Editorial

La marche en montagne est connue pour ses bienfaits, son dépaysement, son air pur et ses horizons. Saine et relaxante, elle est un loisir idéal… en particulier pour les habitant·e·s des villes.

Mais qui, comme moi, est adepte de marche urbaine vous opposera les surprises des rues labyrintiques, la comédie humaine qui s’observe de la terrasse d’un café, la poésie des friches à l’abandon, la résilience de la nature dans les moindres craquelures ou la magie des murs (pas si gris, pas si lisses) qui s’offrent à l’empreinte des graffeurs·euses.

Alors, la ville, Wonderland ou Nemoland? Les articles de notre dossier nous entraînent au cœur de ses quartiers, à travers son histoire et sa géographie. La ville extraordinaire: microcosme de politiques, trésor d’offres culturelles et scientifiques, concentré de populations diverses et de milieux sociaux. On s’y croise, on s’y côtoie, mais y vit-on vraiment ensemble? On peut s’interroger: cette proximité favorise-t-elle l’éclosion de réseaux sociaux plus vifs, plus solidaires? Au-delà du quotidien «bonjour-bonsoir», connaît-on ses voisin·e·s? Et franchement, en a-t-on réellement envie? Pas sûr, voire carrément faux. Que dire de ces quartiers immenses qui ont poussés trop vite et restent désertés? A force de nous entasser dans les étages de tours anonymes, ne sommes-nous finalement pas encore plus seul·e·s au  milieu de la foule?

Quoiqu’il en soit, de Wonderland à Nemoland, la série d’images qui accompagne nos articles l’illustre bien: Fribourg, Marseille, Copenhague ou Tokyo, dans le moindre interstice de brique ou de béton, l’humain, la couleur et la nature se frayent toujours un chemin.

Bonne lecture,
Farida Khali

Rédactrice en chef suppléante