{"id":23178,"date":"2026-03-19T14:54:53","date_gmt":"2026-03-19T13:54:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=23178"},"modified":"2026-03-19T14:55:13","modified_gmt":"2026-03-19T13:55:13","slug":"femmes-en-sciences-trois-generations-temoignent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2026\/femmes-en-sciences-trois-generations-temoignent","title":{"rendered":"Femmes en sciences: trois g\u00e9n\u00e9rations t\u00e9moignent"},"content":{"rendered":"<h4><strong>A l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, les \u00e9tudiantes sont largement majoritaires (67,5% en 2025). Mais lorsqu\u2019on regarde le corps professoral, les femmes restent peu nombreuses, en particulier dans les sciences (16,9%). Invit\u00e9es \u00e0 une table ronde de la Soci\u00e9t\u00e9 fribourgeoise des sciences naturelles, trois scientifiques ont partag\u00e9 leurs exp\u00e9riences. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/strong><\/h4>\n<p>Trois femmes, trois g\u00e9n\u00e9rations, trois parcours pour t\u00e9moigner et ouvrir la voie \u00e0 d\u2019autres. Et surtout pour r\u00e9pondre pr\u00e9sent \u00e0 la question \u00abO\u00f9 sont les filles en sciences?\u00bb, lanc\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 fribourgeoise des sciences naturelles \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une table ronde qu\u2019elle organisait au d\u00e9but mars 2026.<br \/>\n\u00abDans les ann\u00e9es 1960, tout semblait possible, raconte Mich\u00e8le Caron. Les recherches g\u00e9ologiques \u00e9taient en plein boom, en qu\u00eate de bassins p\u00e9troliers partout dans le monde. Les universit\u00e9s ont suivi en \u00e9largissant les offres de formation.\u00bb Elle avait \u00e0 peine boucl\u00e9 sa licence \u00e0 la Sorbonne, \u00e0 Paris, qu\u2019un professeur de Fribourg venait la chercher pour un projet de recherche soutenu par le FNS.<\/p>\n<p>\u00abOn a rempli une camionnette et on s\u2019est install\u00e9s \u00e0 Fribourg avec nos deux b\u00e9b\u00e9s. Je gagnais 800 francs par mois. \u00c7a permettait de payer la jeune fille au pair et j\u2019ai pu commencer ma th\u00e8se, l\u2019esprit lib\u00e9r\u00e9\u2026 Un peu comme un homme.\u00bb Si elle n\u2019a pas le souvenir d\u2019avoir appartenu \u00e0 une minorit\u00e9 f\u00e9minine \u00e0 la Sorbonne, Mich\u00e8le Caron se rappelle qu\u2019elle \u00e9tait la seule femme \u00e0 travailler \u00e0 l\u2019institut de g\u00e9ologie de Fribourg. \u00abOn s\u2019appelait par nos noms de famille. On \u00e9tait des coll\u00e8gues.\u00bb<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste tr\u00e8s pointue dans le domaine de la micropal\u00e9ontologie, Mich\u00e8le Caron a poursuivi son parcours \u00e0 Fribourg, tout en participant \u00e0 de multiples projets internationaux. Son mari Christian l\u2019a rejointe ensuite et a, lui aussi, bas\u00e9 sa carri\u00e8re \u00e0 Fribourg. Des carri\u00e8res acad\u00e9miques riches qu\u2019ils ont men\u00e9es en parall\u00e8le d\u2019une vie familiale tout aussi riche, avec leurs cinq enfants.<\/p>\n<p><strong>Presque une extraterrestre<br \/>\n<\/strong>\u00abUn chemin de vie est souvent marqu\u00e9 par des bonnes rencontres au bon moment\u00bb, rel\u00e8ve pour sa part Florence Dapples, qui a fait une th\u00e8se de doctorat en g\u00e9ologie \u00e0 Fribourg au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. \u00abCe sont des personnes inspirantes qui m\u2019ont tir\u00e9es vers ces domaines d\u2019\u00e9tude et qui m\u2019ont dit: \u201dVas y! Tu en es capable!\u201c Il faut sortir de ce manque de confiance qui bloque souvent les femmes.\u00bb Actuelle cheffe de la Division Protection des eaux au sein de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019environnement de l\u2019Etat de Vaud, elle a v\u00e9cu sa p\u00e9riode acad\u00e9mique \u00abcomme une bulle. C\u2019est apr\u00e8s la th\u00e8se que cela se complique et qu\u2019il faut davantage jouer des coudes pour trouver et garder sa place.\u00bb Elle choisit plut\u00f4t de s\u2019orienter vers l\u2019humanitaire et entre au service du CICR, mais avoue avoir manqu\u00e9 de confiance. \u00abJe suis devenue d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e, alors que j\u2019avais les comp\u00e9tences pour travailler dans des domaines techniques li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau. Je n\u2019ai pas os\u00e9 me pr\u00e9senter au service ing\u00e9nieurs. Je m\u2019y suis mise par la suite et je suis devenue coordinatrice, puis cheffe de secteur des programmes Eau et habitat.\u00bb<br \/>\nFlorence Dapples estime ne pas avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9savantag\u00e9e par son genre. \u00abParfois, \u00eatre une femme, grande, blonde, soit quasi une extraterrestre dans certains pays, m\u2019a m\u00eame aid\u00e9. