{"id":22513,"date":"2025-07-29T15:26:18","date_gmt":"2025-07-29T14:26:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=22513"},"modified":"2025-07-30T08:58:08","modified_gmt":"2025-07-30T07:58:08","slug":"les-glaciers-du-pamir-ont-fait-fondre-leur-coeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2025\/les-glaciers-du-pamir-ont-fait-fondre-leur-coeur?lang=de","title":{"rendered":"Les glaciers du Pamir ont fait fondre leur c\u0153ur"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Comme tous les glaciers du monde, ceux d\u2019Asie centrale se voient menac\u00e9s par le r\u00e9chauffement climatique. Martina Barandun, du D\u00e9partement des g\u00e9osciences de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, se rend chaque ann\u00e9e \u00e0 leur chevet pour comprendre les processus en cours. Avec le soutien de sa coll\u00e8gue Anouk Volery, elle s\u2019engage aussi corps et \u00e2me pour former la rel\u00e8ve scientifique locale. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/strong><\/h4>\n<p>Souvenez-vous du 28 mai dernier. En s\u2019effondrant, un glacier venait de raser le village de Blatten dans le L\u00f6tschental. Imm\u00e9diatement, le standard du service de communication de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg s\u2019est mis \u00e0 cr\u00e9piter: les journalistes souhaitaient \u00e0 tout prix interviewer un\u00b7e expert\u00b7e capable d\u2019expliquer les causes de la catastrophe et ses liens \u00e9ventuels avec le d\u00e9r\u00e8glement climatique. Date de l\u2019interview: aussi vite que possible, et aussi rapidement que n\u00e9cessaire. Mis\u00e8re! Martina Barandun, chercheuse en g\u00e9osciences, aurait parfaitement fait l\u2019affaire, mais elle se trouvait sur le terrain en Asie centrale, \u00e0 plus de 4 000 kilom\u00e8tres de la Suisse. Trop tard pour les journalistes, mais \u2014 c\u2019est bien connu \u2014 le malheur des uns fait le bonheur des autres! Nous lui avons laiss\u00e9 le temps de rentrer au pays, de d\u00e9faire ses valises, de reprendre son souffle, puis de nous parler de sa derni\u00e8re exp\u00e9dition dans cette splendide r\u00e9gion o\u00f9 tous les pays se terminent en -istan.<\/p>\n<p><strong>Une histoire post-sovi\u00e9tique<br \/>\n<\/strong>L\u2019histoire d\u2019amour que Martina Barandun a tiss\u00e9e avec l\u2019Asie centrale remonte \u00e0 2012. Consid\u00e9r\u00e9e comme le troisi\u00e8me p\u00f4le de la plan\u00e8te, la r\u00e9gion abrite des glaciers dont l\u2019\u00e9tendue ridiculise nos plus beaux sp\u00e9cimens alpins. Un v\u00e9ritable paradis pour les sp\u00e9cialistes de la cryosph\u00e8re! Pour vous faire une id\u00e9e, le glacier Fedchenko (r\u00e9cemment rebaptis\u00e9 Vanch-Yakh) atteint 77 kilom\u00e8tres de longueur, soit presque quatre fois celle du glacier d\u2019Aletsch, le plus grand des Alpes.<\/p>\n<div id=\"attachment_22503\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-scaled.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-22503\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-22503 size-medium\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Recuperer_donnees_station_glacier-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-22503\" class=\"wp-caption-text\">Une station m\u00e9t\u00e9orologique \u00e0 proximit\u00e9 d&rsquo;un glacier<\/p><\/div>\n<p>\u00c0 l\u2019instar des habitants du bloc sovi\u00e9tique, les glaciers y \u00e9taient \u00e9troitement surveill\u00e9s depuis les ann\u00e9es 1950, mais l\u2019effondrement de l\u2019URSS est venu tout chambouler. \u00abIl faut se rendre compte que la recherche y \u00e9tait tr\u00e8s avanc\u00e9e. Les scientifiques sovi\u00e9tiques avaient install\u00e9 des stations de monitoring \u00e0 proximit\u00e9 des glaciers et y travaillaient toute l\u2019ann\u00e9e\u00bb, explique Martina Barandun. \u00abFaute d\u2019argent, suite \u00e0 l\u2019effondrement du syst\u00e8me en 1991, la majeure partie de ces recherches ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es. Maintenant, il existe un hiatus de donn\u00e9es de pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies que nous avons pour ambition de combler.