{"id":4052,"date":"2017-04-26T12:36:42","date_gmt":"2017-04-26T11:36:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges\/?p=4052&#038;lang=de"},"modified":"2017-05-11T14:33:21","modified_gmt":"2017-05-11T13:33:21","slug":"la-mort-un-sujet-qui-ne-sortait-plus-de-ma-tete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2017\/la-mort-un-sujet-qui-ne-sortait-plus-de-ma-tete?lang=de","title":{"rendered":"\u00abLa mort: un sujet qui ne sortait plus de ma t\u00eate\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Natalia Oberli a gagn\u00e9 le Prix de litt\u00e9rature de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg 2016 pour son court r\u00e9cit <em>Ella viene a m\u00ed descalza y sin prisa<\/em>. Malgr\u00e9 un th\u00e8me sombre, l&rsquo;\u00e9criture expressive de l\u2019auteure a su s\u00e9duire le jury pr\u00e9sid\u00e9 par le Professeur Ralph M\u00fcller. Natalia Oberli s\u2019est confi\u00e9e \u00e0 <em>Alma&amp;Georges<\/em> sur sa passion d\u2019\u00e9crire, sa collection de cahiers et sur sa th\u00e9matique f\u00e9tiche.<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>Natalia Oberli, qui \u00eates-vous ?<br \/>\n<\/strong>Je suis mexicaine et je vis en Suisse depuis environ une ann\u00e9e et demie. J\u2019ai suivi mes \u00e9tudes au Mexique et je suis titulaire d\u2019un bachelor en philosophie. Parall\u00e8lement, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 enseigner l\u2019espagnol, une activit\u00e9 qui me plaisait beaucoup. C\u2019est pourquoi j\u2019ai \u00e9galement suivi une formation pour devenir professeure. Ensuite, j\u2019ai eu l\u2019opportunit\u00e9 de travailler en France en tant qu\u2019assistante en langue espagnole dans un coll\u00e8ge. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai rencontr\u00e9 mon mari qui est suisse. Lorsque nous avons d\u00e9cid\u00e9 de rester ensemble, je me suis inscrite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg pour suivre un Master en litt\u00e9rature espagnole et en philosophie.<\/p>\n<p><strong>Que raconte l\u2019histoire qui vous a valu le Prix de litt\u00e9rature?<br \/>\n<\/strong>Malgr\u00e9 sa bri\u00e8vet\u00e9, il s\u2019agit d\u2019une sorte de r\u00e9cit choral. Le premier personnage est agent en chambre mortuaire. Il pr\u00e9pare les cadavres pour leur pr\u00e9sentation aux fun\u00e9railles. Il habite avec sa petite ni\u00e8ce, Estela, qui aimerait comprendre pourquoi il exerce ce m\u00e9tier. D\u00e9butent ensuite trois histoires, qui semblent d\u2019abord n\u2019avoir aucun lien entre elles: celle de \u00a0Leonardo, \u00e9tudiant en philosophie; celle d\u2019un militaire nomm\u00e9e Gabriel; et enfin celle d\u2019Alma. Peu \u00e0 peu, on se rend compte que les deux jeunes hommes sont fr\u00e8res et qu\u2019Alma est leur m\u00e8re. Leonardo et Gabriel ont une tr\u00e8s bonne relation \u00e0 la maison, mais, en dehors, ils ont des id\u00e9es oppos\u00e9es. Tandis que l\u2019\u00e9tudiant en philosophie participe aux manifestations en faveur des droits des \u00e9tudiants, le militaire s\u2019y oppose. Mais lorsque Leonardo meurt tragiquement lors d\u2019une manifestation, Gabriel d\u00e9cide de tout abandonner et de quitter le pays. Il n\u2019est peut-\u00eatre pas mort, mails il a tellement chang\u00e9 que la personne qu\u2019il \u00e9tait n\u2019existe plus. Suite \u00e0 la perte de ses deux fils, Alma se suicide de chagrin. Apparemment il n&rsquo;y a aucun lien entre l&rsquo;agent de chambre mortuaire et les trois autres histoires, mais c&rsquo;est \u00e0 la fin du r\u00e9cit qu&rsquo;on comprend quelle est la relation entre tous les personnages. Je vous laisse la d\u00e9couvrir en lisant mon r\u00e9cit.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi avoir choisi ce th\u00e8me, souvent tabou dans notre soci\u00e9t\u00e9?<br \/>\n<\/strong>Pour mon bachelor, j\u2019ai beaucoup \u00e9tudi\u00e9 la relation entre la mort et la psychologie humaine, ainsi que son c\u00f4t\u00e9 esth\u00e9tique. J\u2019ai m\u00eame \u00e9crit mon m\u00e9moire sur cette th\u00e9matique, d\u2019apr\u00e8s le philosophe et \u00e9crivain fran\u00e7ais George Bataille, qui avait une v\u00e9ritable fascination pour la mort. Depuis ce moment, ce sujet m\u2019int\u00e9resse et ne sort plus de ma t\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Quelles sources d\u2019inspiration vous ont accompagn\u00e9e?