi ample et globale. Incorporation: Consumption beyond the gaze (part. 2)
Statut: TerminéDébut 01.04.2024 Fin 30.06.2024 Financement FNS Voir la fiche du projet Bien que le terme "incorporation" (et ses équivalents dans de nombreuses langues latines) soit souvent métaphorique, celui-ci recouvre également des pratiques d'ingestion bien réelles d'artéfacts. S'inscrivant dans le sillage du "material turn" que connaît actuellement les sciences humaines, ce workshop sera consacré à l'incorporation d'images, d'objets manufacturés, de reliquaires, etc. dans les sociétés chrétiennes et musulmanes. Il vise à poursuivre les recherches sur l'ingestion menées lors d'un précédent workshop organisé à New York University en avril 2023. L'ingestion pratiquée à des fins de mémorisation, de protection ou de châtiment, implique que certains types d'images, voire de mots, peuvent être consommés pour agir directement sur le corps humain. Les pratiques de logophagie (ingestion de mots) et d'iconophagie (ingestion d'images) que nous étudions sont bien étrangères à nos modes de perception actuels. À ce titre, elles demandent à être étudiées selon une approche historique et anthropologique. Bien qu'elles soient communes à de nombreuses cultures, ces pratiques ont souvent été dépeintes comme anormales, marginales ou primitives à l'aune de la philosophie cartésienne et des Lumières. Cette collaboration pionnière entre l'Université de Fribourg et le Silsila Center de NYU explorera ce phénomène selon une perspective comparatiste, transhistorique et transculturelle. La ville ornée. Pour une histoire globale des façades peintes à l'époque moderne (Suisse/Europe)
Statut: TerminéDébut 01.09.2021 Fin 31.12.2025 Financement FNS Voir la fiche du projet Entre les XVe et XVIIIe siècles, la plupart des villes européennes comportaient des façades peintes (al secco, al fresco et a sgraffito) réunissant des scènes historiées, des figures monumentales (historiques, mythologiques, allégoriques), des ornements (végétaux, à l’antique, grotesques), et des structures architecturales feintes. Or, en dépit du nombre de décors réalisés et malgré la renommée des artistes qui ont conçu et exécuté ces ensembles décoratifs (Andrea Mantegna, Titien, Tintoret, Hans Holbein le Jeune, Tobias Stimmer, Frans Floris, Cornelis Ketel, etc.), ce phénomène artistique majeur demeure encore très largement méconnu et trop souvent négligé par les historien.ne.s de l’art. Il apparaît pourtant indispensable à qui souhaite étudier la culture visuelle des civilisations urbaines de l’Europe de se pencher sur cet important corpus. Le présent projet entend redonner aux façades peintes toute la place qu’elles méritent sur le plan historique et artistique. Sur un méridien stylistique reliant le Nord au Sud de l’Europe, le phénomène de la façade peinte constitue en effet un merveilleux laboratoire de la représentation, au double sens transitif et réflexif du terme, dont l’étude promet de livrer des informations fondamentales sur la culture visuelle et l’usage des images dans les villes de l’époque moderne. Afin de répondre à cette promesse, ce projet entend confronter les ensembles décoratifs conservés ou simplement documentés pour mettre en évidence les enjeux politiques, sociaux et artistiques qui traversent cette pratique décorative – il s’agira notamment de revisiter la notion d’« espace public » à l’aune des façades peintes et d’envisager l’image, non plus comme une entité per se, mais comme un élément constitutif du tissage urbain. L’ambition de ce projet est de décloisonner la recherche sur les façades peintes – trop souvent cantonnée à des aires géographiques restreintes – en entreprenant, grâce aux forces combinées de deux doctorant.e.s, d’un.e post-doctorant.e, d’un.e chercheur/se sénior et du professeur requérant, des études comparées et systématiques des décors réalisés en Europe, et plus particulièrement en Suisse, entre les XVe et XVIIIe siècles. Tout en optant pour une approche globale du phénomène, cette enquête accordera une place particulière au corpus suisse. La Suisse jouit en effet d’une position stratégique sur le plan historique et artistique dans le développement des façades peintes. Géographiquement placée sur l’axe Nord-Sud, historiquement inscrite à l’articulation du Saint-Empire germanique et de l’Italie à naître, la Suisse opère une synthèse entre les multiples influences tout en se forgeant un langage artistique propre. Des villes comme Bâle, Schaffhouse, Lucerne en sont de vibrants témoignages. Il nous importera donc de suivre l’enchâssement des deux pans – continental et national – et de défendre un projet suisse de recherche appelé, en dehors des débats politiques, à prendre une dimension européenne. À l’instar de son ancienne production artistique, la Suisse d’aujourd’hui pourrait constituer, sur le plan académique, le Knotenpunkt d’une recherche ambitieuse. Et qu’un tel projet puisse être mené à Fribourg, sur la frontière impalpable entre latinité et germanité, serait, plus qu’une coïncidence significative, une opportunité que nous appelons de nos vœux. La portée scientifique d’un tel projet reposera enfin sur un constant partage des connaissances entre les spécialistes de l’image, de l’art, de l’architecture, de l’urbanisme, de la technique (conservateurs, restaurateurs, architectes) et du patrimoine. Nous souhaitons élaborer une documentation et une réflexion rigoureuse sous la forme de base de données en libre accès, de publications numériques, d’actes de colloque en version papier, de mémoires de Master, de thèses de doctorat et d’habilitation. Ce matériau aura pour vocation de nourrir de futurs projets de recherche collectifs ou individuels.
