AnnoncePublié le 28.11.2023

Poste de sous-assistant-e à 100%


Le Département de français met au concours pour le 1er février 2024 un poste de sous-assistant-e à 100%.

Le poste s’inscrit dans le projet de recherche « Le Mercure de France et l’institution littéraire (1720-1820) » (voir ci-dessous). Il correspond à un jour de travail par semaine et concerne les tâches suivantes : alimentation d’une base de données des articles et des auteurs du Mercure de France, travaux de contrôle et de relecture de données saisies par d’autres collaborateurs, contribution à l’organisation d’événements scientifiques et à diverses activités de recherche dans le cadre du projet.

La candidate ou le candidat doit être titulaire d’un bachelor en français. Elle ou il doit être inscrit-e en master au Département de français de l’Université de Fribourg (ou y avoir récemment obtenu un master). Un mémoire de master en projet ou en cours de réalisation dans le domaine concerné (littérature XVIIe-XIXe siècles) constitue un atout. Une excellente maîtrise du français est requise.

Les dossiers de candidature, qui comportent un CV, une lettre de motivation et, le cas échéant, une brève description du projet de mémoire (5 à 10 lignes), doivent être envoyés à Timothée Léchot (timothee.lechot@gmail.com), responsable du projet, jusqu’au 7 décembre 2023.

Présentation du projet « Le Mercure de France et l’institution littéraire (1720-1820) »

Lancé en 1672 sous le titre de Mercure galant, traversant plusieurs régimes et paraissant presque sans interruption jusqu’en 1820, le Mercure de France compte parmi les périodiques les plus durables et les plus consultés du long XVIIIe siècle. Littéraire, scientifique et politique, cette publication mensuelle se caractérise par sa proximité avec le pouvoir royal, par la diversité de ses contenus et par le dialogue intense qu’elle entretient avec son lectorat. D’un côté, des auteurs de premier plan y publient poésies, récits, lettres ou dissertations, parmi lesquels Perrault, Leibniz, Rousseau, Voltaire, Chateaubriand ou Constant. D’un autre côté, le Mercure accueille les écrits de plusieurs milliers d’hommes et de femmes de lettres anonymes ou peu connus. Lieu de publication et lieu de réception des productions littéraires, artistiques et savantes, il profite d’une large diffusion qui lui confère une place centrale dans le paysage culturel.

Quoiqu’il bénéficie d’un regain d’intérêt auprès des chercheurs en littérature et des historiens de la presse, le Mercure n’a pas encore fait l’objet d’une étude globale. Entre 1720 et 1820, en particulier, nous connaissons mal ses contenus, son public et les nombreux acteurs qui concourent à son élaboration. Cette lacune laisse dans l’ombre tout un pan de l’activité et de la sociabilité littéraires. Étudier le Mercure, c’est étudier les rapports entre le journalisme et les champs politique, économique et culturel. C’est analyser l’interdépendance de la presse et de la littérature, et l’importance du journalisme dans la trajectoire des gens de lettres.

Articulant histoire, littérature et sociologie, le projet s’inscrit dans le renouvellement des recherches sur la presse et les médias. À travers le Mercure de France, il porte sur un siècle de journalisme qui s’étend de la fin de la Régence au début de la Restauration. D’abord, il s’agit de comprendre cette entreprise éditoriale qui anime la vie littéraire et culturelle française. Qui rédige le périodique ? Qui le lit ? Quel poids la censure a-t-elle sur cette publication ? Comment le Mercure participe-t-il à « l’invention de l’abonné » (Denis Reynaud) vers 1750 ? Quelles fonctions remplissent les pensions littéraires qu’il redistribue chaque année à différents hommes de lettres ? Ensuite, nous proposons d’étudier la formule éditoriale du Mercure et ses mutations au fil du temps. Le choix des textes publiés et leur répartition en rubriques contribuent à hiérarchiser les discours qui cohabitent dans le périodique, et à redessiner les contours de la littérature légitime. Il s’agira d’analyser en profondeur et dans une perspective diachronique la « diversité » dont le Mercure se réclame. Enfin, nous nous intéressons aux relations étroites qu’entretient cette publication avec d’autres lieux d’émulation et de sociabilité littéraire, en particulier les salons et les académies. L’enjeu consiste à mieux saisir le fonctionnement de l’institution littéraire avant, pendant et après la Révolution qui bouleverse le paysage institutionnel français.

Fruit d’un travail collaboratif, cette enquête implique le développement d’une base de données en ligne des articles et des contributeurs du Mercure de France. Elle vise à stimuler un dialogue interdisciplinaire sur la presse de l’Ancien Régime et du début du XIXe siècle. Basée au Département de français de l’Université de Fribourg, l’équipe comprendra quatre personnes remplissant les fonctions de professeur assistant, postdoctorant, doctorant et sous-assistant. Ce projet de recherche est financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (instrument « Starting Grant », projet no 211254). Il commencera le 1er février 2024 et se terminera le 31 janvier 2029.