{"id":16264,"date":"2022-08-22T07:35:03","date_gmt":"2022-08-22T06:35:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=16264"},"modified":"2022-08-23T08:52:03","modified_gmt":"2022-08-23T07:52:03","slug":"a-quand-des-tomates-dans-le-desert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2022\/a-quand-des-tomates-dans-le-desert","title":{"rendered":"A quand des tomates dans le d\u00e9sert?"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire provoqu\u00e9e par le r\u00e9chauffement climatique, il est urgent de rendre les cultures plus r\u00e9sistantes aux \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames. C\u2019est la mission que s\u2019est fix\u00e9e le groupe de recherche d\u2019Ora Hazak, biologiste mol\u00e9culaire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div><\/strong><\/h4>\n<p>Le dernier rapport des experts du GIEC est aussi formel qu\u2019alarmant: la capacit\u00e9 d\u2019adaptation de la nature au r\u00e9chauffement climatique est de plus en plus d\u00e9pass\u00e9e. Dans de nombreux endroits de la plan\u00e8te, notamment dans la Corne de l\u2019Afrique, l\u2019aridit\u00e9 accrue provoque d\u00e9j\u00e0 de graves crises alimentaires. Pour faire face \u00e0 cette menace, l\u2019\u00e9quipe de la biologiste Ora Hazak recherche les g\u00e8nes qui, chez certaines plantes, pourraient contribuer \u00e0 les rendre plus r\u00e9sistantes \u00e0 des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse plus fr\u00e9quentes et s\u00e9v\u00e8res. \u00abC\u2019est notre r\u00eave, avoue sans fard la chercheuse, face \u00e0 l\u2019urgence, il convient de comprendre comment les plantes parviennent, au niveau g\u00e9n\u00e9tique, \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 un stress hydrique prolong\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Traiter le probl\u00e8me par la racine<br \/>\n<\/strong>Ora Hazak a choisi pour organismes mod\u00e8les <em>Solanum lycopersicum<\/em>, autrement dit la tomate, et <em>Arabidopsis thaliana<\/em>, une plante mod\u00e8le de laboratoire. Avec son \u00e9quipe, elle s\u2019int\u00e9resse en particulier aux m\u00e9canismes mol\u00e9culaires qui gouvernent la croissance et l\u2019adaptation de leurs racines. Logique, en somme, puisque c\u2019est cette partie de la plante qui a pour fonction de capter l\u2019eau et les min\u00e9raux indispensables \u00e0 sa croissance. Or, en cas de s\u00e9cheresse ou lorsque le taux de salinit\u00e9 s\u2019av\u00e8re trop \u00e9lev\u00e9, ce transport des substances vitales depuis les parties souterraines de la plante vers ses parties a\u00e9riennes est entrav\u00e9. Pour y rem\u00e9dier, Ora Hazak et son \u00e9quipe souhaitent rendre la plante plus r\u00e9siliente en agissant sur une famille de g\u00e8nes impliqu\u00e9s dans le d\u00e9veloppement des tissus vasculaires qui transportent la s\u00e8ve dans les racines. La premi\u00e8re \u00e9tape, et non des moindres, est d\u2019identifier ces derniers.<\/p>\n<p><strong>Une myriade de nouveaux g\u00e8nes<br \/>\n<\/strong>Alors que 32 de ces g\u00e8nes avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s chez <em>Arabidopsis thaliana<\/em>, il fallait encore d\u00e9couvrir ceux de la tomate, chez qui ces g\u00e8nes restaient relativement m\u00e9connus malgr\u00e9 son importance pour le mara\u00eechage. \u00abEn raison de leur petite taille, nous ne connaissions qu\u2019une poign\u00e9e de ces g\u00e8nes, explique Samy Carbonnel, post-doctorant dans l\u2019\u00e9quipe d\u2019Ora Hazak, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 un travail minutieux et des analyses bioinformatiques pouss\u00e9es, en collaboration avec le bioinformaticien Laurent Falquet, que nous avons pu identifier 37 nouveaux g\u00e8nes, dits CLE, dans le g\u00e9nome de la tomate\u00bb. Gr\u00e2ce \u00e0 des bases de donn\u00e9es partag\u00e9es, l\u2019\u00e9quipe de biologistes a ensuite pu identifier les tissus o\u00f9 ces g\u00e8nes sont actifs. <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/mWCFTVPhIqM\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><br \/>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>Un int\u00e9r\u00eat international<br \/>\n<\/strong>A l\u2019avenir, la m\u00e9thode d\u00e9velopp\u00e9e par S. Carbonnel et L. Falquet pourra \u00eatre utilis\u00e9e pour identifier d\u2019autres g\u00e8nes essentiels au d\u00e9veloppement de nombreuses plantes alimentaires. Elle suscite d\u00e9j\u00e0 un vif int\u00e9r\u00eat de la communaut\u00e9 scientifique. \u00abAussit\u00f4t nos r\u00e9sultats rendus publics, nous avons re\u00e7u de nombreuses demandes pour conna\u00eetre la liste des g\u00e8nes et leur emplacement exact dans le g\u00e9nome\u00bb, se r\u00e9jouit Ora Hazak.