{"id":2069,"date":"2016-03-10T16:29:56","date_gmt":"2016-03-10T15:29:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges\/?p=2069"},"modified":"2016-03-10T16:29:56","modified_gmt":"2016-03-10T15:29:56","slug":"les-cicatrices-neurologiques-de-la-violence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2016\/les-cicatrices-neurologiques-de-la-violence","title":{"rendered":"Les cicatrices neurologiques de la violence"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Il est aujourd\u2019hui prouv\u00e9 que la violence, en plus du traumatisme psychique, laisse des traces profondes dans la structure du cerveau. Quelles en sont les cons\u00e9quences et peut-on les soigner? A l\u2019occasion de la Semaine du cerveau, M\u00e9lanie Kaeser de l\u2019Institut de neurophysiologie r\u00e9pond \u00e0 nos questions.<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>La violence laisse-t-elle des traces neurologiques dans le cerveau des victimes?<br \/>\n<\/strong>Oui, les personnes victimes de traumatismes, physiques ou psychiques, montrent des modifications c\u00e9r\u00e9brales fonctionnelles et structurelles en particulier de r\u00e9gions impliqu\u00e9es dans les \u00e9motions et la gestion de situations stressantes, dont les interactions sociales conflictuelles. De fait, une personne ayant subi des traumatismes devient moins capable de g\u00e9rer de telles situations, qu\u2019elle aura tendance \u00e0 r\u00e9soudre par l\u2019agression physique ou verbale. Les \u00e9tudes s\u2019accordent \u00e0 d\u00e9montrer que les traumatismes sont parmi les principaux facteurs environnementaux qui conduisent \u00e0 des troubles psychiques, tels qu\u2019angoisse, d\u00e9pression, troubles de l\u2019attention, abus de substances, etc., ainsi qu\u2019\u00e0 des comportements violents et agressifs.<\/p>\n<p><strong>Peut-on alors affirmer que la violence entra\u00eene forc\u00e9ment la violence?<br \/>\n<\/strong>Heureusement non. Si les \u00e9tudes indiquent que 80 \u00e0 100% des personnes violentes ont subi des traumatismes, elles montrent aussi que 30 \u00e0 70% des personnes qui ont subi des traumatismes ne vont pas devenir violentes. On sait que certaines variantes g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9disposent aux comportements violents. La fr\u00e9quence et l\u2019intensit\u00e9 des traumatismes jouent \u00e9galement un r\u00f4le, ainsi que, en ce qui concerne les enfants, l\u2019\u00e2ge auquel le traumatisme est subi et le stade de d\u00e9veloppement de l\u2019appareil psychique \u00e0 ce moment-l\u00e0. Des facteurs environnementaux positifs entrent \u00e9galement en jeu, tels que le style d\u2019attachement et de parentalit\u00e9. Si un parent est dysfonctionnel et que l\u2019autre est solide et s\u00e9curisant, le sch\u00e9ma ne va pas forc\u00e9ment se r\u00e9p\u00e9ter. Si l\u2019enfant c\u00f4toie des amis, tisse des relations positives ou rencontre plus tard un partenaire de vie qui le r\u00e9\u00e9quilibre, le cercle vicieux peut se briser.<\/p>\n<p><strong>Est-il possible de soigner les traumatismes psychiques et ainsi \u00e9viter le cercle vicieux\u00a0?<br \/>\n<\/strong>Effectivement, c\u2019est l\u2019objectif de certaines th\u00e9rapies, telles que l\u2019EMDR, la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale, les th\u00e9rapies narratives, les th\u00e9rapies familiales orient\u00e9es sur la communication intra-familiale et le soutien parental, en association, parfois, avec des traitements m\u00e9dicamenteux. L\u2019objectif est de parvenir \u00e0 une r\u00e9silience, un d\u00e9passement positif du traumatisme et de l\u2019angoisse qui y est associ\u00e9e. Il faut permettre au cerveau de transformer une sensation traumatique en un souvenir, avec une charge \u00e9motionnelle n\u00e9gative certes, mais qui soit int\u00e9gr\u00e9 dans la m\u00e9moire autobiographique. La personne devra \u00e9galement acqu\u00e9rir de nouvelles comp\u00e9tences sociales et de nouvelles ressources communicationnelles pour r\u00e9agir de mani\u00e8re ad\u00e9quate face aux situations stressantes ou conflictuelles auxquelles elle sera confront\u00e9e.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p>A l&rsquo;occasion de la <a href=\"http:\/\/www.lasemaineducerveau.ch\/2016\/\" target=\"_blank\">Semaine du cerveau<\/a>, M\u00e9lanie Kaeser pr\u00e9sentera une conf\u00e9rence intitul\u00e9e\u00a0\u00abNotre cerveau joue-t-il un r\u00f4le dans la transmission de la violence \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations?\u00bb.<br \/>\n<span style=\"color: #ff6600;\">&gt;<\/span> Lundi 14 mars \u00e0 20h00, Grand auditoire de l\u2019Institut de physiologie, Ch. du Mus\u00e9e 5, 1700 Fribourg<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est aujourd\u2019hui prouv\u00e9 que la violence, en plus du traumatisme psychique, laisse des traces profondes dans la structure du cerveau. 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