{"id":5755,"date":"2018-01-31T10:38:35","date_gmt":"2018-01-31T09:38:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges?p=5755"},"modified":"2018-01-31T10:45:22","modified_gmt":"2018-01-31T09:45:22","slug":"fribourg-a-une-carte-a-jouer-dans-lalimentation-et-la-nutrition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2018\/fribourg-a-une-carte-a-jouer-dans-lalimentation-et-la-nutrition","title":{"rendered":"\u00abFribourg a une carte \u00e0 jouer dans l\u2019alimentation et la nutrition\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4><strong>De passage r\u00e9cemment \u00e0 l\u2019Institut Adolphe Merkle, l\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019EPFL Patrick Aebischer \u00e9voque ses ann\u00e9es d\u2019\u00e9tude \u00e0 Fribourg, sa ville natale, et les possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement de son Universit\u00e9 dans un contexte concurrentiel.<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p>Chercheur, professeur, pr\u00e9sident de l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL) pendant dix-sept ans, membre d\u2019une foule de conseils d\u2019administration, tels que Nestl\u00e9, Lonza, Logitech, pr\u00e9sident du comit\u00e9 scientifique du Novartis Venture Fund\u2026 La liste est loin d\u2019\u00eatre exhaustive: \u00e0 63 ans, apr\u00e8s avoir remis les cl\u00e9s de l\u2019EPFL il y a un an, Patrick Aebischer continue de voir toujours plus loin, surtout dans les domaines de l\u2019innovation et du d\u00e9veloppement strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Nous l\u2019avons rencontr\u00e9 en d\u00e9cembre dernier, dans les locaux de l\u2019Institut Adolphe Merkle (AMI), o\u00f9 il donnait une conf\u00e9rence-d\u00e9bat pour l\u2019Innovation Club Fribourg. Un retour aux sources, en somme, pour ce polyglotte passionn\u00e9 au verbe truff\u00e9 d\u2019anglicismes, car c\u2019est sur ce m\u00eame plateau de P\u00e9rolles, trente ans plus t\u00f4t, que ce natif de Fribourg d\u00e9couvre sa vocation pour les sciences et son esprit d\u2019entrepreneur.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s un bac au Coll\u00e8ge Saint-Michel, vous avez effectu\u00e9 vos deux premi\u00e8res ann\u00e9es de m\u00e9decine \u00e0 Fribourg puis, de 1980 \u00e0 1982, une partie de votre doctorat \u00e0 l\u2019Institut de physiologie \u00e0 Fribourg, en neurophysiologie. Quels souvenirs gardez-vous de cette p\u00e9riode?<br \/>\n<\/strong>Le domaine de la neurophysiologie \u00e9tait alors extr\u00eamement pointu. Et d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s international. On avait un professeur, Mario Wiesendanger, qui revenait des Etats-Unis. C\u2019est \u00e0 lui que l\u2019on doit l\u2019arriv\u00e9e des neurosciences \u00e0 Fribourg. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s certainement une poche de haut niveau \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Universit\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai d\u00e9couvert le monde de la recherche et que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y consacrer le reste de ma vie. En dehors des \u00e9tudes, c\u2019est aussi \u00e0 cette p\u00e9riode que j\u2019ai particip\u00e9, avec d\u2019autres entrepreneurs \u00e9tudiants, \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019informatique m\u00e9dicale, Datamed, qui existe toujours aujourd\u2019hui. On d\u00e9couvrait alors les mini-ordinateurs et la programmation. J\u2019avais achet\u00e9 mon premier Apple II. C\u2019\u00e9tait ma premi\u00e8re exp\u00e9rience li\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation de startups, m\u00eame si on n\u2019utilisait pas ce mot \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/AG_Rencontre_Patrick_Aebischer_MarionSavoy.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-large wp-image-5759\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/AG_Rencontre_Patrick_Aebischer_MarionSavoy-1024x660.jpg\" alt=\"\" width=\"680\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/AG_Rencontre_Patrick_Aebischer_MarionSavoy-1024x660.