Série Upside Down – Diandra

Série Upside Down – Diandra

Depuis un an, nos vies sont sens dessus dessous. Comment avez-vous vécu ces derniers mois? Diandra, elle, a bien résisté à la première vague, mais a bu la tasse à la seconde. Elle estime que les étudiant·e·s paient un prix élevé pour un virus qui ne les affecte que rarement.

Photo: Thomas Delley

Ton moral, il est plutôt au 18ème sous-sol ou proche du 7ème ciel?
Mon moral est au centre! Le confinement m’a permis d’avancer sur mon mémoire de Master, ainsi que de travailler depuis la maison, ce qui n’a pas été le cas pour tous les domaines. Néanmoins, après l’été 2020, je craignais toujours de retomber dans un deuxième confinement, qui a fini par arriver. Celui-là m’a déprimé plus que le premier et j’ai donc perdu pas mal de motivation. J’étais très fâchée soit avec les autorités fédérales avec leur passivité et mauvaise gestion de la situation épidémiologique, soit avec les gens en général, qui s’enfichaient de toute mesure préventive. À l’heure actuelle, mon humeur s’est améliorée un petit peu, mais il faut que je retrouve un peu de motivation et d’envie de «vivre comme avant».

En tant qu’étudiant·e, le covid, c’est nul parce que …
Je suis convaincue que le corps étudiant n’aurait pas dû être sacrifié avec un déplacement total des cours en ligne. Comme il ne s’agit pas d’un groupe à haut risque, je n’ai pas trouvé très juste d’interdire tout type de cours en présentiel jusqu’à la fin d’avril-début mai de cette année. Limiter le nombre des étudiant·e·s dans les salles et/ou aux cours, déplacer en ligne les cours dispensés par des professeur·e·s considéré·e·s à risque, permettre le déroulement de séminaires avec de strictes mesures sanitaires auraient pu être faisables. En tant qu’étudiant·e, la vie sur le campus est essentielle pour le contact social, les échanges, les groupes d’études, et tout cela est maintenant perdu. J’ai particulièrement peur pour le prochain semestre. Si la situation sanitaire devait s’aggraver cet automne, devra-t-on de nouveau sacrifier notre parcours de formation, alors que seul un nombre restreint de personnes développent une forme grave d’une maladie ?

Mais ne dit-on pas qu’à quelque chose malheur est bon? Mais à quoi alors?
Je crois que la souffrance physique et psychique permettent de se réinventer. Pour moi, la crise m’a permis de retrouver mon esprit créatif et de développer une routine hebdomadaire «domestique». J’ai eu également plus de temps à disposition de mon copain et pour moi. Toutefois, j’avoue que pour une partie des gens, en particulier les entrepreneurs et les restaurateurs, il s’agit d’une catastrophe du point de vue économique et moral. À tous ces gens-là, je souhaiterais dire qu’il faut quand même être résilients.

Photos: Thomas Delley

Dans 20 ans, tu te diras que 2020, c’était …
C’était un «annus horribilis» au niveau du coût des vies humaines et sur le plan économique. Le côté positif a été le fait que la nature s’est un peu réappropriée ses espaces, même si ça n’a pas été sur le long terme. J’aimerais aussi rajouter comme l’année 2020 a finalement mis en évidence la mauvaise coordination internationale en matière de santé et de communication.

Une anecdote positive liée au covid?
Je n’ai pas une anecdote particulière, mais plutôt un terme qui me vient à l’esprit à chaque fois que je pense au premier confinement: quiétude. Partout! Que ce soit chez moi, dans mon quartier, en ville, régnait un calme incroyable. Le bruit des véhicules, de la foule, des fêtes organisées dans les cafés des environs ne m’ont pas manqué du tout. Par ailleurs, les images transmises par les téléjournaux montrant des animaux retournant en ville dans certaines métropoles m’ont vraiment fait plaisir. Je me sentais dans mon environnement comme quand je rentre à la maison après une journée d’étude ou de travail. J’aime m’isoler de toute sources de nuisances d’origine humaine (voix, bruits des travaux, transports, etc.)

Une anecdote négative liée au covid?
Ça ne concerne pas mes études mais mes occupations en dehors de l’université. Quand j’ai entendu parler de la fermeture des écoles, j’ai tout de suite pensé aux ados auxquels je donnais des appuis en math, en allemand et en anglais. Je me suis dit: «Ça va être dur pour eux et pour tou·tes les autres écolier·ère·s qui ont déjà des difficultés dans certaines matières». J’étais donc plus inquiète pour les autres que pour ma propre situation. Au début de l’année scolaire 2020-2021, j’ai malheureusement pu constater que le «rattrapage forcé» avait en effet frappé les écolier·ères les plus faibles et les moins autonomes.

Quand le covid sera terminé, tu marqueras le coup de quelle manière?
En espérant que la fin de la pandémie coïncide avec mon diplôme, je me permettrai des vacances à la mer, sans ordinateur ni pensées liées à un quelconque certificat vaccinal (ce que je fais déjà à l’heure actuelle, au risque sinon de devenir folle).

PS: Vaccin ou pas vaccin?
En général, je suis pour le vaccin, mais pas pour celui-ci. Je ne le trouve pas nécessaire pour moi. Pour ma tranche d’âge, les risques se sont avérés très bas. Si on attrape le Covid, on reste le plus souvent asymptomatique. Pourtant, j’avoue qu’il y a une minorité de mes pairs qui souffre du soi-disant «Covid-long ». A mon avis, c’est pareil que pour une opération chirurgicale ou après être guéri du cancer: il y a des effets secondaires et certaines personnes récupèrent plus vite que d’autres en fonction de l’âge, de la condition physique ou d’autres facteurs. D’ailleurs, quand on vit, on prend des risques chaque jour: je pourrais être renversée par un·e conducteur·trice demain. Dès lors, pourquoi m’inquiéter d’une maladie que j’ai de bonnes chances de surmonter ?

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  • Nos vies sont sens dessus dessous depuis un an. Comment avez-vous vécu ces derniers mois avec l’enseignement à distance? Sentez-vous les plafonds vous tomber sur la tête ou, en tant qu’introverti, êtes-vous de celles et ceux qui savourent la situation? Comment gardez-vous le contact avec vos ami·e·s? Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté·e·s? Que pensez-vous du vaccin? L’Unifr vous donne la parole et vous écoute. Faites-vous tirer le portrait pour notre webzine «Alma&Georges». Les photos, prises par un photographe professionnel, vous seront offertes. Nous nous réjouissons de mettre ainsi en valeur la diversité de notre communauté universitaire. Ecrivez-nous à socialmedia@unifr.ch, objet: Portrait AG.
  • Site de Thomas Delley, photographe

 

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The long and winding road! Après un détour par l'archéologie, l'alpage, l'enseignement du français et le journalisme, Christian travaille depuis l'été 2015 dans notre belle Université. Son plaisir de rédacteur en ligne? Rencontrer, discuter comprendre, vulgariser et par-ta-ger!

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