{"id":9107,"date":"2019-09-03T15:08:45","date_gmt":"2019-09-03T14:08:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges?p=9107"},"modified":"2019-09-03T15:08:45","modified_gmt":"2019-09-03T14:08:45","slug":"le-roi-est-mort-vive-le-roi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2019\/le-roi-est-mort-vive-le-roi","title":{"rendered":"Le roi est mort, vive le roi!"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Que ce soit celle d&rsquo;un tyran ou d&rsquo;un souverain bien-aim\u00e9, la mort du roi ne laisse jamais indiff\u00e9rent.\u00a0 Du 9 au 11 septembre 2019, un colloque de l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9tudes m\u00e9di\u00e9vales vous convie au chevet des souverains d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Hugo O. Bizzarri, professeur de Philologie hispanique et d&rsquo;Histoire de la langue, est notre ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire.<br \/>\n<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/AG_Bizzarri_Portrait.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-9109 alignleft\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/AG_Bizzarri_Portrait-660x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"154\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/AG_Bizzarri_Portrait-660x1024.jpg 660w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/AG_Bizzarri_Portrait-193x300.jpg 193w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/AG_Bizzarri_Portrait-768x1192.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 154px) 100vw, 154px\" \/><\/a>La mort du roi est \u00e0 la fois un \u00e9v\u00e9nement physique et symbolique, qu\u2019elle en est la signification?<\/strong><br \/>\nLa mort du roi repr\u00e9sentait pour la soci\u00e9t\u00e9 du Moyen \u00c2ge un des moments les plus importants du royaume. Elle signifiait la fin d&rsquo;une p\u00e9riode et le d\u00e9but d&rsquo;une autre. Elle pouvait relancer des conflits de pouvoir ou c\u00e9der la place \u00e0 des p\u00e9riodes de grande instabilit\u00e9 politique, surtout si le successeur n&rsquo;avait pas atteint l\u2019\u00e2ge adulte. La th\u00e9orie politique m\u00e9di\u00e9vale consid\u00e9rait que le roi avait un double corps, un physique et un symbolique. Au moment de sa mort, ces deux aspects de la figure royale \u00e9taient clairement diff\u00e9renci\u00e9s: l&rsquo;\u00eatre humain \u00e9tait mort, mais son corps symbolique continuait. C&rsquo;est pourquoi une s\u00e9rie de c\u00e9r\u00e9monies ont \u00e9t\u00e9 mises sur pied pour pr\u00e9server la m\u00e9moire du roi mort et assurer la continuit\u00e9 de son lignage apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p><strong>Les rois vivaient selon un protocole pr\u00e9cis\u2026 Pouvaient-ils mourir \u00abcomme ils voulaient\u00bb?<\/strong><br \/>\nJusqu&rsquo;au XIIe si\u00e8cle, les c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e9raires suivaient certaines r\u00e8gles, mais le roi pouvait choisir son lieu de s\u00e9pulture, bien qu&rsquo;il y ait des lieux de pr\u00e9dilection. Les plus fr\u00e9quentes \u00e9taient de se reposer aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;un saint ou aux c\u00f4t\u00e9s des parents. A partir de la construction de l&rsquo;Abbaye de Saint-Denis par l&rsquo;Abb\u00e9 Suger, en la banlieue parisienne, un v\u00e9ritable programme fun\u00e9raire pour la pr\u00e9servation de la m\u00e9moire royale a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper en France. En Angleterre, \u00e0 partir du XIIIe si\u00e8cle, l&rsquo;Abbaye de Westminster a jou\u00e9 le m\u00eame r\u00f4le. L\u2019Espagne, par contre, jamais a r\u00e9ussi a mettre en place un programme fun\u00e9raire. En 1187 le Roi Alphonse VIII fonda le Monasterio de las Huelgas, \u00e0 Burgos, pour servir de panth\u00e9on aux rois, mais ce projet fut vite oubli\u00e9e. A la m\u00eame \u00e9poque, les c\u00e9r\u00e9monies sont devenues de plus en plus complexes et symboliques. Les tombes ont gagn\u00e9 en visibilit\u00e9, elles sont devenues de v\u00e9ritables \u0153uvres d&rsquo;art, les processions sont devenues de plus en plus somptueuses, les aspects symboliques ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9s. Un roi devait se reposer dans un s\u00e9pulcre en accord avec son importance. C&rsquo;est pour cette raison que les monarques s&rsquo;inqui\u00e9taient de pr\u00e9voir leur lieu de repos.<\/p>\n<p><strong>Quels enjeux politiques un d\u00e9c\u00e8s royal d\u00e9clenchent-ils\u00a0? Les r\u00e8gles sont-elles claires\u00a0?