<br \/>\n<\/strong>Ma propre vie, mes lectures et mes r\u00eaves m\u2019ont toujours beaucoup inspir\u00e9e. Parfois je m\u2019endors, je r\u00eave et je me l\u00e8ve pour \u00e9crire. Parfois je prends des notes le lendemain, si je m\u2019en souviens encore. En fait, j\u2019ai toujours aim\u00e9 \u00e9crire. Depuis mes ann\u00e9es de coll\u00e8ge, j\u2019\u00e9cris tout le temps. Quand je lis, j\u2019\u00e9cris mes r\u00e9flexions, mes sentiments, des phrases et mes id\u00e9es dans de petits cahiers que j\u2019ai toujours avec moi. J\u2019en ai rempli beaucoup, mais je n\u2019ai jamais \u00e9crit une histoire enti\u00e8re auparavant. La participation au concours de litt\u00e9rature m\u2019a motiv\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er une sorte de recueil de pens\u00e9es, inspir\u00e9es soit d\u2019autres penseurs et de leurs livres, soi de sujets que j\u2019avais \u00e9tudi\u00e9s ou de travaux que j\u2019avais men\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous travaill\u00e9?<br \/>\n<\/strong>C\u2019est pour ce concours que je me suis s\u00e9rieusement lanc\u00e9e dans la fiction. Au d\u00e9but, j\u2019avais des doutes et je ne savais pas si j\u2019allais r\u00e9ussir. Je croyais que je n\u2019\u00e9tais pas assez dou\u00e9e et que je n\u2019avais pas la cr\u00e9ativit\u00e9 pour \u00e9crire une histoire, cr\u00e9er des personnages. Je ne m\u2019en sentais pas capable. Mais il fallait que j\u2019essaie.<\/p>\n<p><strong>Que signifie\u00a0ce prix pour vous?<br \/>\n<\/strong>C\u2019est une v\u00e9ritable surprise! Quand j&rsquo;ai rendu mon r\u00e9cit, je me sentais combl\u00e9e, parce que, pour la premi\u00e8re fois dans ma vie, j&rsquo;avais os\u00e9 cr\u00e9er des personnages et une histoire. Gagner le prix a \u00e9t\u00e9 un \u00abplus\u00bb, qui a cass\u00e9 des a priori que j\u2019avais sur moi-m\u00eame depuis tr\u00e8s longtemps. Que mon histoire ait \u00e9t\u00e9 lue par des sp\u00e9cialistes, qui l&rsquo;ont appr\u00e9ci\u00e9e, m&rsquo;encourage \u00e0 d\u00e9passer les limites que je me suis fix\u00e9es et \u00e0 continuer \u00e0 \u00e9crire.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates plut\u00f4t stylo ou ordinateur? <\/strong>J\u2019ai toujours aim\u00e9 \u00e9crire \u00e0 la main. Je collectionne les stylos. Ils ne doivent pas \u00eatre particuli\u00e8rement beaux, mais j\u2019aime leurs diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019\u00e9crire. Je collectionne \u00e9galement les cahiers. J\u2019en ai beaucoup o\u00f9 j\u2019\u00e9cris tout ce qui me para\u00eet important. Quand je voyage, j\u2019en ai toujours un avec moi. Mais quand je r\u00e9dige un travail pour mes \u00e9tudes sur mon ordinateur, je collectionne aussi mes id\u00e9es dans un dossier. En fait, j\u2019\u00e9cris un peu partout, sur tout ce qui me tombe sous la main, des publicit\u00e9s par exemple, et je collectionne tous ces petits bouts de papier.<\/p>\n<p><strong>Que repr\u00e9sente l\u2019\u00e9criture pour vous?<br \/>\n<\/strong>(Soupir) Quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire, j\u2019avais le sentiment d\u2019\u00eatre plut\u00f4t timide, m\u00eame si mes amis ne me voyaient pas ainsi. Il me para\u00eet pourtant plus facile de m\u2019exprimer au travers de l\u2019\u00e9criture. J\u2019ai le sentiment d\u2019\u00eatre plus claire, plus directe et plus sinc\u00e8re. C\u2019est, en fait, une fa\u00e7on d\u2019\u00eatre moi-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Quels sont vos projets? Pensez-vous \u00e0 une prochaine histoire?<br \/>\n<\/strong>Aujourd&rsquo;hui, je continue \u00e0 remplir mes cahiers avec mes id\u00e9es et mes sentiments. Je ne sais pas encore si cela pourrait donner naissance \u00e0 une histoire, mais c\u2019est un d\u00e9but. Une nouvelle page peut commencer \u00e0 s\u2019\u00e9crire.<\/p>\n<p><strong>Que faites vous, quand vous n\u2019\u00e9crivez pas\u00a0?