{"id":21957,"date":"2025-02-06T10:16:15","date_gmt":"2025-02-06T09:16:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=21957"},"modified":"2025-02-28T09:08:09","modified_gmt":"2025-02-28T08:08:09","slug":"requisitoire-contre-la-sciences-sans-conscience","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2025\/requisitoire-contre-la-sciences-sans-conscience","title":{"rendered":"R\u00e9quisitoire contre la science sans conscience."},"content":{"rendered":"<h4><strong>Etudes trafiqu\u00e9es, r\u00e9sultats impossibles \u00e0 reproduire, travaux plagi\u00e9s. Csaba Szabo, l\u2019un des scientifiques les plus cit\u00e9s au monde, dresse un tableau apocalyptique du monde de la recherche biom\u00e9dicale. Fin connaisseur du milieu, le professeur de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg a profit\u00e9 de son ann\u00e9e sabbatique pour r\u00e9diger <em>Unreliable<\/em>, un \u00abJ\u2019accuse\u00bb sans fard, violent comme un pav\u00e9 dans la mare. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<\/strong><\/h4>\n<p>Personne ne saurait d\u00e9cemment soup\u00e7onner Csaba Szabo de ne pas aimer la science, lui qui est litt\u00e9ralement tomb\u00e9 dedans quand il \u00e9tait petit. Dans sa Hongrie natale, derri\u00e8re le Rideau de fer, son h\u00e9ros ne se nommait pas Ferenc Pusk\u00e1s, mais Albert Szent-Gy\u00f6rgyi, un compatriote, inventeur de la vitamine C et laur\u00e9at du Prix Nobel. Avant m\u00eame de devenir adolescent, il r\u00eavait de comprendre le vivant, dans son fonctionnement le plus intime, que ce soit en m\u00e9decine ou en biologie, et de venir en aide aux personnes malades. Un id\u00e9aliste, un vrai mais pas un utopiste car ses nombreuses lectures l\u2019ont tr\u00e8s vite purg\u00e9 de toute na\u00efvet\u00e9. \u00abJ\u2019ai eu entre les mains un ouvrage du chimiste Mih\u00e1ly Beck sur la fraude scientifique, se rem\u00e9more-t-il dans son livre, celui-ci relatait l\u2019histoire de l\u2019homme de Piltdown (une c\u00e9l\u00e8bre mystification pal\u00e9oanthropologique, ndlr.) ou les myst\u00e9rieux tests de Piccardi (du nom d\u2019un chimiste italien dont les hypoth\u00e8ses sur l\u2019effet des cycles solaires sur certaines r\u00e9actions chimiques sont controvers\u00e9es).\u00bb<br \/>\nMais Csaba Szabo \u00e9tait certainement loin de s\u2019imaginer qu\u2019il allait un jour \u00e0 son tour prendre la plume pour d\u00e9noncer les gravissimes dysfonctionnements du monde de la recherche: Trop de plagiat! Trop de fraudes! Il n\u2019y tenait plus: il devait le dire, le d\u00e9noncer. Cela a donn\u00e9 <em>Unreliable<\/em>, un pamphlet au vitriol r\u00e9dig\u00e9 en quelques mois. Quand un chercheur, qui figure r\u00e9guli\u00e8rement dans le haut des classements des scientifiques les plus cit\u00e9s par ses pairs, donne un pareil coup de pied dans la fourmili\u00e8re, il y a de quoi se faire du souci.<\/p>\n<p><strong>Je dois dire que l\u2019on sort un peu groggy de votre livre. Le monde de la recherche semble \u00eatre un marigot infect!<\/strong><br \/>\nCe que vous dites est vrai, mais cela ne signifie pas qu\u2019il faut se taire en esp\u00e9rant que les probl\u00e8mes vont se r\u00e9soudre comme par magie. Si la situation \u00e9tait stabilis\u00e9e, on pourrait se r\u00e9signer en se disant que, ma foi, la science est faite par des humains et que ceux-ci ne sont pas parfaits. H\u00e9las, la situation s\u2019aggrave et je crains que cela ne devienne pire encore avec l\u2019av\u00e8nement de l\u2019intelligence artificielle et du big data. Or, il n\u2019est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de personnes que le public se d\u00e9fie de la science. Surtout, ne venez pas dire que je suis antiscience, je suis profond\u00e9ment pro-science! Ce sont celles et ceux qui se taisent qui la desservent!