<br \/>\nLa prochaine \u00e9tape consiste \u00e0 d\u00e9terminer le r\u00f4le pr\u00e9cis de ces g\u00e8nes dans le fonctionnement des racines de tomate. \u00abNous voyons par exemple un g\u00e8ne dont l\u2019expression augmente fortement en conditions de s\u00e9cheresse. Nous voulons maintenant conna\u00eetre la fonction de ce g\u00e8ne, est ce qu\u2019il permet une meilleure r\u00e9sistance de la plante \u00e0 l&rsquo;aridit\u00e9?\u00bb se demandent les biologistes. Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, la m\u00e9thode est aussi \u00absimple\u00bb que laborieuse: il suffit de d\u00e9sactiver un g\u00e8ne apr\u00e8s l\u2019autre et d\u2019observer l\u2019effet sur le ph\u00e9notype de la plante ou, en d\u2019autres termes, l\u2019impact de cette manipulation sur son fonctionnement. Mais \u00abcela prend \u00e9norm\u00e9ment de temps, environ un an et demi, soupire Ora Hazak, car il faut faire germer les graines, s\u00e9lectionner les bonnes cellules pour produire un \u00abcal\u00bb. A partir de ce cal, un petit amas de cellules, on cr\u00e9e de nouveaux plants que l&rsquo;on peut ensuite faire pousser dans diff\u00e9rentes conditions pour mimer un stress hydrique ou osmotique\u00bb.<br \/>\nA l\u2019instar des agriculteurs, les chercheurs doivent laisser le temps au temps. L\u2019\u00e9quipe de biologistes de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg a cependant d\u00e9j\u00e0 pu d\u00e9montrer l\u2019importance que rev\u00eatent certains g\u00e8nes CLE dans le d\u00e9veloppement des plantes, notamment en cas de stress hydrique. \u00abIl est donc possible que dans le futur nous puissions utiliser ces r\u00e9sultats pour d\u00e9velopper des plantes modifi\u00e9es capables de mieux r\u00e9sister \u00e0 des \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse intense\u00bb, conclut S. Carbonnel.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div style=\"background-color: orange; font-size: 100%; padding: 1em;\">\n<p><strong> Production de plants de tomates transg\u00e9nique : mode d\u2019emploi <div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<\/strong>Pour la production des plants de tomates transg\u00e9niques, des cellules sont pr\u00e9lev\u00e9es sur les cotyl\u00e9dons (les premi\u00e8res feuilles qui apparaissent apr\u00e8s la germination), puis transform\u00e9es par co-culture avec des bact\u00e9ries transportant les g\u00e8nes voulus. Ensuite un cal se forme, \u00e0 partir duquel de nouveaux plants sont r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2.png\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-16307 size-large aligncenter\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2-1024x788.png\" alt=\"\" width=\"680\" height=\"523\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2-1024x788.png 1024w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2-300x231.png 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2-768x591.png 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2-1536x1181.png 1536w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/illustration-CLE_nf_v2.png 1676w\" sizes=\"(max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<\/div>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">________<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/bio\/en\/groups\/hazak-group\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hazak Group<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire provoqu\u00e9e par le r\u00e9chauffement climatique, il est urgent de rendre les cultures plus r\u00e9sistantes aux \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames. 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