Stands, ateliers, comedy show, concerts, soirée cinéma et café scientifique animeront le campus et la ville de Fribourg du 29 octobre au 13 novembre dans le cadre du festival Happy?. La cinquième édition d’une initiative désormais bien installée. Présentation.
La vie étudiante n’est pas toujours un long fleuve tranquille: stress, isolement, précarité, moral en berne… Pour répondre à ces enjeux, l’Université de Fribourg a mis en place depuis 2024 des journées «Happy?». Leur objectif? Rendre visibles chaque semestre les outils d’aide et de prévention à disposition en matière de bien-être et de santé mentale. La cinquième édition de ce programme investira le campus et la ville de Fribourg du 29 octobre au 13 novembre 2026 avec une nouveauté: passé de deux jours à une semaine, l’événement se présente désormais comme un festival.
«Notre objectif est toujours de lever le tabou sur la souffrance psychique », explique Jeremy Zahno, co-responsable projet prévention à Uni-Social avec Rachel Gerber. «Le terme de festival vise simplement à montrer qu’on peut accéder au discours sur le bien-être par plusieurs portes d’entrée et avec une approche festive et participative.»
Exploration et prévention
Les thématiques de l’estime de soi et de la confiance en soi seront au cœur de cette édition. Dans ce cadre, des spécialistes mettront leur expertise gratuitement à disposition. L’occasion d’explorer son rapport à soi à travers différentes approches: atelier de photocollages, atelier d’écriture, sport, initiation à la méditation de pleine conscience…
La thématique des coachs et des influenceurs en bien-être sera abordée lors de deux événements organisés hors les murs: un café scientifique, au Nouveau Monde, et la projection du film «Gourou», au Korso. Ici, la prévention est au cœur de la démarche du festival: «Le but est de développer un esprit critique par rapport à ces contenus qui mettent parfois la réussite sociale en avant et génèrent de la culpabilisation parmi les jeunes en difficulté. Certain·e·s influenceur·euse·s en ligne profitent aussi de la vulnérabilité de ces personnes pour créer une forme de dépendance ou d’emprise», explique Jeremy Zahno.
Laboratoire de santé mentale
Rachel Gerber et Jeremy Zahno sont tous deux responsables des projets prévention à Uni-Social. Depuis 2020, l’unité gère une sorte de laboratoire sur la santé mentale niché au cœur de l’université. L’équipe évalue ainsi le moral des étudiantes et étudiants de première année à chaque rentrée à l’aide d’un questionnaire. Tous les deux ans, elle complète ces données avec une enquête sur le bien-être de toute la communauté estudiantine. Ces informations permettent de comprendre les difficultés rencontrées et de consacrer les journées «Happy?» à des thématiques qui font sens.
Les éditions précédentes ont ainsi abordé le stress et le lien social, deux enjeux récurrents dans les souffrances psychiques évoquées par les étudiantes et étudiants. «La moitié de la communauté estudiantine se dit stressée et les enjeux de précarité ne s’améliorent pas», précise Rachel Gerber.
Cette année, l’équipe a engagé des étudiantes et étudiants avec pour mission d’informer leurs camarades sur les événements proposés par le festival. «Notre idée est de passer par l’humain pour nous faire connaître, sachant que les réseaux sociaux sont déjà saturés d’information. Nous souhaitons aussi écouter leurs suggestions pour de futures éditions», indique Jeremy Zahno.
Bilan positif
Pour l’ensemble de l’Université de Fribourg, la pertinence de ces journées n’est plus à démontrer. Le format flexible proposé, alternant stands, ateliers et conférences, fonctionne bien, selon les retours reçus par l’équipe d’Uni-Social: «Un passage près d’un stand ne prend que cinq à dix minutes et constitue une approche souvent ludique, tandis que l’atelier demande un plus grand investissement. Chacun et chacune peut donc y consacrer le temps qu’il a à disposition», explique Jeremy Zahno. L’équipe constate en outre que les événements hors les murs remportent toujours un grand succès.
Certaines initiatives ont aussi changé le paysage du campus: «Nous avions installé des babyfoots lors de la deuxième édition, dans le but de favoriser les rencontres informelles et le lien social. Cette démarche a tellement bien fonctionné que les étudiantes et étudiants nous ont demandé de les laisser. Selon eux, les babyfoots participent à leur motivation à venir sur le campus», explique Rachel Gerber. L’équipe a ainsi cherché des fonds pour s’en procurer six exemplaires, aujourd’hui répartis dans toute l’université.
Partenariats renforcés
Autre bilan motivant pour les responsables du festival : les partenaires cantonaux ou communaux viennent désormais proactivement proposer des ateliers et des animations autour de ces journées: «Ces partenariats renforcés montrent que ces administrations comprennent notre rôle et que nous avons fait notre place», note Rachel Gerber.
- Festival Happy? du 29 octobre au 13 novembre 2026
- Uni-Social