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/AG_Rencontre_Patrick_Aebischer_MarionSavoy-300x193.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/AG_Rencontre_Patrick_Aebischer_MarionSavoy-768x495.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/a><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>Le Canton de Fribourg a connu un d\u00e9veloppement \u00e9conomique plus tardif que Berne et Vaud. SI bien qu\u2019on garde parfois l\u2019image d\u2019un Fribourg un peu \u00e0 l\u2019\u00e9troit entre ses deux imposants voisins. \u00a0Ressentiez-vous cela, vous qui avez grandi en Basse-Ville \u00e0 Fribourg?<br \/>\n<\/strong>Non. D\u2019abord parce que, encore une fois, la neurophysiologie \u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e, ici \u00e0 P\u00e9rolles, mais aussi parce que j\u2019ai eu la chance de grandir dans un milieu familial artistique tr\u00e8s ouvert. Mon p\u00e8re (Emile Aebischer, dit \u00abYoki\u00bb, ndlr) \u00e9tait un artiste qui avait v\u00e9cu \u00e0 Paris et ma m\u00e8re, Joan O\u2019Boyle, une Anglaise d\u2019origine irlandaise, \u00e9tait proche des milieux artistiques. De par la pr\u00e9sence de l\u2019Universit\u00e9 \u00e0 Fribourg, je me rappelle avoir baign\u00e9 dans une vie intellectuelle. Des professeurs de litt\u00e9rature comme Pierre-Henri Simon ou des chefs d\u2019orchestre comme Armin Jordan et Michel Corboz venaient \u00e0 la maison. Durant mes ann\u00e9es au Coll\u00e8ge Saint-Michel, m\u00eame si j\u2019\u00e9tais loin d\u2019\u00eatre un \u00e9l\u00e8ve mod\u00e8le au d\u00e9part, j\u2019\u00e9tais passionn\u00e9 par la philosophie. Je n\u2019ai ainsi pas le souvenir d\u2019avoir grandi dans une ville de second ordre. C\u2019\u00e9tait naturel pour moi de m\u2019inscrire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 ici, m\u00eame si j\u2019ai ensuite termin\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve et poursuivi aux Etats-Unis.<\/p>\n<p><strong>Comment voyez-vous l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg\u00a0aujourd\u2019hui?<\/strong><br \/>\nL\u2019Universit\u00e9 a une taille int\u00e9ressante, avec pr\u00e8s de 10\u2019000 \u00e9tudiants. La proximit\u00e9 avec les hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es est aussi un avantage et quand je vois le d\u00e9veloppement du plateau de P\u00e9rolles ces derni\u00e8res ann\u00e9es, alors qu\u2019on n\u2019y trouvait que deux ou trois b\u00e2timents universitaires durant mes \u00e9tudes, les perspectives deviennent passionantes. L\u2019institution a \u00e9galement bien profit\u00e9 des r\u00e9formes de Bologne. Elle s\u2019est positionn\u00e9e tr\u00e8s rapidement en multipliant les cursus de Bachelor. Elle fournit une excellente formation de base. Par contre, il reste aujourd\u2019hui difficile pour elle de se d\u00e9marquer pleinement dans la recherche acad\u00e9mique. L\u2019un de ses d\u00e9fis, qu\u2019elle rel\u00e8ve d\u00e9j\u00e0 aujourd\u2019hui, c\u2019est de concentrer ses moyens et trouver des niches qui lui donnent de la visibilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>A l\u2019image de l\u2019Adolphe Merkle Institut (AMI), centr\u00e9 sur les nanotechnologies?<br \/>\n<\/strong>Exactement, mais \u00e9galement les neurosciences ou la primatologie. Ce sont des domaines o\u00f9 elle est unique. Je pense aussi au droit, en particulier celui de la construction, l\u2019architecture et le g\u00e9nie civil, autant de domaines o\u00f9 Fribourg se d\u00e9marque. Il faut aussi consid\u00e9rer le tissu \u00e9conomique fribourgeois, moins sp\u00e9cialis\u00e9 que celui de Neuch\u00e2tel, par exemple, avec la micro-technique. Sur Fribourg, l\u2019\u00e9conomie est moins typ\u00e9e, mais il y a des forces. Fribourg a une carte \u00e0 jouer dans l\u2019alimentation et la nutrition. Le Canton poss\u00e8de une tradition culinaire et une industrie dans ces domaines, avec des entreprises comme Cremo ou Micarna. L\u2019id\u00e9e, c\u2019est de trouver des points sur lesquels s\u2019appuyer et d\u00e9velopper des synergies. Il faut toujours investir l\u00e0 o\u00f9 on est bon.