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Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus: et si c'était la faute aux gènes?


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Le bagage génétique d’un être humain influence ses réactions face aux émotions, tant négatives que positives, de son partenaire. C’est à cette conclusion que parvient Dominik Schöbi, psychologue à l’Université de Fribourg, dans un travail mené en collaboration avec des chercheurs de la University of California (UCLA).


Les causes d'une dispute conjugale résident peut-être dans les différentes variantes génétiques des partenaires.(Photo: Thinkstock)

La sérotonine est un neurotransmetteur important du cerveau humain. Elle a une influence essentielle sur l’humeur. Le gène du transporteur de la sérotonine active la partie du cerveau qui contrôle et influence les émotions, ainsi que la façon de gérer ses propres sentiments : comment réagit une personnes aux émotions négatives d’une autre ? Comment peut-elle s’en remettre ? De quelle manière les sentiments positifs peuvent-ils être entretenus ? Dominik Schöbi, du Département de psychologie de l’Université de Fribourg, a collaboré avec les psychologues Benjamin R. Karney et Thomas N Bradbury de l’UCLA, ainsi qu’avec Baldwin M. Way, expert en génétique de la Ohio State University, à une étude qui montre, pour la première fois, qu’il existe un rapport entre les caractéristiques génétiques d’une personne et le degré d’influence des émotions du partenaire durant leurs interactions. Les résultats de l’étude appuient l’hypothèse que le système sérotonine influence les réactions émotionnelles à des stimuli sociaux. L’étude est parue dans le journal Emotion, publié par l’American Psychological Association.

Caractéristiques génétiques des couples

Dominik Schöbi, Benjamin R. Karney et Thomas N. Bradbury ont analysé les données de 76 couples américains, après 11 ans de mariage. Sur la base d’échantillons de salive, les chercheurs ont établi une empreinte génétique – un génotype – de chaque personne. Ils ont ainsi analysé le gène codant pour le transporteur de la sérotonine (5-HTT) dans la membrane cellulaire des cellules nerveuses. On peut en distinguer deux variantes génétiques (allèles) : une longue et une courte. L’allèle long est plus actif, ce qui implique que la membrane cellulaire des cellules nerveuses reçoit plus de molécules pour la production de sérotonine. Puisque l’être humain hérite une copie génétique de chacun de ses parents, cela implique qu’il peut développer trois génotypes différents : long-long, court-court ou long-court.

«Court-court» plus sensitif

Suivant l’hypothèse selon laquelle la sensibilité sociale est en rapport avec des facteurs génétiques, les chercheurs ont ensuite examiné si les gènes qui facilitent le transport de la sérotonine peuvent influencer les émotions positives ou négatives de ces couples. Dominik Schöbi et ses collaborateurs ont analysé l’ensemble des comptes rendus des 76 couples, décrivant leur état émotionnel avant et après des discussions conjugales. Les chercheurs ont pu montrer que les individus présentant un ou deux allèles courts réagissent plus fortement non seulement aux sentiments positifs, mais aussi à la peur, au découragement ou à la nervosité du partenaire avant l’interaction, que ceux avec une variante longue. «Les personnes qui présentent des variantes courtes se montrent plus facilement à l’écoute des sentiments positifs de leur compagnon. Celles présentant une variante longue manifestent, par contre, un certain aveuglement face aux sentiments de leur partenaire», explique Dominik Schöbi. Mais il est important de relever que les individus avec une variante courte inclinent également à demeurer plus longtemps tristes, fâchés ou heureux, que ceux avec une variante longue. «S’ils ploient plus fortement sous les mauvaises expériences, ils profitent cependant aussi plus des expériences positives, lorsqu’ils possèdent un bon réseau social », souligne Dominik Schöbi.

Les deux études ont été financées par le National Institute of Mental Health, le National Institute of Child Health and Human Development, le UCLA Academic Senate et le Fonds national suisse (FNS).

Lien vers la publication: http://psycnet.apa.org/journals/emo/12/2/208/
Genetic moderation of sensitivity to positive and negative affect in marriage. Dominik Schoebi, Baldwin M. Way, Benjamin R. Karney, & Thomas N. Bradbury (2011). Journal of Personality and Social Psychology.

Kontakt: Dominik Schöbi, Senior Researcher (Ambizione, SNF), Département de psychologie, 026 300 74 70, dominik.schoebi@unifr.ch


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Publié le 12.04.2012


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