{"id":18608,"date":"2023-07-17T15:03:42","date_gmt":"2023-07-17T14:03:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=18608"},"modified":"2023-07-17T16:10:10","modified_gmt":"2023-07-17T15:10:10","slug":"la-magie-de-la-relation-humaine-peut-reparer-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2023\/la-magie-de-la-relation-humaine-peut-reparer-le-monde","title":{"rendered":"\u00abLa magie de la relation humaine peut r\u00e9parer le monde\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Son intuition le lui chuchotait \u00e0 l\u2019oreille, le CAS en neurosciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019Unifr le lui a confirm\u00e9: il est possible de mettre en place des p\u00e9dagogies capables de recr\u00e9er des connexions neuronales chez des jeunes traumatis\u00e9\u00b7e\u00b7s. Fort de ce constat, Olivier Mottier a d\u00e9velopp\u00e9 trois outils concrets. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/strong><\/h4>\n<p>Olivier Mottier en est convaincu, \u00able lien humain peut gu\u00e9rir les maux.\u00bb Le directeur du Foyer de Salvan ne va certainement pas se laisser d\u00e9monter par celles et ceux qui trouvent sa vision de la p\u00e9dagogie \u00e9ducative na\u00efve. Et encore moins par celles et ceux qui estiment que pour remettre les mineur\u00b7e\u00b7s plac\u00e9\u00b7e\u00b7s en institution \u00absur les rails\u00bb, il faut avoir recours \u00e0 la discipline, \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 verticale et \u00e0 la soumission par principe de l\u2019enfant \u00e0 l\u2019adulte. \u00abCe qu\u2019il leur faut, \u00e0 ces jeunes, c\u2019est de l\u2019amour!\u00bb Travailleur social et \u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 de formation, il s\u2019appuie sur les recherches r\u00e9centes en sociologie, en psychologie, en p\u00e9dagogie et en neurosciences pour l\u2019affirmer haut et fort: \u00abOn a besoin de nouveaux mod\u00e8les \u00e9ducatifs capables d\u2019apporter des limites bienveillantes, une protection qui assure la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019enfance et des soins, dans le sens du <em>care<\/em>.\u00bb<\/p>\n<p>Depuis qu\u2019il a repris il y a onze ans la t\u00eate de la structure valaisanne qui peut accueillir une trentaine de jeunes r\u00e9sident\u00b7e\u00b7s, toute son action tend vers ce changement de mod\u00e8le. \u00abChez moi, c\u2019est une esp\u00e8ce de posture, je suis attir\u00e9 par les gamin\u00b7e\u00b7s les plus ab\u00eem\u00e9\u00b7e\u00b7s; n\u2019allez pas me dire qu\u2019il faut garder ses distances avec les jeunes des foyers!\u00bb Celui qui, auparavant, a \u00e9volu\u00e9 dix ans dans les milieux de la protection de l\u2019enfance, rench\u00e9rit: \u00abJe crois en la magie de la relation humaine, dans le fait qu\u2019ensemble, on peut r\u00e9parer le monde.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Recr\u00e9er des connexions neuronales<br \/>\n<\/strong>Est-ce pour asseoir scientifiquement cette conviction intuitive ou pour en d\u00e9gager des outils concrets qu\u2019Olivier Mottier a d\u00e9cid\u00e9 de participer au CAS en neurosciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019Unifr, pilot\u00e9 par Cherine Fahim? \u00abUn peu des deux, probablement\u00bb, r\u00e9pond-il. \u00abEt j\u2019ai bien fait: les neurosciences apportent un \u00e9clairage extr\u00eamement int\u00e9ressant sur la traumatologie.\u00bb Il cite l\u2019exemple de la neurogen\u00e8se, \u00e0 savoir la capacit\u00e9 de faire na\u00eetre de nouveaux neurones \u00e0 tout \u00e2ge de la vie. \u00abDans le cas d\u2019un enfant ayant v\u00e9cu des traumatismes, qui est alt\u00e9r\u00e9 dans son d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral, psychoaffectif et social, il est donc possible de mettre en place des p\u00e9dagogies \u00e9ducatives et scolaires capables de recr\u00e9er des connexions neuronales.\u00bb Les connaissances en neurosciences accumul\u00e9es dans le cadre de sa participation au CAS, le directeur du Foyer de Salvan a d\u00e9cid\u00e9 de les croiser avec une approche qu\u2019il a d\u00e9couverte dans les ann\u00e9es 1990 et qui a fortement inspir\u00e9 et orient\u00e9 la suite de son parcours, \u00e0 savoir l\u2019ACP (approche centr\u00e9e sur la personne). \u00abD\u00e9velopp\u00e9e dans les ann\u00e9es 1960 par Carl Rogers, qui a remis en question la psychanalyse classique, l\u2019ACP est bas\u00e9e sur trois postures fondamentales de la relation d\u2019aide: l\u2019empathie, le regard inconditionnel positif et la congruence.