{"id":14895,"date":"2021-11-30T13:56:08","date_gmt":"2021-11-30T12:56:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=14895"},"modified":"2021-11-30T14:03:30","modified_gmt":"2021-11-30T13:03:30","slug":"tendre-vers-une-societe-inclusive-peut-reduire-les-problemes-de-sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2021\/tendre-vers-une-societe-inclusive-peut-reduire-les-problemes-de-sante","title":{"rendered":"\u00abTendre vers une soci\u00e9t\u00e9 inclusive peut r\u00e9duire les probl\u00e8mes de sant\u00e9\u00bb"},"content":{"rendered":"<h4><strong>La pand\u00e9mie de covid-19 en est une triste illustration: m\u00eame dans un pays comme la Suisse, le niveau socio-\u00e9conomique a un impact sur la sant\u00e9 des individus. Le sociologue de la m\u00e9decine et \u00e9pid\u00e9miologiste St\u00e9phane Cullati invite \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la lutte contre les in\u00e9quit\u00e9s.<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>La Loi f\u00e9d\u00e9rale sur l\u2019assurance maladie (LAMal) est entr\u00e9e en vigueur il y a un quart de si\u00e8cle, rendant obligatoire l\u2019assurance de base en cas de maladie ou d\u2019accident; depuis, la Suisse est-elle devenue un eldorado de l\u2019\u00e9quit\u00e9 en mati\u00e8re de sant\u00e9?<\/strong><br \/>\nOn pourrait le penser, d\u2019autant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pays \u00e0 hauts revenus, o\u00f9 le syst\u00e8me de sant\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme performant. Et pourtant, la LAMal n\u2019emp\u00eache pas de nombreuses in\u00e9quit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9. Certes, le c\u00f4t\u00e9 \u00abm\u00eame panier de soins pour toute la population\u00bb est une bonne chose. Mais d\u00e8s que vous quittez ce panier commun, les in\u00e9galit\u00e9s apparaissent.<\/p>\n<p><strong>De quels types d\u2019in\u00e9quit\u00e9s parle-t-on?<\/strong><br \/>\nUn de mes coll\u00e8gues a, par exemple, constat\u00e9 au cours de ses recherches qu\u2019il n\u2019est pas rare que des habitant\u00b7e\u00b7s de notre pays renoncent \u00e0 certains types de soins en raison de leur co\u00fbt. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne concerne principalement les soins dentaires, les lunettes et les check-up de sant\u00e9. Une autre in\u00e9galit\u00e9s est \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 des primes, qui sont les m\u00eames quel que soit le revenu. Certes, il existe des subventions; mais, l\u00e0 non plus, on ne peut pas parler d\u2019\u00e9quit\u00e9, car elles varient d\u2019un canton \u00e0 l\u2019autre. Il faut bien \u00eatre conscient\u00b7e\u00b7s que les in\u00e9quit\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 la LAMal sont d\u2019ordre politique, puisque nous avons fait le choix de ne pas nous doter d\u2019une caisse publique.<\/p>\n<p><strong>Lorsque l\u2019on parle d\u2019\u00e9quit\u00e9 en mati\u00e8re de sant\u00e9 (<em>health equity<\/em> en anglais), cette question du revenu \u2013 et, plus largement, du niveau socio-\u00e9conomique \u2013 est de plus en plus prise en compte. Au point de rel\u00e9guer au second plan la question de l\u2019acc\u00e8s aux soins?<br \/>\n<\/strong>Comme le montre l\u2019exemple des Etats-Unis, investir massivement dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 ne conduit pas \u00e0 une meilleure sant\u00e9 pour tous. Ce sont avant tout les in\u00e9galit\u00e9s en amont de la maladie qui comptent.<\/p>\n<p>On en vient donc \u00e0 ces fameux \u00abd\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9\u00bb (DSS), qui prennent une place grandissante dans la recherche depuis une petite vingtaine d\u2019ann\u00e9es, y compris en Suisse.<\/p>\n<p>En effet. Pour ne citer qu\u2019elles, les \u00e9tudes men\u00e9es depuis dix ans par le P\u00f4le de recherche national LIVES mettent en \u00e9vidence le poids des DSS. Elles soulignent \u00e0 quel point les moyens investis dans l\u2019organisation de la sant\u00e9, ainsi que dans la redistribution des ressources sociales et \u00e9conomiques, peuvent promouvoir la sant\u00e9 des membres d\u2019une soci\u00e9t\u00e9. Plus globalement, ce que constatent les chercheuses et les chercheurs, c\u2019est qu\u2019il existe toute une s\u00e9rie de facteurs qui ne rel\u00e8vent pas de la biologie \u2013 mais des conditions de vie sociale \u2013 qui viennent influencer notre sant\u00e9.