{"id":18322,"date":"2023-06-07T10:39:09","date_gmt":"2023-06-07T09:39:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=18322"},"modified":"2023-06-15T07:17:42","modified_gmt":"2023-06-15T06:17:42","slug":"comprendre-ce-monde-qui-est-aussi-numerique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2023\/comprendre-ce-monde-qui-est-aussi-numerique","title":{"rendered":"\u00abComprendre ce monde, qui est aussi num\u00e9rique\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Etudiante, Anna Jobin avait opt\u00e9 pour une combinaison entre sociologie, \u00e9conomie et informatique. Un choix qu\u2019elle a longtemps d\u00fb justifier et qui en fait aujourd\u2019hui une experte recherch\u00e9e. D\u00e8s la rentr\u00e9e, elle coordonnera le nouveau master Digital Society.<\/strong> <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/h4>\n<p>\u00abMon choix \u00e9tait na\u00eff. Je n\u2019ai pas eu une ambition visionnaire, j\u2019ai juste opt\u00e9 pour les branches qui m\u2019int\u00e9ressaient.\u00bb Quand elle a commenc\u00e9 l\u2019universit\u00e9, en 2003, Anna Jobin a choisi Fribourg pour son bilinguisme et aussi parce que son programme des Sciences de la soci\u00e9t\u00e9 permettait de combiner les disciplines de fa\u00e7on tr\u00e8s libre. Elle compl\u00e8te donc la sociologie, sa branche principale, avec de l\u2019\u00e9conomie politique et de l\u2019informatique. \u00abJ\u2019ai quand m\u00eame d\u00fb demander des d\u00e9rogations \u00e0 deux facult\u00e9s pour inclure l\u2019informatique\u00bb, rigole la docteure en Sciences sociales, de retour \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg depuis quelques mois. Charg\u00e9e de cours et lectrice, elle y assurera notamment la coordination d\u2019un nouveau master intitul\u00e9 Digital Society qui se penchera sur les bouleversements actuels caus\u00e9 par les technologies num\u00e9riques (lire aussi encadr\u00e9 ci-dessous). \u00abJ\u2019ai l\u2019impression de boucler une boucle!\u00bb Au fil de son parcours, Anna Jobin a souvent d\u00fb justifier son int\u00e9r\u00eat combin\u00e9 pour les aspects technologiques et sociologiques. \u00abIl y a dix ans encore, on consid\u00e9rait la num\u00e9risation comme une question essentiellement technologique. Aujourd\u2019hui, on est davantage conscient des implications de ces aspects dans notre quotidien et des questions sociales et soci\u00e9tales que cela pose.\u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019exp\u00e9rience de l\u2019entrepreneuriat<br \/>\n<\/strong>Avant m\u00eame d\u2019avoir termin\u00e9 son master, la jeune femme avait lanc\u00e9 sa propre entreprise de conseil en strat\u00e9gie num\u00e9rique pour les PME et les ind\u00e9pendants. Une activit\u00e9 qu\u2019elle poursuit quelques ann\u00e9es tout en devenant maman. \u00abLes questions et les probl\u00e8mes de mes client\u00b7e\u00b7s me servent encore \u00e0 appr\u00e9hender les interactions entre les n\u00e9ophytes et les nouveaux outils et les nouvelles offres num\u00e9riques \u00e0 leur disposition\u00bb, rel\u00e8ve la chercheuse. A 29 ans, elle revient sur la voie acad\u00e9mique par \u00abbesoin d\u2019approfondir sa compr\u00e9hension par la recherche\u00bb. L\u2019EPFL venait de lancer sa chair Humanit\u00e9s digitales. Anna Jobin y fait un stage de chercheuse. Elle entame ensuite une th\u00e8se sur les interactions entre les algorithmes et leurs utilisateur\u00b7trice\u00b7s, aupr\u00e8s de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. \u00abMais je n\u2019y ai jamais travaill\u00e9 en tant qu\u2019assistante-doctorante. Mon parcours a \u00e9t\u00e9 atypique, constitu\u00e9 d\u2019un patchwork d\u2019emplois et de mandats d\u00e9j\u00e0 avant le doctorat.