<br \/>\n<\/strong>J\u2019adore danser. La danse m\u2019accompagne depuis ma petite enfance. Toute ma famille aime danser. C\u2019est surtout ma m\u00e8re qui m\u2019a inspir\u00e9e. J\u2019ai commenc\u00e9 avec le ballet, ensuite j\u2019ai appris une danse r\u00e9gionale du Mexique et une danse hawa\u00efenne. Ensuite, je suis pass\u00e9e au jazz et, finalement, \u00e0 la salsa et au tango.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">_____<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>Voyage \u00e0 travers les livres:<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un livre important&#8230; de votre enfance&#8230;<br \/>\n<\/strong>J\u2019aimais beaucoup les contes de f\u00e9es et les histoires que ma maman me racontait avant de dormir.<\/p>\n<p><strong>&#8230; de votre jeunesse&#8230;<\/strong><br \/>\n<em>Le monde de Sophie<\/em> du Norv\u00e9gien Jostein Gaarder est un des premiers livres que j\u2019ai lu. C\u2019est une sorte d\u2019introduction \u00e0 la philosophie: \u00e0 la fois\u00a0 un livre acad\u00e9mique et un roman. Je l\u2019ai lu \u00e0 l\u2019\u00e9poque du lyc\u00e9e et, un jour, en classe, j\u2019ai trouv\u00e9 sur ma table un papier, sign\u00e9 seulement de la lettre N, qui disait: \u00abSi tu pouvais changer quelque chose \u00e0 ta vie, qu\u2019est-ce que ce serait?\u00bb. Je n\u2019ai jamais su qui m\u2019avait \u00e9crit ce papier, mais je l\u2019ai gard\u00e9.<\/p>\n<p><strong>&#8230; d\u2019aujourd\u2019hui&#8230;<\/strong><br \/>\nJe n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 dire quel \u00e9tait mon livre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Avant, je voulais absolument le trouver \u2013 Le livre. Mais, ensuite, j\u2019ai renonc\u00e9: c\u2019est mieux de ne pas avoir \u00e0 choisir. <em>Oc\u00e9an mer<\/em> d\u2019Alessandro Baricco m\u2019a passionn\u00e9e. Ce roman m\u2019a accompagn\u00e9 en Sicile. Je le lisais \u00e0 la plage et, quand je levais la t\u00eate, je pouvais voir ce que je lisais. Un autre livre qui m\u2019a \u00e9norm\u00e9ment plu c\u2019est <em>Puedo explicarlo todo<\/em> de Xavier Velasco, un \u00e9crivain mexicain, qui m\u2019a suivie pendant mon voyage en France.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.unifr.ch\/rectorat\/concours\/\" target=\"_blank\">Le concours litt\u00e9raire de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg<\/a> est organis\u00e9 par le Rectorat tous les deux ans. Les prix d\u00e9cern\u00e9s r\u00e9compensent les meilleurs travaux, pr\u00e9sent\u00e9s dans les diff\u00e9rentes langues et litt\u00e9ratures enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. Toutes et tous les \u00e9tudiant-e-s immatricul\u00e9-e-s \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg ont le droit d\u2019y participer.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Natalia Oberli a gagn\u00e9 le Prix de litt\u00e9rature de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg 2016 pour son court r\u00e9cit Ella viene a m\u00ed descalza y sin prisa. Malgr\u00e9 un th\u00e8me sombre, l&rsquo;\u00e9criture expressive de l\u2019auteure a su s\u00e9duire le jury pr\u00e9sid\u00e9 par le Professeur Ralph M\u00fcller. Natalia Oberli s\u2019est confi\u00e9e \u00e0 Alma&amp;Georges sur sa passion d\u2019\u00e9crire, sa collection de cahiers et sur sa th\u00e9matique f\u00e9tiche. Natalia Oberli, qui \u00eates-vous ? Je suis mexicaine et je vis en Suisse depuis environ une ann\u00e9e et demie. J\u2019ai suivi mes \u00e9tudes au Mexique et je suis titulaire d\u2019un bachelor en philosophie. Parall\u00e8lement, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":4048,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[108,113],"tags":[291,129,341],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4052"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4052"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4052\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4053,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4052\/revisions\/4053"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4048"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4052"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4052"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4052"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}