\u00bb Olivier Mottier rapporte que \u00abdes \u00e9tudes r\u00e9centes ont d\u00e9montr\u00e9 que cette approche a des impacts sur le cerveau: face \u00e0 un travailleur social empathique, qui l\u2019accueille de mani\u00e8re inconditionnelle et qui est capable de travailler sur ses r\u00e9sonnances, l\u2019enfant voit augmenter sa neuroplasticit\u00e9 et de nouvelles connexions se cr\u00e9ent\u00bb. Fort de ses nouveaux apprentissages et de l\u2019exp\u00e9rience accumul\u00e9e sur le terrain, le participant au CAS a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9velopper trois outils sur la base des neurosciences: un nouveau mod\u00e8le de supervision favorisant la congruence des professionnels face aux enfants accueillis, un dossier p\u00e9dagogique \u2013 bas\u00e9 sur les programmes T\u00e9Cool et Go\/noGo de Cherine Fahim &#8211; pour accompagner les jeunes dans leur d\u00e9veloppement social et psychoaffectif, ainsi qu\u2019un conte interactif baptis\u00e9 \u00abRaconte-moi une histoire!\u00bb. Ce dernier \u00abplonge les participant\u00b7e\u00b7s au c\u0153ur du cerveau et de la mythologie de l\u2019Egypte ancienne\u00bb. Inspir\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre-forum, une technique artistique visant la formation, l\u2019animation et la pr\u00e9vention autour de th\u00e8mes sensibles, cet outil permet aux enfants d\u2019aborder avec distance et recul les traumatismes et abandons v\u00e9cus. \u00abNarratif et ludique, il est capable de donner de l\u2019information sur le fonctionnement de notre cerveau en lien avec les traumatismes tout en aidant \u00e0 cheminer vers la gu\u00e9rison int\u00e9rieure.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Obligatoire pour les travailleuses et travailleurs sociaux<br \/>\n<\/strong>\u00abRaconte-moi une histoire!\u00bb est centr\u00e9 sur un grand tableau pr\u00e9sentant un plan du cerveau. \u00abLes principales fonctions c\u00e9r\u00e9brales sont symbolis\u00e9es par des dieux \u00e9gyptiens: Anubis pour les amygdales, Thot pour l\u2019hippocampe, Hathor pour l\u2019hypothalamus, Osiris pour le corps calleux et le thalamus, Ma\u00e2t pour le cortex cingulaire, Amon-R\u00e2 pour le cortex pr\u00e9frontal; quant \u00e0 Ammemet et \u00e0 l\u2019\u0153il d\u2019Horus, ils repr\u00e9sentent respectivement le traumatisme et la r\u00e9silience \u00e0 travers les liens authentiques.\u00bb Cinq enfants \u00e2g\u00e9s de 8 \u00e0 11 ans et cinq adolescent\u00b7e\u00b7s de 14 \u00e0 17 ans constituent les personnages principaux de cette histoire. Pour chacun d\u2019entre eux, l\u2019\u00e2ge, la passion, la place dans le groupe et le degr\u00e9 de bonheur ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis. \u00abEnsuite, c\u2019est au narrateur-p\u00e9dagogue de jouer: il est charg\u00e9 d\u2019inventer une histoire adapt\u00e9e, d\u2019\u00e9changer avec l&rsquo;auditeur\u00b7trice afin d\u2019\u00e9tablir des similitudes avec son propre v\u00e9cu, de faire le lien avec le fonctionnement cognitif, de proposer des exercices sp\u00e9cifiques d\u2019entra\u00eenement du cerveau et de s\u2019impliquer afin d\u2019accompagner le jeune dans son processus de r\u00e9silience.\u00bb Cet outil vise \u00e0 \u00absortir en douceur l\u2019enfant du secret, \u00e0 l\u2019\u00e9clairer sur les cons\u00e9quences c\u00e9r\u00e9brales du traumatisme et bien s\u00fbr aussi \u00e0 ouvrir la voie aux formidables capacit\u00e9s du cerveau \u00e0 gu\u00e9rir et \u00e0 s\u2019adapter\u00bb, r\u00e9sume Olivier Mottier.<\/p>\n<p>Selon lui, justement, \u00abtoute avanc\u00e9e scientifique devrait \u00eatre transform\u00e9e en outils concrets\u00bb. Le CAS de l\u2019Unifr \u00abnous force \u00e0 le faire\u00bb, se r\u00e9jouit-il. Mais le sp\u00e9cialiste va plus loin: \u00abJe trouve que cette approche bas\u00e9e sur les neurosciences devrait \u00eatre obligatoire pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs sociaux; il s\u2019agit de personnes-cl\u00e9, qui se doivent de s\u2019appuyer sur de solides connaissances du fonctionnement du cerveau.\u00bb Et de conclure: \u00abC\u2019est seulement ainsi que nous parviendrons \u00e0 arr\u00eater de d\u00e9l\u00e9guer la m\u00e9dicalisation de notre travail.\u00bb <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">_________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>Olivier Mottier sera pr\u00e9sent \u00e0\u00a0<a href=\"https:\/\/events.unifr.ch\/explora\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Explora<\/a>\u00a0 le 23.09.2023<\/li>\n<li>\u00a0<a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/formcont\/fr\/formations\/detail.html?cid=2687\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CAS<\/a> en neurosciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019Unifr<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Son intuition le lui chuchotait \u00e0 l\u2019oreille, le CAS en neurosciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019Unifr le lui a confirm\u00e9: il est possible de mettre en place des p\u00e9dagogies capables de recr\u00e9er des connexions neuronales chez des jeunes traumatis\u00e9\u00b7e\u00b7s. 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