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Am\u00e9ricains en avance<br \/>\n<\/strong>Assistante scientifique \u00e0 l\u2019EPFL, dans un premier temps, elle rejoint ensuite \u2014 et en famille \u2014 les Etats-Unis, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Cornell, dans l\u2019\u00e9tat de New York. Boursi\u00e8re du Fonds National suisse de la Recherche scientifique, elle y int\u00e8gre le d\u00e9partement de STS (Science and technology studies). \u00abLa recherche aux US \u00e9tait tr\u00e8s avanc\u00e9e dans le domaine STS. C\u2019\u00e9tait l\u2019occasion d\u2019\u00eatre en contact direct avec les expert e s les plus impliqu\u00e9\u00b7e\u00b7s.\u00bb Elle prolonge son s\u00e9jour d\u2019un an, aupr\u00e8s de l\u2019Universit\u00e9 de Tufts, \u00e0 Boston. \u00abOn m\u2019a alors propos\u00e9 un poste de chercheuse \u00e0 l\u2019EPFZ. Je ne pouvais pas refuser.\u00bb A son retour, la famille, qui s\u2019est agrandie d\u2019un troisi\u00e8me enfant, s\u2019installe \u00e0 Berne. Anna Jobin en profite pour d\u00e9fendre sa th\u00e8se, \u00e0 Lausanne, en 2019. Deux ans plus tard, au terme de son contrat, elle postule pour un nouveau mandat dans la recherche, au HIIG \u00e0 Berlin. \u00abAvec la pand\u00e9mie, j\u2019ai choisi de garder mon domicile \u00e0 Berne. On a beaucoup travaill\u00e9 \u00e0 distance, mais cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la coh\u00e9sion de l\u2019\u00e9quipe.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Interfacultaire et interdisciplinaire<br \/>\n<\/strong>En parall\u00e8le, la jeune femme r\u00e9pond positivement \u00e0 plusieurs propositions de charges de cours. \u00abLe projet au HIIG sur la constitution de l\u2019Intelligence Artificielle \u00e9tait passionnant, mais l\u2019enseignement me manquait.\u00bb Son CDD \u00e0 Berlin s\u2019approchant de son terme, elle a r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019annonce pour un poste \u00e0 Fribourg, incluant la coordination d\u2019un nouveau master. \u00abJe me sens vraiment bien ici parce que ce poste est li\u00e9 \u00e0 l\u2019institut Human-IST (Human Centered Interaction Science and Technology). Un institut interfacultaire et interdisciplinaire. C\u2019est pour moi la meilleure approche possible si on veut comprendre globalement ce monde, qui est aussi num\u00e9rique.\u00bb Comment la chercheuse per\u00e7oit-elle les d\u00e9bats actuels autour de l\u2019Intelligence Artificielle? \u00abComme disait Melvin Kranzberg, un historien des technologies, il y a bient\u00f4t 40 ans: la technologie n\u2019est ni bonne ni mauvaise, mais elle n\u2019est pas neutre non plus, note Anna Jobin. Les questions sont alors: comment l\u2019utilise-t-on? Comment la contr\u00f4le-t-on? Quelle utilisation va-t-on en faire? Je trouve normal que des discussions existent autour des syst\u00e8mes algorithmiques, surtout celles qu\u2019on nomme aujourd\u2019hui Intelligence Artificielle.\u00bb Alors qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es, les questions techniques cristallisaient les \u00e9changes, le d\u00e9bat s\u2019est ouvert aux incidences sur les utilisateur\u00b7trice\u00b7s et plus largement sur la soci\u00e9t\u00e9. \u00abLongtemps, on h\u00e9sitait \u00e0 aborder ces th\u00e9matiques avec des sp\u00e9cialistes des sciences sociales, alors qu\u2019on avait moins de scrupules \u00e0 demander leur avis sur des questions soci\u00e9tales \u00e0 des expert\u00b7e\u00b7s en technologie. J\u2019appr\u00e9cie qu\u2019on m\u2019ait toujours laiss\u00e9e participer au d\u00e9bat!