<\/p>\n<p><strong>Quels liens gardez-vous aujourd\u2019hui avec Fribourg\u00a0?<br \/>\n<\/strong>J\u2019y ai moins d\u2019attaches, maintenant que mes parents sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, mais je continue de revendiquer mon pass\u00e9 fribourgeois et j\u2019en suis fier. Pour avoir grandi en Basse-Ville, j\u2019ai pour ainsi dire Gott\u00e9ron (le club hockey de la ville, ndlr) dans le sang. M\u00eame lorsque je travaillais aux Etats-Unis, je suivais les r\u00e9sultats du club! Et aujourd\u2019hui, j\u2019aime venir \u00e0 Fribourg pour voir un match lorsque j\u2019en ai l\u2019occasion. Mon fils cadet n\u2019a pas de lien particulier avec Fribourg et ne jure que par le LHC (Lausanne hockey club, ndlr). C\u2019est d\u2019ailleurs un petit drame familial (rires).<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div style=\"background-color: orange; font-size: 100%; padding: 1em;\">\n<p><strong>Rep\u00e8res biographiques<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>1954 Naissance \u00e0 Fribourg. Il grandit en Basse-Ville.<br \/>\n1974 Baccalaur\u00e9at au Coll\u00e8ge Saint-Michel.<br \/>\n1983 Th\u00e8se \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, en neurophysiologie.<br \/>\n1984 Chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Brown, Rhode Island, Etats-Unis. Il y sera ensuite professeur, avant de diriger la section Organes artificiels, biomat\u00e9riaux et technologie cellulaire.<br \/>\n1992 Professeur au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, il dirige la division autonome de chirurgie exp\u00e9rimentale et du centre de th\u00e9rapie g\u00e9nique.<br \/>\n2000 Nomm\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL).<br \/>\n2017 Quitte la pr\u00e9sidence de l\u2019EPFL et redevient professeur, actif, entre autres, dans les domaines de la strat\u00e9gie et de l\u2019innovation.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>Photos: \u00a9 <a href=\"http:\/\/marion-savoy.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marion Savoy<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.innovation-club.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Site<\/a> de l&rsquo;Innovation Club<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De passage r\u00e9cemment \u00e0 l\u2019Institut Adolphe Merkle, l\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019EPFL Patrick Aebischer \u00e9voque ses ann\u00e9es d\u2019\u00e9tude \u00e0 Fribourg, sa ville natale, et les possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement de son Universit\u00e9 dans un contexte concurrentiel. Chercheur, professeur, pr\u00e9sident de l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL) pendant dix-sept ans, membre d\u2019une foule de conseils d\u2019administration, tels que Nestl\u00e9, Lonza, Logitech, pr\u00e9sident du comit\u00e9 scientifique du Novartis Venture Fund\u2026 La liste est loin d\u2019\u00eatre exhaustive: \u00e0 63 ans, apr\u00e8s avoir remis les cl\u00e9s de l\u2019EPFL il y a un an, Patrick Aebischer continue de voir toujours plus loin, surtout dans les domaines de<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":5763,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[196,75],"tags":[844,292,1072,1086],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5755"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5755"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5755\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5762,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5755\/revisions\/5762"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5763"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5755"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5755"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5755"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}