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 mon poste actuel o\u00f9 l\u2019on m\u2019a fait sentir que je succ\u00e9dais \u00e0 un homme et que je n\u2019en \u00e9tais pas un\u2026\u00bb<br \/>\nSa premi\u00e8re carte de visite estampill\u00e9e Etat de Vaud portait la mention Dre devant son nom, comme pour justifier ce poste \u00e0 responsabilit\u00e9. \u00abDepuis, il a disparu. Ce n\u2019est pas \u00e0 cet acronyme que je dois mon r\u00f4le.\u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019organisatrice qu\u2019on ignore<br \/>\n<\/strong>De son c\u00f4t\u00e9, Tamara Mathys est en train de terminer sa th\u00e8se en g\u00e9osciences. \u00abDans mon parcours acad\u00e9mique, j\u2019ai toujours eu beaucoup de femmes autour de moi qui m\u2019ont montr\u00e9 que ce chemin dans un domaine scientifique est possible. En Suisse, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 mon genre. Par contre, au Tadjikistan o\u00f9 j\u2019ai men\u00e9 des exp\u00e9ditions scientifiques dans le cadre de mes projets de recherche, je me suis retrouv\u00e9e parfois compl\u00e8tement ignor\u00e9e alors que j\u2019\u00e9tais l\u2019organisatrice de l\u2019exp\u00e9dition.\u00bb<br \/>\nMalgr\u00e9 ces contrari\u00e9t\u00e9s, Tamara Mathys ne s\u2019est pas pos\u00e9 de questions sur son avenir jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment. Mais, il y a quelques mois, elle est devenue maman et cela a chang\u00e9 sa perception. \u00abRester dans le milieu acad\u00e9mique implique beaucoup d\u2019incertitudes. Les postes sont \u00e0 dur\u00e9e limit\u00e9e. Il faut sans cesse chercher de nouveaux fonds, de nouveaux mandats, bouger\u2026 Je ne suis pas pr\u00eate \u00e0 sacrifier ma vie de famille pour une carri\u00e8re acad\u00e9mique.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00abRespire et vas-y!\u00bb<br \/>\n<\/strong>La g\u00e9n\u00e9ration qui d\u00e9bute sa carri\u00e8re professionnelle actuellement semble acquise au partage de la charge familiale et au temps partiel pour les deux membres d\u2019un couple. C\u2019est un constat relev\u00e9 par les intervenantes et v\u00e9cu par Tamara Mathys qui poursuit ses recherches \u00e0 80%, alors que son conjoint travaille \u00e0 60%.<br \/>\nUne personne dans l\u2019assistance, elle-m\u00eame impliqu\u00e9e dans une haute \u00e9cole, compl\u00e8te par un autre constat: \u00abDans les discussions qu\u2019on a avec les coll\u00e9gien\u00b7ne\u00b7s quand on va leur pr\u00e9senter nos fili\u00e8res, certain\u00b7e\u00b7s choisissent une formation et donc une profession dans laquelle ils et elles savent qu\u2019il sera possible de travailler \u00e0 temps partiel. La m\u00e9decine, par exemple, entre dans cette cat\u00e9gorie.\u00bb<br \/>\nEn regard des statistiques, le milieu acad\u00e9mique n\u2019y est pas encore. \u00abIl faut travailler sur les conditions cadres, note Florence Dapples. Et offrir la possibilit\u00e9 aux femmes d\u2019envisager leur avenir dans le domaine de la recherche et dans les milieux scientifiques et techniques.\u00bb<br \/>\nSi elles devaient donner un seul conseil \u00e0 une jeune femme qui h\u00e9site \u00e0 se lancer ou non dans une th\u00e8se? \u00abSi tu aimes quelque chose, alors fais-le!\u00bb r\u00e9pond Tamara Mathys. Et Mich\u00e8le Caron de temp\u00e9rer: \u00abSi tu aimes quelque chose, forme-toi pour avoir le bagage n\u00e9cessaire et pouvoir r\u00e9aliser ce \u00e0 quoi tu aspires.\u00bb A Florence Dapples de conclure: \u00abRespire et vas-y!\u00bb<\/p>\n<div style=\"background-color: #fff7ed; border-left: 5px solid #f97316; padding: 15px; margin: 20px 0; border-radius: 6px; color: #7c2d12;\">\n<div style=\"font-weight: bold; font-size: 1.1em; margin-bottom: 8px;\">Une seule pr\u00e9sidente en 194 ans<\/div>\n<div>Cette table ronde autour de la pr\u00e9sence des femmes dans les milieux scientifiques et acad\u00e9miques \u00e9tait la deuxi\u00e8me activit\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e de la Soci\u00e9t\u00e9 fribourgeoise des Sciences naturelles. Six autres ateliers, conf\u00e9rences ou excursions (ouverts \u00e0 toutes et tous) sont encore au programme. Programme d\u00e9taill\u00e9 sur la page de la SFSN. Fond\u00e9e en 1832, la SFSN a compt\u00e9 plus de 40 pr\u00e9sidents et une seule pr\u00e9sidente, Mich\u00e8le Caron, de 1996 \u00e0 1998.<\/div>\n<\/div>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/directory\/fr\/people\/65337\/223f5\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tamara Mathys<\/a><\/li>\n<li>Photo: Tamara Mathys en train de prendre des mesures g\u00e9ophysiques utilis\u00e9es pour d\u00e9tecter la pr\u00e9sence ou l\u2019absence de perg\u00e9lisol.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, les \u00e9tudiantes sont largement majoritaires (67,5% en 2025). Mais lorsqu\u2019on regarde le corps professoral, les femmes restent peu nombreuses, en particulier dans les sciences (16,9%). 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