{"id":23203,"date":"2026-03-20T11:01:34","date_gmt":"2026-03-20T10:01:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=23203"},"modified":"2026-03-20T11:13:58","modified_gmt":"2026-03-20T10:13:58","slug":"recherche-et-pharma-le-mariage-heureux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2026\/recherche-et-pharma-le-mariage-heureux","title":{"rendered":"Recherche et pharma, le mariage heureux?"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Monde acad\u00e9mique et entreprises des sciences de la vie ont beaucoup \u00e0 partager, \u00e0 condition de garantir une recherche s\u00e9rieuse et de surmonter des a priori tenaces. Un th\u00e8me abord\u00e9 lors d\u2019une r\u00e9cente rencontre entre l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg et le Groupe Romand de l\u2019Industrie Pharmaceutique. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/strong><\/h4>\n<p>Peut-on faire de la recherche objective en collaborant avec une entreprise pharma? La question habite depuis longtemps Christian Pasquali. L\u2019homme a un pied de chaque c\u00f4t\u00e9. Issu du monde acad\u00e9mique, il a \u00e9t\u00e9 actif dans la recherche fondamentale et appliqu\u00e9e en pr\u00e9clinique avant de rejoindre OM Pharma, firme biopharmaceutique bas\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve, \u00e0 la t\u00eate de la recherche pr\u00e9clinique. Aujourd\u2019hui, en tant que \u00abscientific senior\u00bb, il y \u0153uvre comme directeur des relations scientifiques.<\/p>\n<p>Fin janvier 2026, \u00e0 Fribourg, il abordait cette question d\u00e9licate par une pr\u00e9sentation, From industry to academia, lors d\u2019un \u00e9v\u00e9nement coorganis\u00e9 par le Groupe Romand de l\u2019Industrie Pharmaceutique (GRIP-Pharma) et l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg (Unifr), notamment sa Facult\u00e9 des sciences et de m\u00e9decine et son Service de transfert de connaissances et de technologies (KTT). La rencontre avait pour but de renforcer les \u00e9changes entre les acteurs publics et priv\u00e9s dans le domaine des sciences de la vie.<\/p>\n<p>Sur ce point, nul besoin de convaincre Christian Pasquali: universitaires et entreprises pharmaceutiques ont, \u00e0 l\u2019entendre, beaucoup \u00e0 partager, \u00e0 condition de garantir une recherche pleinement scientifique et de d\u00e9boulonner quelques a priori encore tenaces. \u00abCela peut sembler caricatural, mais il existe encore, dans l\u2019industrie comme dans le monde acad\u00e9mique, des id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues: certains per\u00e7oivent les chercheuses et chercheurs comme trop \u00e9loign\u00e9\u00b7e\u00b7s des r\u00e9alit\u00e9s industrielles, tandis que, de leur c\u00f4t\u00e9, certain\u00b7e\u00b7s universitaires craignent que ces entreprises cherchent \u00e0 orienter leurs recherches, guid\u00e9es par le seul app\u00e2t du gain.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La piste amish<br \/>\n<\/strong>Or, d\u2019apr\u00e8s son exp\u00e9rience, \u00abil est parfaitement possible de construire de la bonne science dans une entreprise bio-pharma\u00bb. Pour \u00e9tayer son propos, il cite l\u2019exemple du lysat bact\u00e9rien OM-85, commercialis\u00e9 sous le nom de Broncho-Vaxom ou Broncho-Munal, un m\u00e9dicament utilis\u00e9 pour pr\u00e9venir les infections respiratoires r\u00e9currentes chez l\u2019adulte et l\u2019enfant, et que les m\u00e9decins prescrivent de plus en plus pour pr\u00e9venir \u00e9galement les exacerbations de l\u2019asthme chez les enfants. Pour comprendre sa gen\u00e8se et ses propri\u00e9t\u00e9s, il faut faire un d\u00e9tour par les plaines du nord-est et du Midwest \u00e9tatsuniens.