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Reprise des mesures<br \/>\n<\/strong>D\u00e9but\u00e9 au Kirghizstan en 2011, ce projet consiste \u00e0 remettre sur pied un r\u00e9seau de monitorage des glaciers. \u00abOn dit en g\u00e9n\u00e9ral que 30 ann\u00e9es de mesures sont n\u00e9cessaires pour obtenir des donn\u00e9es solides sur l\u2019\u00e9volution climatique\u00bb, pr\u00e9cise la chercheuse de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. Concr\u00e8tement, les scientifiques grimpent dans la zone haute des glaciers \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 et y mesurent la hauteur de la neige et sa densit\u00e9. L\u2019ablation des glaciers, quant \u00e0 elle, se mesure sur la langue, l\u00e0 o\u00f9 la glace est expos\u00e9e.<\/p>\n<p>Combin\u00e9es avec les donn\u00e9es de stations m\u00e9t\u00e9orologiques situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 des glaciers, ces informations permettent d\u2019\u00e9tudier les liens qui existent entre l\u2019\u00e9volution de diverses variables m\u00e9t\u00e9orologiques, dont la temp\u00e9rature, et les fluctuations glaciaires.<\/p>\n<div id=\"attachment_22502\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-scaled.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-22502\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-22502 size-medium\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-300x200.jpg\" alt=\"R\u00e9paration d'une station m\u00e9t\u00e9orologique\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reparation_Station_au_forage-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-22502\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9paration d&rsquo;une station m\u00e9t\u00e9orologique<\/p><\/div>\n<p><strong>Entretien indispensable<br \/>\n<\/strong>Cependant, au-dessus de 3 000 m\u00e8tres d\u2019altitude, les temp\u00eates et le climat extr\u00eame \u00e9prouvent durement les instruments install\u00e9s par les glaciologues de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. Ce printemps, Anouk Volery, chercheuse junior et coll\u00e8gue de Martina Barandun, est all\u00e9e effectuer des travaux de maintenance avec un technicien local. Elle en a \u00e9galement profit\u00e9 pour \u00e9toffer leur r\u00e9seau de deux nouvelles stations m\u00e9t\u00e9orologiques sur des hauts plateaux pr\u00e8s du lac Issyk-Kul. \u00abNous souhaitons conna\u00eetre les quantit\u00e9s de pr\u00e9cipitations dans cette r\u00e9gion, mais les mesures \u00e0 ces altitudes s\u2019av\u00e8rent difficiles et les pr\u00e9cipitations tr\u00e8s variables d\u2019un endroit \u00e0 l\u2019autre\u00bb, observe Anouk Volery.<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ses travaux d\u2019entretien, Anouk Volery cherche \u00e0 mieux saisir le r\u00f4le des pr\u00e9cipitations sur l\u2019alb\u00e9do de la glace, soit la capacit\u00e9 d\u2019une surface \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir la lumi\u00e8re. \u00abS\u2019il y a une bonne couverture de neige, bien blanche, le glacier va moins absorber l\u2019\u00e9nergie solaire et davantage r\u00e9fl\u00e9chir les rayons du soleil. En revanche, si la neige fond de mani\u00e8re pr\u00e9matur\u00e9e, la glace sous-jacente, dont la couleur est plus sombre, absorbera davantage l\u2019\u00e9nergie solaire acc\u00e9l\u00e9rant ainsi le processus de fonte. C\u2019est un cercle vicieux!\u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9chauffement perceptible \u00e0 vue d\u2019oeil<br \/>\n<\/strong>Martina Barandun, qui fr\u00e9quente la r\u00e9gion depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie, a pu observer des ph\u00e9nom\u00e8nes tout \u00e0 fait inhabituels, notamment l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re: \u00abPour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai vu de la pluie \u00e0 plus de 4 000 m\u00e8tres d\u2019altitude\u00bb, se souvient-elle, encore choqu\u00e9e. Elle en est aussi convaincue: \u00ab2025 sera une tr\u00e8s mauvaise ann\u00e9e pour les glaciers d\u2019Asie centrale. La neige s\u2019est faite rare cet hiver et les glaciers ont commenc\u00e9 \u00e0 fondre fin mai, soit deux mois plus t\u00f4t que la norme. Les glaciers vont perdre beaucoup de masse\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Impacts sur la soci\u00e9t\u00e9<br \/>\n<\/strong>Les deux sp\u00e9cialistes de la cryosph\u00e8re n\u2019\u00e9tudient pas les glaciers uniquement pour la beaut\u00e9 de la science. De leur \u00e9volution d\u00e9pend le sort d\u2019une population nombreuse, en particulier en Asie centrale, r\u00e9gion tr\u00e8s s\u00e8che. \u00abLes communaut\u00e9s locales tirent leur eau potable des glaciers, pour l\u2019\u00e9nergie et l\u2019irrigation de leurs cultures\u00bb, \u00e9num\u00e8re Anouk Volery.