{"id":15839,"date":"2022-05-25T16:05:51","date_gmt":"2022-05-25T15:05:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=15839"},"modified":"2022-05-25T16:05:51","modified_gmt":"2022-05-25T15:05:51","slug":"guerre-en-ukraine-lettres-de-la-bas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2022\/guerre-en-ukraine-lettres-de-la-bas","title":{"rendered":"Guerre en Ukraine \u2013 Lettres de l\u00e0-bas"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Lors de conflits arm\u00e9s, on entend haut et fort les voix politiques et on parle beaucoup des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, mais qui \u00e9coute celles et ceux qui restent? Une exposition, visible du 20 mai au 3 juin dans nos b\u00e2timents du Boulevard de P\u00e9rolles 90, donne \u00e0 lire et \u00e0 comprendre le quotidien des Ukrainien\u00b7ne\u00b7s au c\u0153ur de la guerre. Nataliya Borys, doctorante au Global Studies Institute de l&rsquo;Unige, propose cette exposition en collaboration avec le D\u00e9partement d&rsquo;histoire contemporaine de l&rsquo;Unifr. Elle nous explique cette d\u00e9marche.<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Natalyia_web.webp\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-15846 alignleft\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Natalyia_web.webp\" alt=\"\" width=\"162\" height=\"243\" \/><\/a>Nataliya Borys, en quelques mots: quelle est la th\u00e9matique de cette exposition?<br \/>\n<\/strong>L&rsquo;exposition nous entraine \u00e0 la d\u00e9couverte de t\u00e9moignages de guerre au travers de lettres \u00e9crites principalement par des Ukrainiennes. Elles ont pour sujet la guerre, leurs sentiments, leurs espoirs et leurs secrets. Au d\u00e9but du conflit, nombre de ces personnes ont senti la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire pour comprendre la guerre et exprimer leurs \u00e9motions: elles ont alors commenc\u00e9 \u00e0 tenir un journal, \u00e0 \u00e9crire sur les r\u00e9seaux sociaux et \u00e0 leurs ami\u00b7e\u00b7s pour partager leur effroi et leurs attentes. J&rsquo;ai moi-m\u00eame \u00e9t\u00e9 submerg\u00e9e par les lettres de mes amis. Ces lettres sont touchantes: parfois tristes, parfois joyeuses. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est n\u00e9 ce projet: donner l&rsquo;opportunit\u00e9 aux Ukrainien\u00b7ne\u00b7s d&rsquo;exprimer leurs pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019avez-vous voulu montrer?<br \/>\n<\/strong>La plupart des articles et conf\u00e9rences sur l&rsquo;Ukraine se concentrent sur les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et les dirigeant\u00b7e\u00b7s politiques. Un pr\u00e9sident a dit ceci, un autre cela. Ce que pense Poutine, ce que dit Zelensky. L&rsquo;id\u00e9e de cette exposition est de d\u00e9placer le focus du discours politique vers les Ukrainien\u00b7ne\u00b7s ordinaires, pour montrer ce qu\u2019elles et ils ressentent \u00e0 propos de la guerre. Celle-ci est survenue de fa\u00e7on brutale, personne n&rsquo;\u00e9tait pr\u00eat\u00b7e psychologiquement. Soudaine et \u00ababsurde\u00bb, comme la d\u00e9finissent les auteur\u00b7e\u00b7s de ces lettres, elle a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme injuste et irrationnelle. Nous avons voulu faire passer ces \u00e9motions et r\u00e9flexions, telles qu&rsquo;elles sont, sans filtre et sans tri.<\/p>\n<p>Concernant la publication de certaines lettres au contenu plus d\u00e9licat,\u00a0 j&rsquo;ai demand\u00e9 conseil \u00e0 l&rsquo;un de mes co-organisateurs. Celui-ci m&rsquo;a r\u00e9pondu de mani\u00e8re tr\u00e8s juste: \u00abM\u00eame si je ne suis pas d\u2019accord avec certain\u00b7e\u00b7s auteur\u00b7e\u00b7s, nous ne sommes pas l\u00e0 pour faire du politiquement correct. Nous sommes en Suisse ici, en s\u00e9curit\u00e9. Je pense nous n\u2019avons pas le droit de faire le tri. Les Ukrainien\u00b7ne\u00b7s ressentent la guerre comme \u00e7a, on peut les comprendre et nous devons leur donner cette opportunit\u00e9 de s\u2019exprimer. On pourra analyser ces lettres plus tard. L\u00e0, imm\u00e9diatement, la meilleure chose \u00e0 faire est de publier les lettres de gens qui sont l\u00e0-bas.