<\/p>\n<p><strong>Cela fait 30 ans que vous \u00eates dans la recherche. Pourquoi d\u00e9noncer les dysfonctionnements maintenant?<br \/>\n<\/strong>Il n\u2019y a pas eu un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencheur pr\u00e9cis, mais la magnitude du probl\u00e8me devient \u00e9vidente. De nouveaux logiciels permettent de rep\u00e9rer les images frauduleusement manipul\u00e9es dans les publications et de d\u00e9tecter le plagiat, dont on commence \u00e0 se rendre compte de l\u2019ampleur. Il y a aussi ce que l\u2019on nomme les usines \u00e0 publications, un business florissant de plusieurs milliards de dollars. Moyennant paiement, ces usines fournissent des articles cr\u00e9\u00e9s de toutes pi\u00e8ces avec des donn\u00e9es invent\u00e9es ou manipul\u00e9es. Cela devrait \u00eatre l\u2019un des plus grands scandales des sciences biom\u00e9dicales.<\/p>\n<p><strong>Mais le fait que vous ayez vous-m\u00eame \u00e9t\u00e9 victime de plagiat ne vous a-t-il pas convaincu de prendre la plume?<br \/>\n<\/strong>Quand j\u2019ai vu qu\u2019un de mes articles avait \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement copi\u00e9-coll\u00e9 de A \u00e0 Z, j\u2019ai pens\u00e9: \u00abMon Dieu! Ils ont vraiment aim\u00e9 mon article!\u00bb Pire encore, ce premier plagiat a lui-m\u00eame \u00e9t\u00e9 plagi\u00e9 par d\u2019autres personnes! A vrai dire, cet \u00e9pisode aurait presque \u00e9t\u00e9 comique si ce n\u2019\u00e9tait pas si lamentable! J\u2019ai encore une autre anecdote, mais plus grave cette fois-ci: une image de l\u2019un de mes articles publi\u00e9s il y a 25 ans, \u00e0 Cincinnati, a \u00e9t\u00e9 reprise mais en sens inverse. Il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que c\u2019\u00e9tait l\u2019un de mes \u00e9tudiants qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine du plagiat et de l\u2019erreur. Nous avons ensuite d\u00e9couvert que, au fil de sa carri\u00e8re dans diff\u00e9rents laboratoires, il s\u2019est livr\u00e9 aux m\u00eames irr\u00e9gularit\u00e9s. Il ne s\u2019agissait donc pas simplement d\u2019une erreur! J\u2019ai ainsi compris que, m\u00eame dans un laboratoire bien g\u00e9r\u00e9, ce type de m\u00e9fait pouvait arriver. Cela dit, ce n\u2019est pas le motif qui m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire le livre, puisque cette affaire a \u00e9clat\u00e9 alors que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 la r\u00e9daction. Non, la vraie raison, c\u2019est que j\u2019ai pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une ann\u00e9e sabbatique et que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 beaucoup d\u2019informations sous le coude. Et, je tiens \u00e0 le souligner, le sujet ne concerne pas que la fraude, mais aussi la crise de la r\u00e9plicabilit\u00e9 en sciences.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cis\u00e9ment, selon une \u00e9tude de <em>Nature<\/em> que vous citez, plus des deux tiers des scientifiques s\u2019estimeraient incapables de reproduire les donn\u00e9es publi\u00e9es par des confr\u00e8res et cons\u0153urs. C\u2019est atterrant! Pourquoi personne n\u2019en parle?