Vous l’avez sans doute déjà croisé, arrivant sur le campus de Pérolles au guidon de son vélo. A bientôt 60 ans, Grégory Bieler est le nouveau président de l’APU, l’association du personnel administratif et technique de l’Université. Le lab manager de la chaire de pathologie souhaite défendre avec conviction les 900 personnes qu’il représente, tout en chérissant un esprit de dialogue.
Pourquoi avez-vous décidé d’endosser la présidence de l’APU?
Tout a commencé aux alentours de 2013 déjà avec les manifestations des fonctionnaires puis, en 2019, avec les débats sur la réforme de la Caisse de prévoyance du personnel de l’État de Fribourg. Pensant pouvoir me rendre utile, je me suis rapproché de l’APU dont j’ai ensuite rejoint le comité en 2023. L’équipe était très motivée et ça m’a plu d’emblée. C’était la première étape. Quant à la seconde, mon accession au poste de président, elle s’est faite naturellement suite au départ de Jacques Tissot, mon prédécesseur. 
Quels sont les trois défis que vous souhaitez relever?
Je souhaite préserver l’esprit de solidarité que nous avons développé lors des combats contre le PAFE (Programme d’assainissement des finances de l’État) et la LAFE (Loi sur l’assainissement des finances de l’État) du canton de Fribourg. Dans ce dossier, la collaboration avec la FEDE (Fédération des associations du personnel de l’État de Fribourg) a été très positive, les syndicats ayant su faire front commun face au Conseil d’État. La présentation du budget 2026 de l’État de Fribourg suite à la votation du 26 avril montre qu’une autre voie était possible.
Et au niveau interne?
J’aimerais maintenir de bonnes relations avec les autorités universitaires. Nous sommes le quatrième corps de l’Université de Fribourg et nous sommes reconnus comme tels. Nous sommes régulièrement consultés sur des enjeux importants, comme les planifications pluriannuelles, la loi sur l’Université ou encore le projet « Insights for tomorrow ». On nous demande de prendre position au même titre que le corps professoral, celui des collaborateur·trice·s scientifiques et celui des étudiant·e·s.
Votre rôle est-il exclusivement consultatif?
Oui, comme l’a montré la planification pluriannuelle, certaines de nos revendications ont été prises en compte. Notre voix a donc du poids. Il nous appartient de préserver cette indépendance: défendre les intérêts du personnel sans porter préjudice à l’institution, même lorsque nos points de vue diffèrent.
Ainsi, les organes de l’Université de Fribourg se sont exprimés d’une seule voix lors des négociations liées au programme d’assainissement des finances de l’État. Par la suite, notre association, au sein de la Fédération des associations du personnel, s’est opposée à la loi qui en a découlé, alors que pour le rectorat il aurait été préférable qu’elle soit acceptée. Malgré ces divergences, notre objectif reste le même: contribuer au développement et au rayonnement de l’Université.
Et un troisième défi?
Garder notre dynamisme et notre motivation. L’APU doit rester un lieu de socialisation pour les employé·e·s. Nous avons la chance d’avoir un budget indépendant de l’Université, ce qui nous permet notamment de maintenir notre sortie annuelle qui aura lieu cette année à la Cathédrale de Fribourg.
Concrètement, qui peut être membre de l’APU?
Tous les membres du personnel technique et administratif en font partie de facto. Ils peuvent devenir membres actifs moyennant une cotisation très modique de 20 francs par an. Les membres actifs peuvent participer à la sortie annuelle et reçoivent une carte de réduction valable dans certains commerces de la région. Cela dit, nous défendons tout le monde, membres actifs ou non, mais sans nous substituer à l’Ombudsstelle.
En septembre, vous soufflerez vos 60 bougies, quand tirerez-vous votre révérence?
Au plus tard lors de l’assemblée générale du printemps 2031, car les statuts prévoient que je doive démissionner après 8 ans au comité. Ce sera donc six mois avant mon départ à la retraite.
Quel bilan souhaiteriez-vous pouvoir tirer?
On a tendance à l’oublier, mais le personnel technique et administratif est un maillon essentiel de l’Université. J’aimerais que cela continue d’être reconnu. Je constate aussi une dégradation des relations de travail dans certains secteurs: la pression budgétaire augmente, il faut faire toujours plus avec moins. Je souhaiterais que nous puissions préserver de bonnes relations avec le Rectorat. Nous ne changerons pas le monde, mais à notre niveau, il est essentiel de préserver la dignité du personnel, une dignité bien réelle aujourd’hui, mais qu’il ne faudrait pas voir s’éroder.
Après avoir passé son enfance au Val-de-Travers, Grégory Bieler a étudié la biologie à l’Université de Genève (1985–1991). Après près de vingt ans à l’Institut Ludwig de recherche sur le cancer puis au Centre pluridisciplinaire d’Oncologie à Lausanne, il rejoint l’Université de Fribourg en 2010 comme lab manager à la chaire de pathologie. Son travail va de la gestion du laboratoire à l’organisation de séminaires et de travaux pratiques pour les doctorant·e·s et les étudiant·e·s. Il a aussi enfilé une seconde casquette puisqu’il est officier de liaison de la Section de médecine, autrement dit c’est lui qui assure la liaison entre les étudiant·e·s de la Section et la grande muette.
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