Théologie fondamentale. Théologie des religions. Cours principal
UE-TTH.01267
| Enseignant(s): Negel Joachim, Solari Grégory |
| Cursus: Master |
| Type d'enseignement: Cours |
| ECTS: 3 |
| Langue(s) du cours: Français |
| Semestre(s): SP-2026 |
La reconnaissance du caractère « irrévocable » de l’Alliance avec Israël constitue peut-être la percée majeure du concile Vatican II. Ce que dessine la déclaration Nostra Aetate (n. 4), c’est une nouvelle articulation du rapport entre l’Eglise et Israël. De réalité documentaire (peuple de « l’Ancien Testament »), le Peuple Juif recouvre l’épaisseur de son existence concrète. L’irréductibilité de ce fait conduit et contraint le magistère à rompre avec la théologie du « remplacement » (ou de la « substitution ») : l’Eglise ne remplace pas mais coexiste avec le Peuple de l’Alliance dont elle est issue. Comme Jésus. Israël ne constitue plus son vis-à-vis équivoque : Israël est au cœur de la réalité ecclésiale. Dès lors, l’auto-compréhension de l’Eglise doit faire droit à Israël pour se comprendre, et aussi entendre jusqu’au bout la Parole de Dieu qui est à leur commun fondement. Ce cours esquissera donc une « théologie fondamentale d’Israël », à partir de Nostra Aetate (regard chrétien sur l’Alliance avec Israël), mais aussi à partir du regard différencié que les théologiens juifs portent sur l’Alliance, avant et après la Shoah (Franz Rosenzweig, Emil Fackenheim, Arthur Rubinstein, Emmanuel Levinas). Nous verrons qu’au moment où l’Eglise fait droit à l’irrévocabilité de l’Alliance, Israël, sous l’effet du trauma provoqué par la Shoah, entreprend un chemin inverse au nom de ce qui constitue le propre de l’Alliance sinaïtique. Si l’Eglise considère à nouveau Israël, c’est peut-être au prix d’un nouvel oubli : celui de la Shoah et de ce que cet événement implique du point de vue de la fidélité de Dieu à son Peuple. Et donc à l’Eglise aussi.
Documentation
Vatican II, Nostra Aetate 4 ; Jean-Paul II, Discours à la Synagogue de Rome (1986), Les relations entre juifs et chrétiens (compendium), Paris, Cerf ; Franz Rosenzweig, L’Étoile de la rédemption, Paris, Seuil, Emil Fackenheim, La présence de Dieu dans l’histoire, Lagrasse, Verdier, Le judaïsme au présent, Paris, Albin Michel ; Emmanuel Levinas, Difficile liberté, Paris, Albin Michel, Au-delà du verset, Paris, Minuit, Quatre lectures talmudiques, Paris, Minuit ; André Neher, L’exil de la parole, Paris, Seuil ; Johann-Baptist Metz, « En face des Juifs. La théologie chrétienne après Auschwitz » (Concilium, No. 195, 1984, p. 45-56), Memoria passionis – Un souvenir provoquant dans une société pluraliste, Paris, Cerf ; David Meyer, Croyances rebelles, Bruxelles, Lessius ; Arthur Rubinstein, After Auschwitz, John Hopkins Press ; Thérèse M. Andrevon, Réflexions juives sur le christianisme, Genève, Labor et Fides.
