Publié le 11.03.2015

Conférence publique du 22 avril


Mémoire, (in-) oubli et responsabilité

 Conférence du mercredi 22 avril 2015

"Tous responsables ? L’extrême pauvreté, miroir de nos oublis".

par Marie-Rose Blunschi - chargée de mission recherche, ATD Quart-Monde.

L’écart entre les populations qui luttent contre l’extrême pauvreté et les autres citoyens continue de se creuser. La violence de la misère, l’ignorance, le dénuement et le mépris isolent les personnes et les enferment dans le silence jusqu’à les faire parfois douter de leur appartenance à la communauté humaine. Laissées sans compréhension de leur histoire et de leur résistance, elles sont renvoyées à une image négative et honteuse de leurs origines. La méconnaissance de leur histoire maintient les préjugés et favorise l’exclusion et la discrimination, au point de leur dénier parfois tout sens de responsabilité pour soi-même et pour les autres.

La banalisation de cette violence amène nos sociétés à vivre dans le mensonge en proclamant des valeurs universelles tout en sachant que la manière de les réaliser repose sur le fait de nier aux plus pauvres la capacité d’en être porteurs, en se contentant d’une paix qui condamne des êtres humains à vivre dans la misère.

Aujourd’hui, des citoyens et des gouvernements commencent à reconnaître des violences infligées, dans l’histoire récente, à des personnes et populations à cause de leur situation de pauvreté. Ainsi, le gouvernement suisse a présenté ses excuses aux enfants placés de force, aux personnes stérilisées sans consentement, maltraitées dans les institutions jusqu’au début des années 1980. Cette reconnaissance obtenue grâce au courage et à l’acharnement des personnes qui ont osé rompre le silence peut être considérée comme un premier pas vers une paix qui n’oublie personne, parce qu’elle se construit avec les plus pauvres.
 
Les conférences ont lieu le mercredi de 17h15 à 19h00, bâtiment Miséricorde, Amphi A.

Le programme complet est disponible ici.