<\/p>\n<p>En effet, c\u2019est en observant la grande r\u00e9sistance aux infections respiratoires des enfants des communaut\u00e9s amish que les scientifiques ont eu l\u2019id\u00e9e d\u2019analyser les poussi\u00e8res environnant les fermes o\u00f9 ils grandissent. Ils y ont trouv\u00e9 une tr\u00e8s grande diversit\u00e9 microbienne, du fait du mode de vie amish, qui renforce l\u2019immunit\u00e9 de leurs enfants d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, pr\u00e9venant ainsi le d\u00e9veloppement d\u2019asthme et autres infections des voies respiratoires.<\/p>\n<p>\u00abLa pression \u00e9tait forte pour que nous prouvions que le m\u00e9dicament \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir de ce mat\u00e9riel microbien \u00e9tait un vaccin. Or, la recherche a montr\u00e9 que l\u2019OM-85 agissait principalement en stimulant l\u2019immunit\u00e9 inn\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il agissait de mani\u00e8re plus globale et non sp\u00e9cifique, \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019un vaccin\u00bb, pr\u00e9cise Christian Pasquali. \u00abUne d\u00e9couverte qui a ouvert de nouvelles perspectives en mati\u00e8re de recherches\u00bb, continue-t-il.<\/p>\n<p>Une exp\u00e9rience a ainsi d\u00e9montr\u00e9 que si l\u2019on donnait l\u2019OM-85 \u00e0 des souris saines durant dix jours, puis qu\u2019on analysait leur liquide broncho-alv\u00e9olaire et leurs poumons, on y trouvait non seulement une multitude de cellules de l\u2019immunit\u00e9 inn\u00e9e et adaptive activ\u00e9es, mais aussi une grande partie d\u2019anticorps dirig\u00e9s contre des virus tels que la grippe (H1N1) ou le virus respiratoire syncytial (RSV), voire contre des bact\u00e9ries absentes du produit bact\u00e9rien composant le m\u00e9dicament. \u00abCela d\u00e9montre une activation de l\u2019immunit\u00e9 antimicrobienne bien diff\u00e9rente de celle d\u2019un vaccin, car non specifique.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La confiance, valeur cardinale<br \/>\n<\/strong>De telles collaborations, estime-t-il, b\u00e9n\u00e9ficient tant \u00e0 l\u2019institution acad\u00e9mique qu\u2019aux entreprises pharmaceutiques. \u00abL\u2019impact des publications scientifiques s\u2019en trouve renforc\u00e9 tandis que cela g\u00e9n\u00e8re des donn\u00e9es ouvrant sur de nouveaux d\u00e9veloppements et \u00e0 de l\u2019innovation. De plus, cela renforce la confiance mutuelle, ce qui permet \u00e0 tous les acteurs\u00b7trices de gagner en productivit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Car la confiance, pour une entreprise comme OM Pharma, repr\u00e9sente une valeur centrale. \u00abIl est en effet tr\u00e8s important pour nous de construire une relation partenariale solide apr\u00e8s le lancement d\u2019un produit, afin de pouvoir collaborer durablement\u00bb, confie au cours de sa pr\u00e9sentation Georgina Takacs, responsable chez OM-Pharma du d\u00e9veloppement commercial et des partenariats pour la Suisse. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de s\u2019appuyer sur de solides recherches.<\/p>\n<p>Co-pr\u00e9sident (avec Miguel Bettencourt) de GRIP-Pharma, Gilles Aebischer, lui aussi chez OM Pharma, reconnait que cette question de la confiance est cruciale. \u00abNous sommes dans un domaine o\u00f9 certains cas isol\u00e9s ont malheureusement pu ternir l\u2019image de la branche, mais ceux-ci demeurent minoritaires\u00bb.<\/p>\n<p>Pour lui, ce qu\u2019on appelle commun\u00e9ment \u00abla pharma\u00bb devrait se conjuguer au pluriel. Car le domaine des sciences de la vie se pr\u00e9sente comme une mosa\u00efque aux int\u00e9r\u00eats divergents. On trouve des soci\u00e9t\u00e9s globales, des unit\u00e9s de production, des filiales commerciales, des fabricants de m\u00e9dicaments originaux et g\u00e9n\u00e9riques, etc. \u00abLa Suisse romande poss\u00e8de un magnifique terreau, dont les acteurs se connaissent tr\u00e8s peu en fin de compte\u00bb, explique Gilles Aebischer.