<\/strong><br \/>\nPhilippe Aries a parl\u00e9 de deux formes de mort au Moyen \u00c2ge: la mort apprivois\u00e9e et la mort soudaine. La premi\u00e8re \u00e9tait une mort attendue, dans laquelle le d\u00e9funt pouvait remplir toutes les conditions d&rsquo;une \u00abbonne mort\u00bb: choix de son lieu de repos, expression de ses derni\u00e8res volont\u00e9s, ratification de sa volont\u00e9 et, surtout, pr\u00e9paration de son \u00e2me, c&rsquo;est-\u00e0-dire, se confesser, \u00e9couter la messe, s\u2019entourer de sa famille. La mort soudaine surprenait le monarque en le privant de toutes ces choses. Il pouvait s&rsquo;agir d&rsquo;une maladie soudaine ou d&rsquo;un d\u00e9c\u00e8s par trahison. Cependant, il y avait une autre forme de mort du roi qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme n\u00e9cessaire pour le royaume: celle dans laquelle le roi \u00e9tait devenu un tyran et, par cons\u00e9quent, une punition pour le royaume. Jean de Salisbury dans son <em>Policraticus<\/em> a \u00e9labor\u00e9 la th\u00e9orie du tyranicide. Elle est devenue un lieu commun dans tous les trait\u00e9s politiques jusqu&rsquo;\u00e0 la Renaissance. Le tyran \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une maladie qui devait \u00eatre \u00e9limin\u00e9e du royaume.<\/p>\n<p><strong>Et pour le peuple, y a-t-il un r\u00e9el impact?<\/strong><br \/>\nLe vieux proverbe: \u00abLe roi est mort, vive le roi\u00bb refl\u00e8te l&rsquo;impact que la mort d&rsquo;un roi a eu sur la population du Moyen \u00c2ge. Le deuil du roi \u00e9tait suivi de la joie du couronnement de son successeur. Les chroniques m\u00e9di\u00e9vales refl\u00e8tent souvent la consternation du peuple \u00e0 la mort d&rsquo;un monarque. Que le roi ait \u00e9t\u00e9 aim\u00e9 ou qu&rsquo;il soit mort soudainement, c&rsquo;est un moment qui plongeait le peuple dans une grande incertitude. Le nouveau monarque pourrait supprimer les privil\u00e8ges et ordonnances accord\u00e9s. Dans le cas de la mort du tyran, le peuple ressentait un grand soulagement \u00e0 retrouver son calme. D&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, le peuple n&rsquo;\u00e9tait pas indiff\u00e9rent \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement du royaume.<\/p>\n<p><strong>Vous consacrez un colloque \u00e0 ce sujet du 9 au 11 septembre 2019. Quels en seront les <em>highlights<\/em>?<\/strong><br \/>\nLe colloque, qui se tiendra \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Fribourg du 9 \u00e0 11 septembre, est enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 ce moment crucial de la vie du roi et du royaume. Il entend se pencher sur trois aspects: les faits historiques (r\u00e9alit\u00e9), leur transformation en discours litt\u00e9raire (litt\u00e9rature) et leurs formes symboliques (repr\u00e9sentation). Quinze sp\u00e9cialistes en la mati\u00e8re sont appel\u00e9s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le sujet: la conservation du corps royal, les c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e9raires, la bonne et la mauvaise mort des rois, le souci de l&rsquo;au-del\u00e0, la mort des rois l\u00e9gendaires, seront quelques-uns des axes du colloque. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une manifestation interdisciplinaire o\u00f9 se rencontrent diverses disciplines telles que l&rsquo;histoire, l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, la litt\u00e9rature et la religion. Bref, le colloque propose un moyen de conna\u00eetre les racines de la pens\u00e9e politique moderne.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>En savoir plus sur le <a href=\"https:\/\/www3.unifr.ch\/mediaevum\/fr\/recherche\/colloques-fribourgeois\/programme.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">colloque<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www3.unifr.ch\/mediaevum\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Site<\/a> de l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9tudes m\u00e9di\u00e9vales<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www3.unifr.ch\/directory\/fr\/people\/8069\/d3e49\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Contact<\/a> du Professeur Hugo O. Bizzari<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que ce soit celle d&rsquo;un tyran ou d&rsquo;un souverain bien-aim\u00e9, la mort du roi ne laisse jamais indiff\u00e9rent.\u00a0 Du 9 au 11 septembre 2019, un colloque de l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9tudes m\u00e9di\u00e9vales vous convie au chevet des souverains d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Hugo O. Bizzarri, professeur de Philologie hispanique et d&rsquo;Histoire de la langue, est notre ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire. La mort du roi est \u00e0 la fois un \u00e9v\u00e9nement physique et symbolique, qu\u2019elle en est la signification? La mort du roi repr\u00e9sentait pour la soci\u00e9t\u00e9 du Moyen \u00c2ge un des moments les plus importants du royaume. 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