{"id":2424,"date":"2016-05-10T12:34:24","date_gmt":"2016-05-10T11:34:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges\/?p=2424"},"modified":"2016-06-22T10:02:14","modified_gmt":"2016-06-22T09:02:14","slug":"lincertitude-sape-le-moral-des-chercheurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2016\/lincertitude-sape-le-moral-des-chercheurs","title":{"rendered":"\u00abL\u2019incertitude sape le moral des chercheurs\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Le risque d\u2019un divorce entre le Royaume-Uni et l\u2019Union europ\u00e9enne inqui\u00e8te les chercheurs britanniques. Promotrice pour la recherche de l\u2019Universit\u00e9 anglaise de Coventry, Gillian Overend veut anticiper en s\u2019inspirant de l\u2019exp\u00e9rience helv\u00e9tique. Elle a rencontr\u00e9 Julian Randall, responsable du Service Promotion Recherche de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, et son collaborateur Cyrille Girardin.<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Quel sentiment habite l\u2019Universit\u00e9 de Coventry, \u00e0 deux mois du vote sur le Brexit?<br \/>\n<\/strong>Gillian Overend: Une grande incertitude. Bien entendu, nous esp\u00e9rons que le peuple refusera le Brexit, le 23 juin prochain, car notre Universit\u00e9 entend poursuivre et renforcer ses collaborations internationales. Garder une libert\u00e9 de mouvement en Europe, dans les domaines de la recherche et des \u00e9changes estudiantins, est capital. En Grande-Bretagne, la peur d\u2019une sortie de l\u2019UE est aussi aliment\u00e9e par les arguments relay\u00e9s dans la presse. Ceux-ci sont souvent simplistes. Ils se polarisent entre diabolisation de l\u2019UE et enthousiasme na\u00eff. Les arguments factuels manquent.<\/p>\n<p><strong>Justement, que sait-on aujourd\u2019hui des cons\u00e9quences pour la recherche britannique, si le Royaume-Uni devait quitter le navire europ\u00e9en?<br \/>\n<\/strong>G.O.: Difficile \u00e0 dire. Aujourd\u2019hui, le Royaume-Uni re\u00e7oit davantage d\u2019argent du fonds europ\u00e9en qu\u2019il ne le finance. Le pays obtient ainsi 15,40\u00a0% du programme de recherche europ\u00e9en Horizon\u00a02020 et 22\u00a0% de l\u2019ensemble des bourses accord\u00e9es par le prestigieux Conseil europ\u00e9en de la recherche (ERC), selon la revue International Innovation. Ces bourses sont sans \u00e9quivalent. En sortant de l\u2019UE, la Grande-Bretagne compromettrait autant son prestige que ses perspectives financi\u00e8res, car la recherche est tr\u00e8s comp\u00e9titive.<\/p>\n<p><strong>Comment la Suisse peut-elle aider le Royaume-Uni en cas de Brexit?<br \/>\n<\/strong>Julien Randall: En partageant notre exp\u00e9rience, notamment, m\u00eame si la situation des deux pays diff\u00e8re sur le financement du programme Horizon\u00a02020. Aujourd\u2019hui, les institutions britanniques sont financ\u00e9es par Bruxelles, tandis que la Suisse, en tant que pays tiers, b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un accord partiel et temporaire lui donnant, entre autres, l\u2019acc\u00e8s au premier pilier du fonds europ\u00e9en (lequel comprend les bourses ERC). Une sortie de la Grande-Bretagne n\u00e9cessiterait de longues discussions entre Londres et Bruxelles avant d\u2019\u00eatre effective.<\/p>\n<p><strong>La recherche suisse a connu l\u2019incertitude, entre autres avec les sanctions prises par l\u2019UE au lendemain de l\u2019acceptation de l\u2019initiative contre l\u2019immigration de masse, le 9 f\u00e9vrier 2014. En quoi cette exp\u00e9rience peut-elle fournir des pistes aux Britanniques?