{"id":3816,"date":"2017-03-14T10:25:46","date_gmt":"2017-03-14T09:25:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges\/?p=3816"},"modified":"2017-03-24T14:53:50","modified_gmt":"2017-03-24T13:53:50","slug":"laddiction-cest-dans-la-tete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2017\/laddiction-cest-dans-la-tete","title":{"rendered":"L\u2019addiction, c\u2019est dans la t\u00eate"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Dans la t\u00eate, mais pas comme on veut bien le croire. L\u2019addiction touche, en fait, \u00e0 la plasticit\u00e9 du cerveau. Mais les traces qu\u2019elle laisse sont r\u00e9versibles et d\u2019int\u00e9ressantes pistes th\u00e9rapeutiques peuvent \u00eatre envisag\u00e9es. Florian Lanz, les \u00e9voque lors d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e dans le cadre de la Semaine du cerveau.<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Le terme anglais addict est aujourd\u2019hui tr\u00e8s \u00e0 la mode et utilis\u00e9 un peu \u00e0 toutes les sauces. Mais quelle est la d\u00e9finition m\u00e9dicale de l\u2019addiction?<br \/>\n<\/strong>L\u2019addiction est une maladie chronique, qui peut \u00eatre d\u00e9finie comme un comportement compulsif en d\u00e9pit des cons\u00e9quences n\u00e9gatives. Ce terme ne doit pas \u00eatre confondu avec la d\u00e9pendance. En effet, celle-ci se caract\u00e9rise par les cons\u00e9quences li\u00e9es au sevrage, c\u2019est-\u00e0-dire aux effets de manque lorsqu\u2019il y a une diminution de la dose ou l\u2019arr\u00eat brutale de la consommation (par exemple: naus\u00e9e, tremblements, dysphorie\u2026).<\/p>\n<p><strong>L\u2019addiction touche \u00e0 la plasticit\u00e9 du cerveau. Qu\u2019est-ce qui s\u2019y passe vraiment?<br \/>\n<\/strong>L\u2019addiction se caract\u00e9rise par une usurpation du circuit de la r\u00e9compense; un syst\u00e8me fonctionnel fondamental \u00e0 la survie. Lors d\u2019un comportement dit normal, le circuit de la r\u00e9compense a pour but de fournir la motivation n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019actions ou de comportements adapt\u00e9s, ainsi que de r\u00e9p\u00e9ter les exp\u00e9riences plaisantes apprises au cours de notre vie. Cependant lors de consommation de substances addictives, celles-ci influencent le fonctionnement du cerveau. D\u2019un point de vue microscopique, ces modifications vont intervenir au niveau des connexions plastiques entre les neurones, commun\u00e9ment appel\u00e9es synapses. D\u2019un point de vue macroscopique, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019usage de substances psychoactives occasionne un d\u00e9r\u00e8glement de la communication neuronale dans le circuit de la r\u00e9compense. Ainsi la plasticit\u00e9 du cerveau et le nouvel \u00e9quilibre en pr\u00e9sence de substances psychoactives vont \u00eatre \u00e0 l\u2019origine des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019addiction.<\/p>\n<p><strong>Peut-on tirer des pistes th\u00e9rapeutiques de ces d\u00e9couvertes?<br \/>\n<\/strong>En 2014, l\u2019\u00e9quipe du Professeur Christian L\u00fcscher de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve a men\u00e9 des recherches sur des rongeurs qui ont montr\u00e9 que cette plasticit\u00e9 synaptique, induite par des substances addictives, \u00e9tait en fait r\u00e9versible. En utilisant une technique couplant g\u00e9nie g\u00e9n\u00e9tique et lumi\u00e8re \u2013 l\u2019optog\u00e9n\u00e9tique \u2013 cette \u00e9quipe de recherche a pu activer s\u00e9lectivement des neurones et ainsi restaurer un comportement normal chez des souris exprimant un comportement addictif. Cette approche n\u2019est cependant, pour l\u2019heure, pas applicable \u00e0 l\u2019humain, en raison de restrictions \u00e9thiques et techniques. Par cons\u00e9quent, on se tourne maintenant vers des techniques d\u00e9j\u00e0 courantes en cliniques comme la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (SCP ou deep brain stimulation en anglais). De fa\u00e7on sch\u00e9matique la SCP consiste \u00e0 stimuler des structures profondes du cerveau, via des \u00e9lectrodes implant\u00e9es pour obtenir des effets th\u00e9rapeutiques quasi imm\u00e9diats. Cette technique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment appliqu\u00e9e sur des rongeurs et a d\u00e9montr\u00e9 que les comportements compulsifs dus \u00e0 la prise de substances addictives pouvaient \u00eatre supprim\u00e9s.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>A l&rsquo;occasion de la <a href=\"http:\/\/www.semaineducerveau.ch\/\" target=\"_blank\">Semaine internationale du cerveau<\/a>, Florian Lanz pr\u00e9sente une <a href=\"http:\/\/agenda.unifr.ch\/e\/de\/2268\/\" target=\"_blank\">conf\u00e9rence<\/a> intitul\u00e9e \u00abEspoir dans la lutte contre l\u2019addiction; la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde\u00bb, le jeudi 16 mars 2017 \u00e0 20h00, au Grand auditoire de l\u2019Institut de Physiologie, Ch. du Mus\u00e9e 5, 1700 Fribourg. L&rsquo;entr\u00e9e est libre.<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.hirnliga.ch\/fileadmin\/user_upload\/0_Startseite\/1_Woche_des_Gehirns\/2017\/BAW2017_Fribourg.pdf\" target=\"_blank\">Programme fribourgeois<\/a> de la Semaine du cerveau<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la t\u00eate, mais pas comme on veut bien le croire. L\u2019addiction touche, en fait, \u00e0 la plasticit\u00e9 du cerveau. Mais les traces qu\u2019elle laisse sont r\u00e9versibles et d\u2019int\u00e9ressantes pistes th\u00e9rapeutiques peuvent \u00eatre envisag\u00e9es. Florian Lanz, les \u00e9voque lors d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e dans le cadre de la Semaine du cerveau. Le terme anglais addict est aujourd\u2019hui tr\u00e8s \u00e0 la mode et utilis\u00e9 un peu \u00e0 toutes les sauces. Mais quelle est la d\u00e9finition m\u00e9dicale de l\u2019addiction? 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