<br \/>\n<\/strong>C\u2019est difficile \u00e0 croire, mais il n\u2019y a pas beaucoup de bailleurs de fonds qui financent des \u00e9tudes de r\u00e9plication directe, pourtant si indispensables! Cette \u00e9tape permet de reproduire une exp\u00e9rience scientifique en suivant les m\u00eames proc\u00e9dures et conditions que l\u2019\u00e9tude originale. C\u2019est uniquement ainsi que l\u2019on peut v\u00e9rifier la fiabilit\u00e9 des r\u00e9sultats. Plus grave encore, il n\u2019est parfois tout simplement pas possible d\u2019entamer une \u00e9tude de r\u00e9plication directe faute de d\u00e9tails dans les publications. Les auteurs n\u2019en fournissent pas suffisamment! Souvent, ils rechignent m\u00eame \u00e0 collaborer!<\/p>\n<p><strong>Pour quelle raison? De peur de trahir leurs secrets de fabrication?<br \/>\n<\/strong>Si l\u2019\u00e9tape de la v\u00e9rification r\u00e9v\u00e8le des erreurs, il y a des cons\u00e9quences: l\u2019\u00e9tude doit soit \u00eatre corrig\u00e9e, soit r\u00e9tract\u00e9e. En revanche, si l\u2019\u00e9tude ne peut pas \u00eatre soumise \u00e0 un examen de r\u00e9plicabilit\u00e9, faute d\u2019informations, l\u2019affaire est close. La diligence ne paie pas!<\/p>\n<p><strong>Ne pourrait-il pas y avoir une sorte d\u2019institution fa\u00eeti\u00e8re, \u00e0 l\u2019image de l\u2019agence mondiale antidopage, pour \u00e9viter ces abus?<\/strong><br \/>\nAux Etats-Unis, la recherche biom\u00e9dicale est principalement financ\u00e9e par le National Institutes of Health (NIH). Une personne appartenant \u00e0 cet institut avait propos\u00e9 de r\u00e9pliquer certaines \u00e9tudes ind\u00e9pendamment, mais son id\u00e9e est rest\u00e9e lettre morte. Par ailleurs, si vous demandez un financement pour tenter de r\u00e9pliquer une recherche d\u00e9j\u00e0 existante, il y a fort \u00e0 parier que vous ne recevrez pas un kopeck! Tout le monde est d\u2019avis qu\u2019il faut financer de nouvelles recherches, mais pas celles de r\u00e9plication. Il n\u2019y a donc ni argent, ni prestige en la mati\u00e8re. C\u2019est tr\u00e8s utile, mais sans glamour. Cela ne vous donnera jamais un Nobel.<\/p>\n<p><strong>Quelle solution pr\u00e9conisez-vous alors?<br \/>\n<\/strong>Une fois que les chercheuses et chercheurs terminent leur \u00e9tude, ils pourraient mandater un laboratoire ind\u00e9pendant, neutre, avec lequel ils n\u2019ont aucune connexion, afin que celui-ci r\u00e9plique les r\u00e9sultats cl\u00e9s. Cette \u00e9tude suppl\u00e9mentaire pourrait figurer en appendice de l\u2019article. Les bailleurs de fonds pourraient financer cette \u00e9tape.<\/p>\n<p><strong>Mais le nerf de la guerre, c\u2019est l\u2019argent!<br \/>\n<\/strong>Bien s\u00fbr, cette pr\u00e9caution \u00e9viterait de se fourvoyer dans des \u00e9tudes irr\u00e9plicables et donc de gaspiller de l\u2019argent public! Sans compter que des r\u00e9sultats biais\u00e9s peuvent donner lieu \u00e0 des essais cliniques ou \u00e0 des m\u00e9dicaments administr\u00e9s \u00e0 des humains!<\/p>\n<p><strong>Est-ce d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9?<br \/>\n<\/strong>Absolument! R\u00e9cemment, une soci\u00e9t\u00e9 de biotechnologie californienne a produit un m\u00e9dicament \u00e0 partir de donn\u00e9es manipul\u00e9es. Celui-ci a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 \u00e0 des patient\u00b7e\u00b7s victimes d&rsquo;un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral, avec des cons\u00e9quences dramatiques: plusieurs sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9\u00b7e\u00b7s! On a vu les m\u00eames d\u00e9g\u00e2ts dans le domaine de la recherche sur la maladie d\u2019Alzheimer.<\/p>\n<p><strong>Ne faudrait-il donc pas criminaliser la fraude?<br \/>\n<\/strong>Bien s\u00fbr! Cela devrait \u00eatre sanctionn\u00e9 au p\u00e9nal, parce que les fraudeurs et fraudeuses gaspillent de l\u2019argent public. Il y a aussi toutes les chercheuses et chercheurs qui, se basant sur des donn\u00e9es erron\u00e9es, perdent du temps et de l\u2019argent en s\u2019engageant dans une fausse direction.