{"id":7901,"date":"2019-03-06T14:02:22","date_gmt":"2019-03-06T13:02:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges?p=7901"},"modified":"2019-03-07T19:27:42","modified_gmt":"2019-03-07T18:27:42","slug":"que-ressentent-les-filles-quand-elles-lisent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2019\/que-ressentent-les-filles-quand-elles-lisent","title":{"rendered":"Que ressentent les filles quand elles lisent?"},"content":{"rendered":"<h4><strong>La forme masculine g\u00e9n\u00e9rique pose un v\u00e9ritable probl\u00e8me \u00e0 notre cerveau. Une ambigu\u00eft\u00e9 qu&rsquo;il faut imp\u00e9rativement lever pour donner une meilleure visibilit\u00e9 aux filles, notamment au niveau de\u00a0 l&rsquo;acc\u00e8s aux professions. Au moment o\u00f9 l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise fait \u2013 enfin \u2013 <\/strong><strong>un pas dans cette direction, Pascal Gygax donnera une conf\u00e9rence sur le sujet lors de la Semaine du cerveau.<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Quel d\u00e9fi les formes masculines posent-elles \u00e0 notre cerveau?<br \/>\n<\/strong>Si le genre grammatical f\u00e9minin est indiscutablement associ\u00e9 \u00e0 une femme, la marque grammaticale masculine est quant \u00e0 elle ambigu\u00eb. Formellement, cette derni\u00e8re peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e de plusieurs mani\u00e8res diff\u00e9rentes. Elle peut se r\u00e9f\u00e9rer exclusivement au genre masculin, \u00e0 un groupe mixte (constitu\u00e9 d\u2019une majorit\u00e9 de femmes ou d\u2019une majorit\u00e9 d\u2019hommes), ou encore \u00e0 un groupe neutre (dont on ne conna\u00eet pas la composition).<\/p>\n<p>Comme le montrent 20 ans de recherche sur le sujet, cette ambigu\u00eft\u00e9 va poser un probl\u00e8me \u00e0 notre cerveau, qui doit constamment choisir le sens qui lui semble pertinent, en fonction du contexte. De fait, nous avons montr\u00e9 \u2013 ici \u00e0 Fribourg (d&rsquo;autres e\u0301quipes l\u2019ont montr\u00e9 e\u0301galement) \u2013 que notre cerveau, syste\u0301matiquement et inde\u0301pendamment du contro\u0302le que nous essayons parfois de mettre en place, re\u0301sout l&rsquo;ambigui\u0308te\u0301 se\u0301mantique du masculin au de\u0301pend des femmes et au profit des hommes. Ceci veut simplement dire que le sens \u00abmasculin = homme\u00bb est toujours active\u0301 et que nous ne pouvons pas empe\u0302cher cette activation, me\u0302me si nous essayons d&rsquo;activer consciemment les sens \u00abmasculin = mixte ou neutre\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Notre cerveau s&rsquo;habituera-t-il vraiment \u00e0 des\u00a0\u00e9critures\u00a0alternatives et inclusives?<br \/>\n<\/strong>Si vous reprenez le dernier article de Patricia Michaud dans <em>universitas<\/em> (\u00ab<a href=\"https:\/\/www3.unifr.ch\/universitas\/fr\/editions\/2018-2019\/lgbt\/un-langage-inclusif-pour-faire-changer-les-mentalites.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Un langage inclusif pour faire changer les mentalit\u00e9s<\/a>\u00bb), vous ne remarquerez peut-\u00eatre pas que tout l\u2019article est \u00e9crit en langage inclusif. Pourtant, c\u2019est le cas. Souvent, nous ne remarquons m\u00eame pas qu\u2019un texte est \u00e9crit de mani\u00e8re inclusive.