{"id":22561,"date":"2025-09-11T08:40:25","date_gmt":"2025-09-11T07:40:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=22561"},"modified":"2025-09-11T08:41:59","modified_gmt":"2025-09-11T07:41:59","slug":"les-stars-cachees-du-festival-de-locarno","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2025\/les-stars-cachees-du-festival-de-locarno","title":{"rendered":"Les stars cach\u00e9es du Festival de Locarno"},"content":{"rendered":"<h4><strong>\u00c9clairagistes, secr\u00e9taires, coiffeurs\u00b7euses, restaurateurs\u00b7trices, riverain\u00b7e\u00b7s\u2026 Le Festival de Locarno n\u2019existerait tout simplement pas sans cette armada laborieuse. Des r\u00f4les indispensables, mais largement ignor\u00e9s par l\u2019histoire officielle. Afin de leur rendre justice, Cyril Cordoba et Jos\u00e9phine M\u00e9traux ont d\u00e9cid\u00e9 de leur donner la parole. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\u00a0<\/strong><\/h4>\n<p>Comme tous festivals de films qui se respectent, celui de Locarno se gargarise d\u2019attirer les plus grandes stars du septi\u00e8me art. Cette ann\u00e9e, et pour n\u2019en citer que trois, Jacky Chan, Emma Thompson et Willem Dafoe ont foul\u00e9 les pav\u00e9s de la mythique Piazza Grande. Les m\u00e9dias et les livres d\u2019or du Festival s\u2019en sont largement fait l\u2019\u00e9cho, mais ils n\u2019ont pip\u00e9 mot, ou presque, sur la foule de quidams qui rend possible cette manifestation. Et il en va ainsi d\u2019une \u00e9dition \u00e0 l\u2019autre. Tel est le constat auquel est parvenu Cyril Cordoba, historien \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, apr\u00e8s avoir compuls\u00e9 les archives officielles du Festival.<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/vwYC6oy0MBQ?si=VEWfbiRK7Xp8lmJI\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>\u00abComme souvent, l\u2019histoire s\u2019\u00e9crit par le haut, explique-t-il, remont\u00e9 comme une bobine de 35 mm. Or les festivaliers\u00b7\u00e8res le savent bien: une telle manifestation ne repose pas uniquement sur les \u00e9paules de quatre ou cinq t\u00eates d\u2019affiche ou sur la direction. Il y a un immense travail men\u00e9 en coulisses par des personnes qui n\u2019apparaissent jamais dans les archives.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Histoire participative<br \/>\n<\/strong>Cyril Cordoba estime alors que le moment est venu d\u2019\u00e9crire une autre histoire de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, cette fois-ci plus inclusive que celle des strass et des paillettes. Le moment ne saurait \u00eatre mieux choisi puisque le Festival de Locarno f\u00eatera ses 80 ans en 2026. Il sollicite l\u2019expertise de Jos\u00e9phine M\u00e9traux, une sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire participative, puis, ensemble, ils lancent un projet qu\u2019ils baptisent piazza nostra: plus qu\u2019un titre, un v\u00e9ritable manifeste! \u00abNous ne souhaitons pas imposer notre vision, mais co-construire une histoire, explique Jos\u00e9phine M\u00e9traux.<\/p>\n<p><strong>Au contact de la population<br \/>\n<\/strong>Les deux historien\u00b7ne\u00b7s ont entam\u00e9 leurs investigations lors de l\u2019\u00e9dition 2024 du Festival. Premi\u00e8re \u00e9tape: informer les Tessinois\u00b7es de leur d\u00e9marche. Pour ce faire, ils ont distribu\u00e9 des flyers dans les rues de Locarno, coll\u00e9 des stickers, toqu\u00e9 \u00e0 des portes, entam\u00e9 une campagne d\u2019informations sur les r\u00e9seaux sociaux et cr\u00e9\u00e9 une newsletter. C\u2019est ainsi qu\u2019ils ont nou\u00e9 leurs premiers contacts, notamment avec des personnes ayant travaill\u00e9 pour le Festival durant des d\u00e9cennies. Ils ont \u00e9galement install\u00e9 leur quartier g\u00e9n\u00e9ral au th\u00e9\u00e2tre Paravento, lieu mythique en marge du Festival.<br \/>\n\u00abAujourd\u2019hui, les gens connaissent notre projet et souhaitent apporter leur pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice. Investir l\u2019espace public nous a permis de cr\u00e9er une relation de confiance. Il nous arrive d\u2019ailleurs de rencontrer des personnes, de prendre le temps de boire un caf\u00e9, mais de ne rien enregistrer\u00bb, sourit Jos\u00e9phine M\u00e9traux.<\/p>\n<p><strong>Anecdotes in\u00e9dites<br \/>\n<\/strong>Si elle ne devait retenir qu\u2019un t\u00e9moignage parmi la trentaine d\u00e9j\u00e0 recueillie, Jos\u00e9phine M\u00e9traux citerait celui de Fritz Bleuer, technicien qui a g\u00e9r\u00e9 durant un quart de si\u00e8cle l\u2019installation de l\u2019\u00e9cran g\u00e9ant de la piazza grande: \u00abL\u2019op\u00e9ration requiert une vingtaine de personnes pour \u00e9viter que la toile ne se d\u00e9chire. C\u2019est presque comme une danse soigneusement chor\u00e9graphi\u00e9e. Une ann\u00e9e, m\u2019a-t-il racont\u00e9, un cycliste avait roul\u00e9 sur la toile alors qu\u2019elle reposait au sol. La marque \u00e9tait rest\u00e9e durant tout le festival!