<\/p>\n<p><strong>Dynamisme des sciences de la vie \u00e0 Fribourg<br \/>\n<\/strong>Cette rencontre \u00e0 Fribourg constituait ainsi un travail d\u2019explicitation. \u00abNous voulons favoriser concr\u00e8tement les \u00e9changes, permettre la cr\u00e9ation de nouvelles collaborations\u00bb, souligne Gilles Aebischer. A ce titre, l\u2019Unifr repr\u00e9sente un partenaire s\u00e9rieux. Sa Facult\u00e9 de sciences et m\u00e9decine peut compter sur 33 groupes de recherche actifs avec, pour domaines de pointe, les neurosciences translationnelles entre recherche fondamentale et applications cliniques, le destin cellulaire et le cancer ou encore la nourriture et le m\u00e9tabolisme.<\/p>\n<p>Plus largement, l\u2019Unifr s\u2019ancre dans un canton o\u00f9 la vitalit\u00e9 \u00e9conomique des sciences de la vie est bien r\u00e9elle. Une surprise si l\u2019on consid\u00e8re que cette r\u00e9gion est davantage connue dans le paysage helv\u00e9tique pour l\u2019agro-alimentaire et la construction. Un rapport de 2024, mandat\u00e9 par GRIP-Pharma et la Promotion \u00e9conomique du Canton de Fribourg, t\u00e9moigne pourtant d\u2019une valeur ajout\u00e9e brute impressionnante pour les sciences de la vie.<\/p>\n<p>Dans ce domaine, cette valeur, qui est un indicateur cl\u00e9 de la performance \u00e9conomique, s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 8 %. C\u2019est plus que pour l\u2019agro-alimentaire, l\u2019immobilier et la construction (6 % pour chacun de ces trois domaines). La productivit\u00e9 par emploi est \u00e9galement 3,2 fois plus \u00e9lev\u00e9e pour les sciences de la vie: 467&rsquo;000 francs par emploi pour les soci\u00e9t\u00e9s pharma contre 147&rsquo;000 francs par emploi en moyenne dans le canton.<\/p>\n<p>\u00abCet exemple montre combien il est important d\u2019institutionnaliser la relation entre le public et le priv\u00e9 dans le domaine des sciences de la vie. Ce que nous nous attachons \u00e0 r\u00e9aliser \u00e0 Fribourg comme ailleurs en Suisse romande\u00bb, souligne Gilles Aebischer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"background-color: #fff7ed; border-left: 5px solid #f97316; padding: 15px; margin: 20px 0; border-radius: 6px; color: #7c2d12;\">\n<p><strong>Un pont entre recherche et \u00e9conomie<\/strong><\/p>\n<p>Passer de la recherche \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 repr\u00e9sente souvent un d\u00e9fi pour les chercheuses et chercheurs. Protection de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, financement, cr\u00e9ation de start-ups ou collaboration avec l\u2019industrie. Autant d\u2019\u00e9tapes-cl\u00e9s pour lesquelles le Service de transfert de connaissances et de technologies (KTT) de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg propose un accompagnement. Le service, dirig\u00e9 par Val\u00e9ria Mozzetti Rohrseitz, g\u00e8re une quarantaine de brevets actifs, dont la moiti\u00e9 porte sur les sciences de la vie. Les domaines concern\u00e9s vont de la biotechnologie aux medtechs, en passant par les biomat\u00e9riaux. Pont entre les mondes acad\u00e9mique et \u00e9conomique, le KTT se veut aussi d\u00e9fricheur des complexit\u00e9s juridiques lors de collaborations avec l\u2019industrie. Cela passe entre autres par des prestations de conseil, des projets cofinanc\u00e9s ou des partenariats avec Innosuisse, plateforme nationale encourageant l\u2019innovation.<\/p>\n<\/div>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/innovation\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Transfert de connaissances et de technologies<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monde acad\u00e9mique et entreprises des sciences de la vie ont beaucoup \u00e0 partager, \u00e0 condition de garantir une recherche s\u00e9rieuse et de surmonter des a priori tenaces. 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