<\/p>\n<p><strong>Vous d\u00e9noncez donc une certaine impunit\u00e9?<br \/>\n<\/strong>Les tricheurs et tricheuses risquent de voir leur \u00e9tude r\u00e9tract\u00e9e, mais rarement un licenciement. Cela n\u2019a rien d\u2019une punition. Dans certains cas, pourquoi ne pas tout simplement leur retirer leurs dipl\u00f4mes et leur demander le remboursement des fonds qu\u2019ils ont touch\u00e9s?<\/p>\n<p><strong>Au-del\u00e0 des failles de la nature humaine, vous incriminez le syst\u00e8me: l\u2019hyper-comp\u00e9tition pour les financements et la culture du <em>publish or perish<\/em>.<br \/>\n<\/strong>Mon livre traite surtout du cas des Etats-Unis, o\u00f9 j\u2019ai fait l\u2019essentiel de ma carri\u00e8re. Je ne d\u00e9pends pas non plus de financements am\u00e9ricains et il est donc \u00e9galement plus facile pour moi de prendre la parole. En Suisse, il me semble, le syst\u00e8me reste plus humain, moins rude. L\u2019Universit\u00e9 y fournit un financement de base et des infrastructures, m\u00eame si on doit bien s\u00fbr aussi chercher des financements externes. Aux Etats-Unis, c\u2019est tout le contraire. Il y a des frais indirects immenses pour les scientifiques qui doivent donc imp\u00e9rativement trouver des sources de financement. C\u2019est une pression colossale!<\/p>\n<p><strong>Et certaines personnes doivent de surcro\u00eet composer avec un statut pr\u00e9caire.<br \/>\n<\/strong>Effectivement, certains chercheur\u00b7euse\u00b7s ont un visa, le J-1 notamment, dont le maintien d\u00e9pend des financements obtenus. Cela peut inciter \u00e0 embellir des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><strong>Pour voir son \u00e9tude publi\u00e9e dans une revue, il faut soumettre ces r\u00e9sultats \u00e0 un comit\u00e9 de pairs. Pour quelle raison, est-ce que cette instance ne suffit pas?<br \/>\n<\/strong>Les gens s\u2019imaginent que d\u2019\u00eatre \u00e9valu\u00e9 par les pairs \u00e9quivaut \u00e0 une validation ind\u00e9pendante des r\u00e9sultats. Ce n\u2019est pas cela du tout. Cela signifie uniquement que trois personnes jettent un \u0153il aux donn\u00e9es, en partant du principe qu\u2019elles n\u2019ont fait l\u2019objet d\u2019aucune manipulation et ont \u00e9t\u00e9 obtenues dans les r\u00e8gles de l\u2019art.<\/p>\n<p><strong>J\u2019imagine que vous avez d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9valuateur?<br \/>\n<\/strong>Bien s\u00fbr. Et j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que, lorsque l\u2019on refuse un article dans une revue, il y a de fortes chances qu\u2019il se retrouve publi\u00e9 dans une revue moins regardante. L\u2019ironie, c\u2019est que l\u2019\u00e9valuateur peut m\u00eame devenir le complice involontaire d\u2019une faute scientifique! Je m\u2019explique: Si un membre d\u2019un comit\u00e9 d\u2019\u00e9valuation d\u00e9tecte un probl\u00e8me, voire des signes de fraude \u00e0 l&rsquo;image, et qu&rsquo;il le signale aux auteurs, ces derniers peuvent effectuer les corrections et retenter une soumission ailleurs. Contre son gr\u00e9, l\u2019\u00e9valuateur aura contribu\u00e9 \u00e0 maquiller un m\u00e9fait!<\/p>\n<p><strong>Ne peignez-vous pas le diable sur les murailles? Les publications de Didier Raoult, pour prendre l\u2019exemple le plus connu dans le monde francophone, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9tract\u00e9es. N\u2019est-ce pas la preuve que les garde-fous fonctionnent?