<\/p>\n<p>En fait, notre cerveau \u2013 encore une fois les donn\u00e9es scientifiques le montrent \u2013 peut tr\u00e8s rapidement s\u2019habituer \u00e0 de nouvelles formes d\u2019\u00e9criture. Certaines formulations inclusives, comme remplacer l\u2019individu par le groupe (par exemple, \u00able corps \u00e9tudiant\u00bb au lieu \u00abdes \u00e9tudiants\u00bb) n\u2019ont absolument jamais pos\u00e9 de probl\u00e8me \u00e0 notre cerveau. Notez \u00e9galement que certaines formes inclusives comme les doublets (par exemple, les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants) \u00e9taient fr\u00e9quemment utilis\u00e9es jusqu\u2019au XVIIe si\u00e8cle. Ces doublets n\u2019ont pas disparu parce qu\u2019ils posaient des probl\u00e8mes \u00e0 notre cerveau, mais parce que les grammairiens de l\u2019\u00e9poque (ainsi que l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise) voyaient d\u2019un mauvais \u0153il le fait que l\u2019on puisse utiliser des termes f\u00e9minins pour des activit\u00e9s r\u00e9serv\u00e9es aux hommes. Par exemple, le terme \u00abautrice\u00bb a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 jusqu\u2019au XVIIe si\u00e8cle et a disparu du premier dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie, car de plus en plus d\u2019autrices commen\u00e7aient \u00e0 \u00eatre lue \u00e0 cette \u00e9poque, et ceci d\u00e9rangeait ces messieurs.<\/p>\n<p><strong>Quel est le plus important? Inclusion linguistique ou efficacit\u00e9?<br \/>\n<\/strong>Je ne comprends pas tout \u00e0 fait le sens de la question. La recherche sur le sujet montrant clairement que le langage inclusif augmente la visibilit\u00e9 des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 et permet aux enfants d\u2019envisager un plus large spectre de m\u00e9tiers (notamment), nous pouvons affirmer que ce que vous appelez \u00abinclusion linguistique\u00bb est, par d\u00e9finition, efficace. A moins que, j\u2019imagine, on ne souhaite ni am\u00e9liorer la visibilit\u00e9 des femmes dans notre soci\u00e9t\u00e9, ni offrir des choix professionnels plus vari\u00e9s \u00e0 nos enfants. Ce qui, dans un syst\u00e8me androcentr\u00e9 (tout est fait par et pour les hommes), conservateur et patriarcal comme le n\u00f4tre, est probablement assez fr\u00e9quent.<\/p>\n<p><strong>Quelles formes d&rsquo;\u00e9criture inclusive\u00a0recommandez-vous\u00a0aujourd\u2019hui?<br \/>\n<\/strong>Dans les ateliers que nous donnons, nous pr\u00e9sentons diff\u00e9rentes formes de langage inclusif, allant de ce nous appelons \u00abla neutralisation\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire, \u00e9viter d\u2019explicitement mentionner le genre des personnes d\u2019un groupe si cela n\u2019est pas central ou utiliser des formes \u00e9pic\u00e8nes) \u00e0 l\u2019utilisation de \u00abdoublets\u00bb (par exemple, les m\u00e9caniciennes et m\u00e9caniciens). Les formes contract\u00e9es (par exemple, les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s) \u2013 souvent au centre du d\u00e9bat \u2013 sont \u00e9galement possibles, mais seulement si les autres alternatives sont difficilement applicables.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>Pascal Gygax donnera une conf\u00e9rence intitul\u00e9e \u00ab<a href=\"https:\/\/agenda.unifr.ch\/e\/fr\/5228\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ecriture inclusive, f\u00e9minisation du langage et cerveau: ce que l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise ne comprend pas<\/a>\u00bb dans le cadre de la Semaine du cerveau le mercredi 13 mars \u00e0 19h00 dans le Grand Auditoire<br \/>\nChemin du Mus\u00e9e 5, 1700 Fribourg.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/perso.unifr.ch\/pascal.gygax\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Page <\/a>de Pascal Gygax<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La forme masculine g\u00e9n\u00e9rique pose un v\u00e9ritable probl\u00e8me \u00e0 notre cerveau. 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