MA-Séminaire : Art et démocratie (ars, epp)
UE-L01.02751
| Dozenten-innen: Alloa Emmanuel |
| Kursus: Master |
| Art der Unterrichtseinheit: Seminar |
| ECTS: 3 |
| Sprache-n: Französisch |
| Semester: FS-2026 |
À Athènes, le premier théâtre fut installé au cœur même de la place publique (l’agôra). Comme si d’entrée de jeu, il avait été crucial, pour la démocratie naissante, de pouvoir se représenter sur scène. Comme si la cité, avant même de pouvoir envisager le destin commun à se donner, devait d’apprendre trouver une manière de s’envisager elle-même. De l’Antiquité athénienne à nos jours, la démocratie et les arts entretiennent un rapport étroit, et des artistes tels que Courbet, Brecht ou Banksy ont mis en évidence le rôle crucial qui revient à l’art dans l’exercice démocratique. Ce rapport n’est pourtant pas toujours dépourvu de tensions : Platon considérait justement que la démocratie ressemble à s’y méprendre à une « théâtrocratie », anticipant déjà les critiques plus récentes de la « société du spectacle ». Par ailleurs, au XXe siècle, les exemples d’une démocratisation de l’art, comme dans le réalisme socialiste, furent rarement à l’avantage de l’art. Comment repenser donc ce rapport à la fois indissociable et néanmoins tendu entre art et démocratie ? Comment concevoir le rôle du sensus communis et du jugement esthétique dans l’échafaudage d’une société basée sur l’égalité et la liberté ?
Dokumentation
Pour une entrée en matière : Jacques Rancière, Le partage du sensible. Esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.