<br \/>\n<\/strong>Le nombre de r\u00e9tractions est d\u2019ailleurs \u00e0 un haut historique, en partie gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intelligence artificielle qui permet de rep\u00e9rer les fraudes et en partie gr\u00e2ce aux data detectives. Ces derniers utilisent des plateformes, notamment PubPeer, pour d\u00e9noncer les fraudes en sciences. Parfois, il faut attendre plusieurs ann\u00e9es avant que les articles soient r\u00e9tract\u00e9s. H\u00e9las, cela reste la pointe de l\u2019iceberg. Ce que je trouve vraiment tragique, c&rsquo;est que l&rsquo;\u00e9valuation critique et le nettoyage de la litt\u00e9rature scientifique sont actuellement effectu\u00e9s par des d\u00e9tectives scientifiques, essentiellement des amateurs priv\u00e9s d\u00e9vou\u00e9s ! Elles ne sont pas effectu\u00e9es par les organismes subventionnaires, les minist\u00e8res de la sant\u00e9 ou les \u00e9diteurs qui publient les revues scientifiques.<\/p>\n<p><strong>Avec ce livre, ne craignez-vous pas d\u2019amener de l\u2019eau au moulin des complotistes?<br \/>\n<\/strong>On ne convaincra de toute mani\u00e8re jamais un platiste du bien-fond\u00e9 de la science. Mon livre est destin\u00e9 aux personnes qui s\u2019int\u00e9ressent et aiment la science. Gardons aussi \u00e0 l\u2019esprit que, sur les millions d\u2019articles publi\u00e9s chaque ann\u00e9e, m\u00eame si certains r\u00e9sultats ne sont pas r\u00e9plicables, certains vont d\u00e9boucher sur des avanc\u00e9es m\u00e9dicales qui sauveront des vies.<\/p>\n<p><strong>Allez-vous changer de carri\u00e8re pour favoriser l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 scientifique ou pour catalyser une r\u00e9forme?<\/strong><br \/>\nNon, je ne dispose d\u2019aucune influence politique pour le faire. J\u2019ai tout de m\u00eame propos\u00e9 la candidature d&rsquo;Elizabeth Bik, l&rsquo;une des plus importantes d\u00e9tectives scientifiques, et celle du site web Pubpeer pour les prix Einstein de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. A ma plus grande joie, ils les ont d\u2019ailleurs re\u00e7us. Je participerai \u00e9galement \u00e0 une r\u00e9union \u00e0 Oxford, ax\u00e9e sur l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 scientifique et la r\u00e9forme, organis\u00e9e par Dorothy Bishop, une figure importante des efforts de reproductibilit\u00e9. Je continuerai \u00e0 faire de petites choses comme cela, mais mon objectif principal reste la recherche biom\u00e9dicale.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">_________<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/med\/fr\/research\/group\/szabo\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Csaba Szabo<\/a><\/li>\n<li><em><a href=\"https:\/\/cup.columbia.edu\/book\/unreliable\/9780231216241\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Unreliable. Bias, Fraud, and the Reproducibility Crisis in Biomedical Research<\/a>, <\/em>Columbia University Press<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Etudes trafiqu\u00e9es, r\u00e9sultats impossibles \u00e0 reproduire, travaux plagi\u00e9s. Csaba Szabo, l\u2019un des scientifiques les plus cit\u00e9s au monde, dresse un tableau apocalyptique du monde de la recherche biom\u00e9dicale. Fin connaisseur du milieu, le professeur de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg a profit\u00e9 de son ann\u00e9e sabbatique pour r\u00e9diger Unreliable, un \u00abJ\u2019accuse\u00bb sans fard, violent comme un pav\u00e9 dans la mare. Personne ne saurait d\u00e9cemment soup\u00e7onner Csaba Szabo de ne pas aimer la science, lui qui est litt\u00e9ralement tomb\u00e9 dedans quand il \u00e9tait petit. 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