<\/p>\n<p>\u00ab\u00c0 l\u2019avenir, il y aura moins d\u2019eau, surtout en \u00e9t\u00e9, compl\u00e8te Martina Barandun, notamment pour le coton et le riz. Nos \u00e9tudes montrent qu\u2019il faut am\u00e9liorer les syst\u00e8mes d\u2019irrigation qui, pour la plupart, datent de l\u2019\u00e9poque sovi\u00e9tique, voire m\u00eame opter pour des cultures moins gourmandes en eau.\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_22504\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-scaled.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-22504\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-22504 size-medium\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_module_glaciologie-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-22504\" class=\"wp-caption-text\">Exp\u00e9dition Adventure of Science: Women and glaciers in Central Asia<\/p><\/div>\n<p><strong>Faire fondre les pr\u00e9jug\u00e9s sexistes<br \/>\n<\/strong>Mais l\u2019un des volets les plus chers au coeur de nos deux chercheuses, c\u2019est la formation d\u2019une rel\u00e8ve scientifique locale, en particulier f\u00e9minine. D\u00e8s ses premi\u00e8res exp\u00e9ditions, Martina Barandun a remarqu\u00e9 que les chercheuses \u00e9taient rares. \u00abJ\u2019ai tr\u00e8s vite compris que ce n\u2019\u00e9tait pas parce qu\u2019il n\u2019y en avait pas, mais tout simplement parce que leur entourage, acad\u00e9mique et familial, les d\u00e9courageait.\u00bb Deux raisons \u00e0 cela. La premi\u00e8re: les femmes ne seraient pas faites pour se balader en haute montagne. La seconde: pourquoi former des personnes qui finiront par se marier et renoncer \u00e0 leur carri\u00e8re acad\u00e9mique?<\/p>\n<div id=\"attachment_22507\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-scaled.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-22507\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-22507 size-medium\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/AOS_2024_Campement-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-22507\" class=\"wp-caption-text\">Campement \u00e0 plus de 3000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude<\/p><\/div>\n<p>En 2019, Martina Barandun d\u00e9cide de lancer Adventure of Science. Chaque ann\u00e9e, avec le soutien de coll\u00e8gues d\u2019Asie centrale et d\u2019Europe, elle met sur pied une exp\u00e9dition exclusivement r\u00e9serv\u00e9e aux femmes au glacier Golubin, \u00e0 plus de 3 200 m d\u2019altitude. Des instructrices leur dispensent des modules de glaciologie, d\u2019hydrologie, de climat, et abordent \u00e9galement la question de la place des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Confront\u00e9es \u00e0 un environnement hostile, les participantes doivent aussi apprendre \u00e0 camper dans le froid, chercher les sources d\u2019eau, etc. \u00abNous souhaitons leur donner confiance, leur procurer un sentiment de libert\u00e9 et les aider \u00e0 sortir de leur zone de confort, afin de leur montrer qu\u2019elles sont capables de faire bien plus que ce qu\u2019elles ne pensent!\u00bb, r\u00e9sume Martina Barandun.<\/p>\n<p>Le concept est un succ\u00e8s imm\u00e9diat d\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9dition: alors que le camp ne peut accueillir que 10 participantes, plus d\u2019une centaine se pressent au portillon. A chaque \u00e9dition, le groupe est compos\u00e9 de deux Kirghizes, deux Ouzb\u00e8kes, deux Kazakhes, deux Tadjikes et deux Turkm\u00e8nes. Les profils sont eux aussi tr\u00e8s vari\u00e9s: il y a des cuisini\u00e8res, des journalistes, des artistes, des \u00e9tudiantes en sciences de l\u2019environnement et en \u00e9conomie. \u00abNous cherchons cette diversit\u00e9, non seulement au sein des participantes, mais aussi des instructrices. Cela donne un m\u00e9lange int\u00e9ressant\u00bb, sourit Anouk Volery.