Publié le 11.03.2015
Conférence publique du 30 mars
Mémoire, (in-) oubli et responsabilité
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Conférence du lundi 30 mars 2015
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par Miguel Ángel RODRÍGUEZ, professeur de sciences politiques de l’Université autonome de Puebla.
43. C’est le nombre qui représente le mieux, aujourd’hui, la dimension du mal. C’est celui de l’impardonnable moral et juridique, défiant le discours de l’État de droit au Mexique.
Notre propos se centrera non pas sur les froides narrations des supposés assassins de 43 jeunes étudiants, la majorité indigènes, mais sur la perte des liens humains les plus élémentaires que révèle cette barbarie et sur le persistant refus de l’État mexicain de reconnaître l’existence des disparitions forcées sur le territoire national, découplant ainsi responsabilité et imputation, action et agents responsables de ce tragique et inqualifiable massacre commandité par les autorités municipales.
Nous essaierons d’analyser l’action des pouvoirs publics destinée à offrir une représentation "historique" quasi innocente des sanglants événements d’Iguala. La position de l’État mexicain, en voulant clore la procédure, est insoutenable dans une perspective de "vérité historique". Cette attitude commode, qui annule la victoire morale sur le mal, a déjà été qualifiée par une partie du Parlement européen comme une tromperie, considérant que, par action et par omission, l’État mexicain "est impliqué dans l’exécution des disparitions et dans sa dissimulation".
La réflexion ici proposée, pour le dire avec Paul Ricœur, veut être "une descente dans les profondeurs de la faute" pour aborder les possibles raisons d’une telle expérience qualifiable de "septembre noir" mexicain.
Les conférences ont lieu de 17h15 à 19h00, bâtiment Miséricorde, Amphi A.
Le programme complet est disponible ici.

