Sauver Le Climat à paris?

Traduction de l'article "Kilmarettung in Paris?" paru le 2.12.2015 dans Alma&Georges (http://www3.unifr.ch/alma-georges/articles/2015/klimarettung-in-paris?lang=de)

La science et les politiciens sont d’accord : Le changement climatique compte parmi les plus grands défis auxquels l’humanité n’ait jamais été confrontée. Les conférences tenues jusqu’à présent n’ont pas conduit à un succès notable. Prof. Hansruedi Völkle explique ce qui est nécessaire pour que cela change. La Conférence sur le climat de l’ONU à Paris a lieu du 30.11 au 11.12.

Y a-t-il de l’espoir que la Conférence à Paris apporte plus que les autres conférences sur le climat ?

Un peu d’espoir réside dans le fait que l’on a changé la procédure par rapport aux conférences précédentes. Par le passé on a essayé, sans succès, d’arriver à un paquet de mesures contraignantes pour tous les États.  

Et comment cela fonctionne ?

La nouvelle procédure se base sur l’annonce à la COP21, par chaque État, des mesures climatiques qu’il considère comme réalisables de son point de vue et sur son territoire, et qu’il est disposé à mettre en pratique en conséquence. Pour la Suisse, par exemple, cela signifie une réduction de ses émissions de CO2 de 50% d’ici à 2030, par rapport à l’année 1990. Jusqu’à la semaine passée, 177 pays (sur un total de 195) ont annoncé leurs propositions. Durant l’été, alors que 146 programmes nationaux avaient déjà été transmis à la COP21, les experts du climat ont pu réaliser une évaluation intermédiaire. Ils sont arrivés à la conclusion que ces mesures, même si elles étaient toutes appliquées, conduiraient encore à une augmentation globale de la température de 2.7°C. L’objectif de la conférence de l’ONU sur le climat qui s’est déroulée en décembre 2010 à Cancún - limiter le réchauffement à 2°C - ne serait donc pas atteint, ce qui exigerait des mesures additionnelles.  

Que doit-il se passer pour que la question du climat avance enfin ?

Les participants de la conférence devraient parvenir à un document final commun. Celui-ci devrait contenir l’objectif, la direction à prendre, les procédures et le timing. La question qui se pose concerne la nature juridique de ce document. Est-ce uniquement une déclaration d’intention ou plutôt un accord contraignant pour tous les États ? Qui se chargera ensuite de l’imposer et de vérifier s’il est appliqué?

Même si l’accord est contraignant, il faudra cependant encore le mettre en pratique…

En effet, le deuxième pas à faire dépend des différents États. Ont-ils la volonté de collaborer, et donc de concrétiser les mesures climatiques annoncées à la COP21, en outre dans leur totalité et dans les délais prévus? Cela inclut évidemment également une évaluation régulière de l’efficacité des mesures et, le cas-échéant, leur adaptation. Dans la plupart des cas il s’agirait probablement d’une intensification plutôt que d’un affaiblissement des mesures.

L’application aurait aussi sûrement des conséquences sur notre vie quotidienne ?

Ce troisième obstacle est probablement le plus difficile à franchir, puisqu’il se trouve dans nos têtes. Sommes-nous prêts, en tant que citoyens et membres de la société de consommateurs et de gaspillage, à changer notre comportement? En effet, les trois quart de l’énergie que nous consommons sont des carburants et combustibles fossiles. Ce sont eux qui sont responsables de l’augmentation des rejets de CO2 et du changement climatique. Sommes-nous prêts à ménager notre Terre, à consommer moins d’énergie, à gérer les ressources de notre planète avec le plus grand soin, et à libérer moins de substances toxiques et de déchets dans l’environnement? Dans ce contexte, il semble nécessaire de mieux informer la population, en particulier sur ce que chaque citoyen peut faire dans son entourage immédiat pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Plus nous attendons, plus ce sera difficile et douloureux, pour nous et surtout pour les générations futures.  

Hansruedi Völkle, professeur de physique et responsable des Sciences de l’environnement à l’Université de Fribourg.

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