<\/p>\n<div id=\"attachment_22505\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-22505\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-22505 size-medium\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-2.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-22505\" class=\"wp-caption-text\">Exposition \u00e0 Douchanb\u00e9, capitale du Tadjikistan<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_22506\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-22506\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-22506 size-medium\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Exposition_2025.jpg 810w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-22506\" class=\"wp-caption-text\">Exposition \u00e0 Douchanb\u00e9, capitale du Tadjikistan<\/p><\/div>\n<p><strong>Exposition \u00e0 Douchanb\u00e9<br \/>\n<\/strong>Lors de la derni\u00e8re exp\u00e9dition, et tandis qu\u2019Anouk Vol\u00e9ry v\u00e9rifiait les stations m\u00e9t\u00e9orologiques au Kirghisztan, Martina Barandun participait \u00e0 une exposition sur la cryosph\u00e8re \u00e0 Douchanb\u00e9, capitale du Tadjikistan. \u00abEn Suisse, nous entretenons une relation \u00e9troite avec nos montagnes. Nous y randonnons et y skions. Ce n\u2019est pas le cas en Asie centrale. Nous avons donc organis\u00e9 plusieurs stands pour que les enfants puissent mener des exp\u00e9riences sur le perg\u00e9lisol et les glaciers, explique Martina Barandun. La population commence seulement maintenant \u00e0 r\u00e9aliser les effets du r\u00e9chauffement climatique.\u00bb<\/p>\n<p>Bonne nouvelle toutefois! Ce travail de vulgarisation et de formation de la rel\u00e8ve, entrepris il y a plus d\u2019une d\u00e9cennie par Martina Barandun et ses coll\u00e8gues, commence \u00e0 porter ses fruits. \u00abDans la r\u00e9gion, en 2012, il n\u2019y avait encore personne sur qui nous pouvions nous appuyer. Aujourd\u2019hui, il existe sur place des scientifiques et des technicien\u00b7ne\u00b7s tr\u00e8s comp\u00e9tent\u00b7e\u00b7s!\u00bb La preuve que la foi \u2013 et surtout l\u2019amour des gens \u2013 peuvent d\u00e9placer des montagnes, \u00e0 d\u00e9faut de ralentir la fonte des glaciers.<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/directory\/en\/people\/6798\/47bf6\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Martina Barandun<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/directory\/en\/people\/52495\/8f1fc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Anouk Volery<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.inspiringgirls.org\/central-asia-en\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Adventure of Science: Women and glaciers in Central Asia<\/a><\/li>\n<li>Photos: Anouk Volery et Martina Barandun<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme tous les glaciers du monde, ceux d\u2019Asie centrale se voient menac\u00e9s par le r\u00e9chauffement climatique. Martina Barandun, du D\u00e9partement des g\u00e9osciences de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, se rend chaque ann\u00e9e \u00e0 leur chevet pour comprendre les processus en cours. Avec le soutien de sa coll\u00e8gue Anouk Volery, elle s\u2019engage aussi corps et \u00e2me pour former la rel\u00e8ve scientifique locale. Souvenez-vous du 28 mai dernier. En s\u2019effondrant, un glacier venait de raser le village de Blatten dans le L\u00f6tschental. Imm\u00e9diatement, le standard du service de communication de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg s\u2019est mis \u00e0 cr\u00e9piter: les journalistes souhaitaient \u00e0 tout prix interviewer<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[109,102,113],"tags":[314,1719,1720,1721],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22513"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22513"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22513\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22515,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22513\/revisions\/22515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22513"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22513"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22513"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}