\u00bb<\/p>\n<p><strong>Politique et gouvernance<br \/>\n<\/strong>La quadrag\u00e9naire est d\u2019ailleurs r\u00e9guli\u00e8rement sollicit\u00e9e et appartient \u00e0 plusieurs groupes de travail au niveau national. Depuis octobre 2021, elle pr\u00e9side \u00e9galement la Commission f\u00e9d\u00e9rale des m\u00e9dias. \u00abDans ce domaine, les d\u00e9fis li\u00e9s au num\u00e9rique sont tr\u00e8s concrets, souligne Anna Jobin. Et ils m\u00e9ritent une attention particuli\u00e8re compte tenu du r\u00f4le des m\u00e9dias dans le fonctionnement d\u00e9mocratique.\u00bb Mais qu\u2019on s\u2019adresse \u00e0 des expert\u00b7e\u00b7s issus de la technologie ou \u00e0 des sp\u00e9cialistes des sciences sociales, leurs conclusions sont assez similaires: \u00abCes questions doivent trouver des r\u00e9ponses d\u2019ordre politique ou de gouvernance, souligne la sp\u00e9cialiste. Souvent, le num\u00e9rique met \u00e0 nu des probl\u00e8mes pr\u00e9existants, parfois en les amplifiant par l\u2019automatisation. On parle de gouvernance plut\u00f4t que de r\u00e9glementation afin d\u2019inclure tous les aspects formels et informels li\u00e9s aux normes, aux valeurs et aux pratiques num\u00e9riques.\u00bb Pour la chercheuse, une prise de conscience a bien eu lieu, m\u00eame si les r\u00e9ponses ne sont pas encore adapt\u00e9es. \u00abMieux vaut essayer que de continuer \u00e0 laisser faire.\u00bb<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div style=\"background-color: orange; font-size: 100%; padding: 1em;\">\n<p><strong>Cr\u00e9er des ponts entre les disciplines<\/strong><\/p>\n<p>Le nouveau master Digital Society propos\u00e9 par l\u2019Unifr est ax\u00e9 sur les dimensions et les cons\u00e9quences sociales des technologies num\u00e9riques dans les soci\u00e9t\u00e9s actuelles. \u00abOn va chercher \u00e0 cr\u00e9er des ponts entre les disciplines, en int\u00e9grant la sociologie, l\u2019anthropologie, l\u2019\u00e9conomie, la communication, le design, l\u2019histoire contemporaine et l\u2019informatique\u00bb, d\u00e9taille sa coordinatrice Anna Jobin.<\/p>\n<p>Pour comprendre les enjeux, conna\u00eetre l\u2019histoire des d\u00e9veloppements technologiques ne suffit pas. Les influences politiques et sociales sont \u00e9galement importantes. \u00abComment penser et \u00e9tudier les technologies num\u00e9riques, les pratiques en ligne, la gouvernance dans un monde connect\u00e9? Qu\u2019est-ce qui se d\u00e9veloppe et pourquoi? Comment les ressources sont-elles distribu\u00e9es? Qui d\u00e9cide et comment les d\u00e9cisions sont-elles prises (au sujet des innovations et de leurs applications)? Quels types de pouvoir sont mis en jeu? Voil\u00e0 quelques-unes des questions qui nous int\u00e9ressent\u00bb, \u00e9num\u00e8re la docteure en sciences sociales.<\/p>\n<p>Pour son lancement, \u00e0 la rentr\u00e9e 2023, le cursus est propos\u00e9 comme un programme d\u2019\u00e9tudes secondaires master. En vue de l\u2019\u00e9volution des enjeux et des questionnements, il pourrait prendre de l\u2019importance dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"font-size: 100%;\"><div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/human-ist.unifr.ch\/en\/studies\/master\/digital-society-ma-minor-programme\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Master Digital Society<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Etudiante, Anna Jobin avait opt\u00e9 pour une combinaison entre sociologie, \u00e9conomie et informatique. Un choix qu\u2019elle a longtemps d\u00fb justifier et qui en fait aujourd\u2019hui une experte recherch\u00e9e. 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