Publié le 11.03.2015

Conférence publique du 18 mars


Mémoire, (in-) oubli et responsabilité

 Conférence du mercredi 18 mars 2015

"Le Burundi sans mémoire et sans
paix ? À propos d’éléphants, d’abeilles et d’araignées".

par Jacques FIERENS, juriste et philosophe, professeur à l’Université de Namur.

Le Burundi a été le théâtre récent de crimes contre l’humanité et d’actes génocidaires. Ce n’est qu’apparemment que, depuis quelques années, il connaît un calme relatif, que certains appellent la paix.
Les éléphants, dit-on, se souviennent trente ans plus tard de ceux qu’ils ont rencontrés, ne fût-ce que quelques instants. Pourquoi la mémoire des souffrances est-elle si durablement incrustée dans le cœur des Burundais alors que le monde ne se souvient de rien ?

Les abeilles vivent en communauté, mais, observait déjà Aristote, elles ne se donnent pas de lois et ne créent pas de tribunaux parce qu’elles ne sont pas capables de parole commune sur ce qui est juste et injuste. L’État voisin du Burundi a connu un génocide, a créé des tribunaux et a promulgué des lois censées réconcilier la population avec elle-même. La paix a-t-elle pour autant gagné contre l’horreur ?

Selon la vision du monde qui prévaut en Afrique centrale, le monde et les humains constituent un jeu de forces vitales dont aucune ne peut subir de modification sans que toutes en ressentent quelqu’effet, comme vibre la toile de l’araignée si vous touchez un seul de ses fils. Quelles sont les forces qui ont été ébranlées au Burundi ? Celles de la mort ? Celles de l’indignité ? Où trouver celles de la paix, de la réconciliation et, qui sait, celles du pardon ? Mais, au fait, qui devrait pardonner quoi à qui ?

Les conférences ont lieu le mercredi de 17h15 à 19h00, bâtiment Miséricorde, Amphi A.

Le programme complet est disponible ici.