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Comment ces lettres sont-elles \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9es?<br \/>\n<\/strong>La s\u00e9lection des lettres n\u2019\u00e9tait pas une t\u00e2che ais\u00e9e tant elles \u00e9taient nombreuses, touchantes, pleines d\u2019esp\u00e9rance et d\u2019accablement. On a parfois pleur\u00e9 en les lisant. Certaines restaient optimistes, malgr\u00e9 les tristes nouvelles. De toute \u00e9vidence, les femmes \u00e9crivaient des lettres beaucoup plus touchantes et sinc\u00e8res, tandis que les hommes restaient et restent silencieux. On se pose la question: pourquoi les hommes n&rsquo;\u00e9crivent pas de lettres? N&rsquo;ont-ils pas le temps? Ont-ils du mal \u00e0 s\u2019exprimer? Au final, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de ne pas faire de s\u00e9lection, m\u00eame si certaines lettres \u00e9taient \u00abpolitiquement incorrectes\u00bb. Donc, nous les avons publi\u00e9es telles qu\u2019elles sont, non censur\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Qui a particip\u00e9 au projet?<br \/>\n<\/strong>J&rsquo;en suis \u00e0 l\u2019origine. L\u2019exposition a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, puis gr\u00e2ce au soutien de D\u00e9partement d\u2019histoire de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, notamment \u00e0 Claude Hauser, professeur d&rsquo;histoire contemporaine, qui croyait \u00e0 ce projet. De surcro\u00eet, Antonina Skidanova, historienne ukrainienne, a aussi \u00e9t\u00e9 accueillie \u00e0 l&rsquo;Unifr en tant que la boursi\u00e8re Scholar at Risk, le programme qui permet aux chercheuses et chercheurs de continuer leur recherche, interrompue par la guerre.\u00a0 Antonina a aussi \u00e9crit une lettre, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle est d&rsquo;ailleurs n\u00e9e l\u2019id\u00e9e de la faire venir en Suisse. En concertation avec le Professeur Jean-Fran\u00e7ois Fayet, j&rsquo;ai d\u00e9pos\u00e9 un dossier qui a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9. Il n\u2019\u00e9tait pas \u00e9vident pour Antonina de venir en Suisse: sous les bombes, fuyant sa ville d\u2019origine Kharkiv et prise de panique, elle a laiss\u00e9 ses papiers d\u2019identit\u00e9 dans son appartement. \u00abComment va-t-on faire?\u00bb s&rsquo;est-t-elle demand\u00e9. Courageuse, elle est retourn\u00e9e en ville, profitant d&rsquo;une accalmie entre deux bombardements, et a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 ses papiers, y compris son passeport. Elle est arriv\u00e9e sonn\u00e9e \u00e0 Fribourg.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">_____<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>L&rsquo;exposition \u00abLettres d&rsquo;Ukraine\u00bb est en acc\u00e8s libre \u00e9galement pour le grand public, du 20 mai au 3 juin 2022 au rez-de-chauss\u00e9e du <a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/map\/fr\/plans\/perolles.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Boulevard de P\u00e9rolles 90 (PER 21)<\/a>.<\/li>\n<li>Rencontre et \u00e9change autour de l&rsquo;exposition, jeudi 2 juin de 12h00 \u00e0 17h00<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/hist\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00e9partement d&rsquo;histoire<\/a> de l&rsquo;Unifr<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de conflits arm\u00e9s, on entend haut et fort les voix politiques et on parle beaucoup des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, mais qui \u00e9coute celles et ceux qui restent? 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