<br \/>\n<\/strong>J.R.: Cela nous a montr\u00e9 que cette incertitude suffit \u00e0 polluer le climat de collaboration entre partenaires. Elle sape le moral des chercheurs et les d\u00e9courage de travailler avec l\u2019Europe. La confiance s\u2019\u00e9branle et, comme dans toutes relations, chaque partie devient alors plus prudente. En cas de Brexit, agir pour remotiver la communaut\u00e9 scientifique deviendra tr\u00e8s important pour le Royaume-Uni.<\/p>\n<p><strong>Comment cette prudence se manifeste-t-elle au quotidien?<br \/>\n<\/strong>Cyrille Girardin: Un simple exemple. Un projet avec un partenaire industriel suisse a \u00e9t\u00e9 soumis en vue de toucher un financement europ\u00e9en. Lors de son \u00e9valuation, un expert a relev\u00e9 que le projet \u00e9tait bon, mais que ses r\u00e9sultats profiteraient \u00e0 une entreprise en Suisse, soit \u00e0 un Etat non-membre de l\u2019UE. Aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, \u00e0 l\u2019\u00e9chelon europ\u00e9en, des r\u00e9flexions similaires \u00e9mergent \u00e0 propos du Royaume-Uni.<\/p>\n<h6><a href=\"http:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/AG_OnAir_Coventry_Une.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-large wp-image-2426\" src=\"http:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/AG_OnAir_Coventry_Une-1024x660.jpg\" alt=\"AG_OnAir_Coventry_Une\" width=\"680\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/AG_OnAir_Coventry_Une-1024x660.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/AG_OnAir_Coventry_Une-300x193.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/a><br \/>\n<em>De gauche \u00e0 droite: Gillian Overend, promotion pour la recherche de l&rsquo;Universit\u00e9 de Coventry, Cyrille Girardin et Julian Randall, respectivement collaborateur et responsable du Service Promotion Recherche de l&rsquo;Universit\u00e9 de Fribourg.<\/em><\/h6>\n<p><strong>Gillian Overend, vous avez aussi visit\u00e9 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich et les Ecoles polytechniques f\u00e9d\u00e9rales de Zurich et Lausanne. Qu\u2019en retenez-vous?<br \/>\n<\/strong>G.O.: Pour la recherche de fonds europ\u00e9ens, j\u2019ai surtout pris conscience de l\u2019importance de mettre sur pied des strat\u00e9gies de communication efficaces. Au cas o\u00f9 le Royaume-Uni devrait effectivement quitter l\u2019UE, quoi qu\u2019il arrive, il s\u2019agira de pouvoir rassurer les chercheurs, les partenaires et les \u00e9tudiants sur les questions et les craintes que ceux-ci pourraient rencontrer.<\/p>\n<p><strong>Et concernant Fribourg?<br \/>\n<\/strong>G.O.: L\u2019\u00e9quipe fribourgeoise a \u00e9galement partag\u00e9 ses exp\u00e9riences quant aux probl\u00e9matiques rencontr\u00e9es, en Suisse, pour la recherche de fonds europ\u00e9ens. Nous avons aussi visit\u00e9 le parc d\u2019innovation BlueFactory. Des synergies int\u00e9ressantes seraient possibles entre son centre de recherche dans le domaine de l\u2019habitat durable, le Smart Living Lab, et plusieurs de nos centres. A Coventry, nous \u00e9tudions, par exemple, l\u2019impact des constructions sur l\u2019environnement, la fabrication de mat\u00e9riaux ou le d\u00e9veloppement de syst\u00e8mes de transport en lien avec internet.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>Photo: Pierre Koestinger &#8211; <a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/scm\/fr\" target=\"_blank\">Unicom<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.unifr.ch\/recherche\/fr\" target=\"_blank\">Service Promotion Recherche<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le risque d\u2019un divorce entre le Royaume-Uni et l\u2019Union europ\u00e9enne inqui\u00e8te les chercheurs britanniques. Promotrice pour la recherche de l\u2019Universit\u00e9 anglaise de Coventry, Gillian Overend veut anticiper en s\u2019inspirant de l\u2019exp\u00e9rience helv\u00e9tique. 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