\u00bb<\/p>\n<p>Cyril Cordoba, quant \u00e0 lui, \u00e9voque le souvenir d\u2019une rencontre avec Esther Weber, LA secr\u00e9taire du Festival, qui travaillait d\u00e9j\u00e0 pour la manifestation dans les ann\u00e9es soixante: \u00abC\u2019\u00e9tait assez \u00e9mouvant de l\u2019entendre expliquer l\u2019\u00e9tendue de ses t\u00e2ches qui, aujourd\u2019hui, occuperaient sans peine quatre \u00e0 cinq personnes \u00e0 plein temps\u2026 et sans ordinateur!\u00bb<\/p>\n<p>Le duo a \u00e9galement rencontr\u00e9 les cr\u00e9ateurs d\u2019un bar clandestin qui ouvrait en marge du Festival. \u00abMoi qui ne suis pas de Locarno, j\u2019ignorais totalement que de tels lieux existaient. Nous n\u2019en avons d\u2019ailleurs retrouv\u00e9 la trace nulle part, confie Cyril Cordoba. Les animateurs de ce bar alternatif nous ont racont\u00e9 que l\u2019\u00e9quipe du film Men in Black les avaient contact\u00e9s pour venir s\u2019y enjailler!\u00bb<\/p>\n<p><strong>T\u00e9moignages sur le petit \u00e9cran<br \/>\n<\/strong>Cet \u00e9t\u00e9, Cyril Cordoba et Jos\u00e9phine M\u00e9traux ont pr\u00e9sent\u00e9 les premiers r\u00e9sultats de leurs recherches sur la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre Paravento, afin d\u2019y pr\u00e9senter les premiers r\u00e9sultats de leurs recherches. Quatre \u00e9crans y ont diffus\u00e9 une s\u00e9lection de t\u00e9moignages. Et, bien que les montages ne soient pour l\u2019heure que tr\u00e8s bruts, la plupart des visiteurs\u00b7teuses sont rest\u00e9\u00b7e\u00b7s coll\u00e9\u00b7e\u00b7s plus d\u2019un quart d\u2019heure devant l\u2019\u00e9cran. \u00abC\u2019est ce qui m\u2019a le plus surprise, se r\u00e9jouit Jos\u00e9phine M\u00e9traux. J\u2019ai m\u00eame d\u00fb leur proposer une chaise!\u00bb<br \/>\nLe bin\u00f4me en a ensuite profit\u00e9 pour engager le dialogue et inciter les visiteurs\u00b7euses \u00e0 compl\u00e9ter les perspectives pr\u00e9sent\u00e9es, voire \u00e0 livrer leur propre version. \u00ab Un visiteur m\u2019a confi\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait \u201cqu\u2019ouvrier\u201d et qu\u2019il n\u2019avait donc rien d\u2019int\u00e9ressant \u00e0 dire, se souvient Jos\u00e9phine M\u00e9traux. Or, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se trouvent des histoires fascinantes.\u00bb<\/p>\n<p><strong>To be continued\u2026<br \/>\n<\/strong>Selon la tournure du projet et les possibilit\u00e9s de financement, ces t\u00e9moignages, ainsi que ceux qui leur parviendront par la suite, seront mis en ligne et d\u00e9pos\u00e9s en tant qu\u2019archives \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que suisse. Le tout sans censure mais avec la plus grande ouverture, le hasard des rencontres n\u2019emp\u00eachant pas les voix discordantes de se faire entendre. Or, Jos\u00e9phine M\u00e9traux et Cyril Cordoba tiennent \u00e0 le pr\u00e9ciser: ne travaillant pas pour la manifestation, le duo n\u2019a aucune raison de les taire, encore moins de servir un narratif officiel.<\/p>\n<p>\u00abNotre projet doit nous aider \u00e0 comprendre ce que le Festival fait pour les gens, mais aussi ce que ces derniers et la r\u00e9gion font pour, avec et parfois contre le Festival\u00bb, conclut Cyril Cordoba.<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/piazzanostra.ch\/fr\/le-projet\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Projet piazza nostra<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/directory\/fr\/people\/184515\/07ebb\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cyril Cordoba<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.metrauxund.ch\/fr\/portrait\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jos\u00e9phine M\u00e9traux<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9clairagistes, secr\u00e9taires, coiffeurs\u00b7euses, restaurateurs\u00b7trices, riverain\u00b7e\u00b7s\u2026 Le Festival de Locarno n\u2019existerait tout simplement pas sans cette armada laborieuse. Des r\u00f4les indispensables, mais largement ignor\u00e9s par l\u2019histoire officielle. Afin de leur rendre justice, Cyril Cordoba et Jos\u00e9phine M\u00e9traux ont d\u00e9cid\u00e9 de leur donner la parole. \u00a0 Comme tous festivals de films qui se respectent, celui de Locarno se gargarise d\u2019attirer les plus grandes stars du septi\u00e8me art. Cette ann\u00e9e, et pour n\u2019en citer que trois, Jacky Chan, Emma Thompson et Willem Dafoe ont foul\u00e9 les pav\u00e9s de la mythique Piazza Grande. 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