{"id":18588,"date":"2023-07-20T14:53:30","date_gmt":"2023-07-20T13:53:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=18588"},"modified":"2023-08-23T09:30:09","modified_gmt":"2023-08-23T08:30:09","slug":"une-nouvelle-technologie-pour-capturer-le-co2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2023\/une-nouvelle-technologie-pour-capturer-le-co2","title":{"rendered":"Une nouvelle technologie pour capturer le CO2"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Alors que les efforts pour contrer le r\u00e9chauffement climatique se concentrent sur les \u00e9missions de CO2 dites n\u00e9gatives, les solutions demeurent co\u00fbteuses et peu efficientes. Incub\u00e9e \u00e0 l\u2019Unifr, la start-up SEPARATIC a d\u00e9velopp\u00e9 une technologie novatrice qui contourne ces \u00e9cueils. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/strong><\/h4>\n<div id=\"attachment_18615\" style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-scaled.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-18615\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-18615 size-large\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"680\" height=\"454\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/DSC02647-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-18615\" class=\"wp-caption-text\">Timur Ashirov, Ali \u00c7oskun et Olivier Graber<\/p><\/div>\n<p>Timur Ashirov a pass\u00e9 son enfance au Tadjikistan, dans la cit\u00e9 industrielle de Tursunzoda, qui h\u00e9berge la gigantesque aluminerie Talco. \u00abJ\u2019ai grandi dans un d\u00e9cor de fum\u00e9e s\u2019\u00e9chappant des hautes chemin\u00e9es de la fabrique\u00bb, rapporte-t-il. Tr\u00e8s t\u00f4t, il s\u2019interroge sur l\u2019impact environnemental de cette usine, qui constitue l\u2019une des principales sources de revenus du pays d\u2019Asie centrale. Quinze ans plus tard, \u00e0 pr\u00e8s de 6000 kilom\u00e8tres de sa ville natale, le voil\u00e0 \u00e0 la t\u00eate d\u2019une start-up incub\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg et active dans une technologie novatrice de capture directe du CO2 dans les sources d\u2019\u00e9missions et dans l\u2019air. \u00abActuellement, la grande majorit\u00e9 des discours vont dans le sens d\u2019une r\u00e9duction de l\u2019empreinte carbone \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale\u00bb, se r\u00e9jouit le docteur en chimie. Le probl\u00e8me? \u00abProduire du CO2 demeure extr\u00eamement bon march\u00e9.\u00bb Par ailleurs, alors que la plupart des gouvernements \u2013 Conseil f\u00e9d\u00e9ral y compris \u2013 sont d\u2019accord pour affirmer que l\u2019objectif \u00abz\u00e9ro net\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire la neutralit\u00e9 carbone d\u2019ici 2050) ne pourra pas \u00eatre atteint uniquement en limitant les \u00e9missions de CO2, il est devenu imp\u00e9ratif de passer \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure en mati\u00e8re d\u2019\u00e9missions n\u00e9gatives. C\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des actions et technologies (appel\u00e9es NET) visant \u00e0 \u00e9liminer de l\u2019atmosph\u00e8re une partie du CO2 li\u00e9 \u00e0 des activit\u00e9s humaines. \u00abMais pour cela, il faut faire drastiquement baisser le co\u00fbt des NET\u00bb, souligne Timur Ashirov. \u00abLa plupart des technologies existantes ont des frais d\u2019installation tr\u00e8s importants et\/ou requi\u00e8rent une \u00e9norme quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie pour \u00eatre fonctionnelles, ce qui ne les rend pas facilement utilisables.\u00bb Dans ce contexte, \u00abil y a un besoin criant de solutions permettant de retirer le CO2 de l\u2019air de fa\u00e7on simple, efficace et bon march\u00e9\u00bb. C\u2019est justement ce que propose SEPARATIC, la soci\u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e par le chercheur postdoc tadjik. \u00abLorsque j\u2019ai d\u00e9croch\u00e9 mon master en sciences des mat\u00e9riaux \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Bilkent d\u2019Ankara, le professeur de chimie Ali Coskun m\u2019a propos\u00e9 de venir rejoindre son laboratoire \u00e0 l\u2019Unifr.\u00bb Fort de ses recherches pr\u00e9liminaires en Turquie, Timur Ashirov a consacr\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat au d\u00e9veloppement de polym\u00e8res fonctionnels \u00e0 structure poreuse et de membranes pour des applications de s\u00e9paration et de capture gazeuse.<\/p>\n<p><strong>Modulaire et efficiente<br \/>\n<\/strong>Epaul\u00e9 par le professeur Coskun ainsi que par Vincent Racciatti et Olivier Graber, le jeune scientifique a d\u00e9velopp\u00e9 une membrane dans laquelle est incorpor\u00e9 un adsorbant. C\u2019est cette combinaison novatrice entre membrane et adsorbant qui fait la particularit\u00e9 du projet. \u00abIl s\u2019agit d\u2019une technologie relativement sophistiqu\u00e9e, qui pose pas mal de d\u00e9fis.\u00bb A l\u2019heure actuelle, l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Aarhus, au Danemark, est le seul endroit o\u00f9 nous pouvons proc\u00e9der au d\u00e9p\u00f4t de l\u2019adsorbant\u00bb, pr\u00e9cise l\u2019entrepreneur. Concr\u00e8tement, l\u2019id\u00e9e est de fixer ces membranes dans un module en s\u00e9ries et d\u2019y faire passer de l\u2019air. \u00abAlors que le CO2 est captur\u00e9 par le mat\u00e9riau adsorbant, le N2 et le O2 peuvent circuler librement.\u00bb Lorsque l\u2019adsorbant arrive \u00e0 saturation, on le fait chauffer sous vide; le CO2 est ainsi rel\u00e2ch\u00e9. Les membranes peuvent alors \u00eatre r\u00e9utilis\u00e9es. Contrairement \u00e0 d\u2019autres solutions de capture de CO2 dans l\u2019air, dont l\u2019une des plus connues est celle de la soci\u00e9t\u00e9 suisse Climeworks, le syst\u00e8me qu\u2019est en train de mettre au point SEPARATIC est mobile. Gr\u00e2ce \u00e0 son design modulaire, il peut \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 une usine existante, quelle que soit sa taille. Par ailleurs, son montage et son entretien ne n\u00e9cessitent pas de connaissances pointues. \u00abNotre processus de s\u00e9paration ne requiert pas de pressurisation et s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 200 fois plus rapide que celui de nos concurrents directs\u00bb, rapporte Timur Ashirov. Autre argument de vente majeur de la start-up: l\u2019\u00e9nergie d\u00e9pens\u00e9e durant l\u2019op\u00e9ration est dix fois inf\u00e9rieure gr\u00e2ce \u00e0 une temp\u00e9rature de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration plus basse.<\/p>\n<p><strong>De la Suisse \u00e0 Mars<\/strong><br \/>\nConvaincue du potentiel de SEPARATIC, la structure Venture Kick lui a successivement accord\u00e9 un soutien de 10&rsquo;000 francs en janvier 2023, puis de 40&rsquo;000 francs en mai 2023. La jeune pousse a \u00e9galement d\u00e9croch\u00e9 un encouragement BRIDGE (FNS et Innosuisse) \u00e0 hauteur de 183&rsquo;000 francs. Des coups de pouce bienvenus alors que la start-up, aussi prometteuse soit-elle, a encore du pain sur la planche. \u00abIl y a notamment des enjeux technologiques: \u00e9viter qu\u2019il y ait des fuites de gaz, faire en sorte que le syst\u00e8me soit r\u00e9parable et bien \u00e9videmment v\u00e9rifier que les essais effectu\u00e9s en labo s\u2019av\u00e8rent aussi concluants sur le terrain, une fois que nous aurons d\u00e9velopp\u00e9 un prototype.\u00bb Le test de ce module-pilote permettra de d\u00e9terminer la stabilit\u00e9, la dur\u00e9e de vie op\u00e9rationnelle, les co\u00fbts et la capacit\u00e9 de capture du syst\u00e8me. Timur Ashirov estime que d\u2019ici un \u00e0 trois ans, la petite entreprise devrait \u00eatre en mesure d\u2019honorer ses premi\u00e8res commandes. Ces commandes, d\u2019o\u00f9 \u00e9maneront-elles? \u00abDans un premier temps, nous visons le march\u00e9 suisse, principalement les acteurs de l\u2019\u00e9nergie &#8211; tels que Groupe E ou Alpiq \u2013 et les importants \u00e9metteurs de CO2 tels qu\u2019Holcim\u00bb, pr\u00e9cise le postdoctorant de l\u2019Unifr. Dans un second temps, la start-up ira faire de l\u2019\u0153il \u00e0 des groupes europ\u00e9ens actifs dans l\u2019acier et l\u2019\u00e9nergie. Puis viendra l\u2019ouverture au reste de la plan\u00e8te. Voire au-del\u00e0: en mai 2023, SEPARATIC a particip\u00e9 au troisi\u00e8me Mars Habitat Challenge. Organis\u00e9 par Venturelab, cet \u00e9v\u00e8nement met \u00e0 l\u2019honneur de jeunes pousses qui ont le potentiel de contribuer \u00e0 cr\u00e9er un habitat autonome sur la plan\u00e8te rouge.<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">_________<br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/span><\/p>\n<ul>\n<li>Timur Ashirov pr\u00e9sentera son prototype \u00e0 <a href=\"https:\/\/events.unifr.ch\/explora\/fr\/programme-2023\/activites\/innovation\/co2-le-grand-nettoyage.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Explora<\/a> le 23.09.2023<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/chem\/en\/department\/staff\/assistants\/people\/232682\/d21cb\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Timur Ashirov<\/a><\/li>\n<li>Photos: Christian Doninelli<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les efforts pour contrer le r\u00e9chauffement climatique se concentrent sur les \u00e9missions de CO2 dites n\u00e9gatives, les solutions demeurent co\u00fbteuses et peu efficientes. 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Quinze ans plus<\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":18613,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85,80,75],"tags":[207,118,724,1101,916],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18588"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18588"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18588\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18755,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18588\/revisions\/18755"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18613"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18588"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18588"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18588"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}