<\/p>\n<p><strong>De ces facteurs, quels sont les mieux \u00e9tudi\u00e9s?<br \/>\n<\/strong>Sans surprise, le niveau socio-\u00e9conomique est l\u2019un d\u2019entre eux, notamment parce qu\u2019il existe des \u00e9tudes historiques \u00e0 ce sujet. Des recherches conduites au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle aux Etats-Unis montraient d\u00e9j\u00e0 la diff\u00e9rence de mortalit\u00e9 entre les cols blancs et les professions manuelles. Apr\u00e8s la deuxi\u00e8me Guerre Mondiale, le Royaume-Uni a fait office de pionnier en monitorant de fa\u00e7on syst\u00e9matique \u2013 et sur la dur\u00e9e \u2013 des cohortes d\u2019enfants. En a d\u00e9coul\u00e9, en 1980, le \u00abBlack Report\u00bb, un rapport tr\u00e8s sombre montrant notamment des diff\u00e9rences marqu\u00e9es d\u2019esp\u00e9rance de vie en fonction du revenu, de l\u2019\u00e9ducation, des conditions de travail ou encore de l\u2019alimentation. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne semble intemporel et universel: les gens issus de classes moins favoris\u00e9es sont en moins bonne sant\u00e9, et ceci dans la plupart des pays du monde. Ils sont notamment davantage touch\u00e9s par les maladies chroniques et mentales, ainsi qu\u2019au niveau de leur sant\u00e9 fonctionnelle.<\/p>\n<p><strong>Malheureusement, la Suisse n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette r\u00e8gle\u2026<br \/>\n<\/strong>Non. J\u2019ai, par exemple, men\u00e9 une \u00e9tude portant sur les ann\u00e9es 1990 \u00e0 2015. En terre helv\u00e9tique, comme dans la plupart des pays \u00e0 hauts revenus, l\u2019esp\u00e9rance de vie a globalement augment\u00e9 durant cette p\u00e9riode. Mais cette hausse est moins importante parmi la population qui a un niveau d\u2019\u00e9ducation plus bas. Dans certains cas, il y a m\u00eame une stagnation.<\/p>\n<p><strong>En tenant davantage compte des DSS, notamment du niveau socio-\u00e9conomique, pourrait-on r\u00e9ellement am\u00e9liorer l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de la population?<br \/>\n<\/strong>Je connais l\u2019exemple d\u2019un patient qui vivait dans un quartier plut\u00f4t d\u00e9favoris\u00e9 de Gen\u00e8ve. Son m\u00e9decin l\u2019a convaincu de d\u00e9m\u00e9nager et sa sant\u00e9 s\u2019est nettement am\u00e9lior\u00e9e. Notamment parce qu\u2019il s\u2019est retrouv\u00e9 dans un environnement plus propice au bien-\u00eatre et \u00e0 une meilleure hygi\u00e8ne de vie. Reste que de nombreuses \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu\u2019une partie de notre \u00e9tat de sant\u00e9 est influenc\u00e9 par notre enfance. Concr\u00e8tement, on constate que les personnes n\u00e9es dans une famille \u00abpauvre\u00bb sont en moins bonne sant\u00e9 que les autres selon divers types d\u2019indicateurs (masse musculaire, fonction pulmonaire, maladies chroniques, facult\u00e9s cognitives, sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs, autonomie fonctionnelle). Et ce m\u00eame si elles ont r\u00e9ussi \u00e0 augmenter leur niveau social \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Cette question des parcours de vie m\u2019int\u00e9resse beaucoup.<\/p>\n<p><strong>Il y aurait donc une esp\u00e8ce de fatalit\u00e9 sanitaire li\u00e9e au d\u00e9but du parcours de vie?<br \/>\n<\/strong>Disons qu\u2019il semble que quelque chose s\u2019imprime tr\u00e8s t\u00f4t et perdure. Un concept int\u00e9ressant est celui des r\u00e9serves, \u00e0 savoir une forme sp\u00e9cifique de ressources (physiques, psychologiques, sociales, \u00e9conomiques) qu\u2019un individu peut mobiliser pour faire face \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement stressant, notamment une maladie. Ces r\u00e9serves l\u2019aident \u00e0 mieux encaisser les chocs. Or, il est av\u00e9r\u00e9 qu\u2019elles se constituent principalement durant l\u2019enfance, la jeunesse et le d\u00e9but de la vie adulte. Un mauvais d\u00e9part peut donc avoir des cons\u00e9quences \u00e0 tr\u00e8s long terme. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de prot\u00e9ger le d\u00e9veloppement des enfants et de leur donner les ressources qui leur seront n\u00e9cessaires pour se maintenir en bonne sant\u00e9 tout au long de la vie.<\/p>\n<p><strong>Ensuite, est-il trop tard pour agir?<\/strong><br \/>\nHeureusement, il n\u2019est jamais trop tard pour s\u2019en sortir! Mais pour cela, il faut \u00eatre en mesure d\u2019avoir de bonnes conditions de vie, d\u2019exercer un travail \u00e9panouissant, etc. Et c\u2019est l\u00e0 que vient s\u2019ajouter une deuxi\u00e8me in\u00e9galit\u00e9, de genre cette fois-ci. Des recherches ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur des personnes ayant grandi et men\u00e9 une vie active au XXe si\u00e8cle. Elles ont mis le doigt sur le fait que les femmes ont syst\u00e9matiquement plus de peine que les hommes \u00e0 rattraper ce \u00abretard\u00bb pris au d\u00e9but d\u2019une vie difficile, notamment parce qu\u2019elles ont un acc\u00e8s moins ais\u00e9 aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures et au march\u00e9 de l\u2019emploi. Certes, les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Par contre, elles sont en moins bonne sant\u00e9 au cours de leur vie. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de lutter contre les in\u00e9galit\u00e9s. Cette remarque vaut d\u2019ailleurs aussi bien pour les in\u00e9galit\u00e9s de genre que toutes les autres formes d\u2019in\u00e9galit\u00e9s pr\u00e9sentes dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vous rejoignez donc les voix qui appellent \u00e0 investir dans une soci\u00e9t\u00e9 plus inclusive plut\u00f4t que dans le syst\u00e8me de sant\u00e9?<br \/>\n<\/strong>Dans un pays aussi solide \u00e9conomiquement que la Suisse, l\u2019un n\u2019emp\u00eache pas l\u2019autre! Mais, en effet, tendre vers une soci\u00e9t\u00e9 globalement plus inclusive et \u00e9galitaire peut fortement contribuer \u00e0 r\u00e9duire \u2013 \u00e0 long terme \u2013 les probl\u00e8mes de sant\u00e9, en particulier de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div style=\"background-color: orange; font-size: 100%; padding: 1em;\">\n<p><strong>Davantage de victimes de la covid-19 parmi les \u00abpauvres\u00bb<br \/>\n<\/strong>La pand\u00e9mie de covid-19 illustre tristement les in\u00e9quit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 en fonction du niveau socio-\u00e9conomique. \u00abCertes, nous sommes toutes et tous impact\u00e9\u00b7e\u00b7s, mais il y a une double, voire une triple peine pour les personnes \u00e0 faible revenu\u00bb, constate St\u00e9phane Cullati. Comme l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une \u00e9tude pilot\u00e9e par l\u2019ancien directeur de la task force scientifique Matthias Egger et publi\u00e9e en avril 2021, les habitant\u00b7e\u00b7s pauvres du notre pays ont davantage de risques de contracter le coronavirus et d\u2019en mourir. \u00abDivers facteurs expliquent cette mortalit\u00e9 accrue\u00bb, poursuit le sociologue de la m\u00e9decine. D\u2019une part, le fait que plus leur niveau socio-\u00e9conomique est bas, moins bien les gens se prot\u00e8gent. \u00abNotamment parce que certains d\u2019entre eux ont moins acc\u00e8s \u00e0 une information de qualit\u00e9 et une moins grande capacit\u00e9 \u00e0 comprendre et \u00e0 appliquer cette information.\u00bb D\u2019autre part, parce que ces personnes exercent souvent des professions davantage expos\u00e9es, n\u2019offrant pas la possibilit\u00e9 du t\u00e9l\u00e9travail. \u00abEt que, parfois, elles ne peuvent pas se permettre de ne pas aller travailler, ce qui les poussera potentiellement \u00e0 ne pas se faire tester, afin d\u2019\u00e9viter une \u00e9ventuelle quarantaine.\u00bb Sans oublier que les personnes d\u2019un bas niveau socio-\u00e9conomique \u00absouffrent davantage de maladies chroniques, ce qui augmente chez elles le risque de complications \u2013 et par ricochet de d\u00e9c\u00e8s \u2013 en cas d\u2019infection au coronavirus\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/med\/fr\/section\/personnel\/enseignant-e-s-et-chercheur-e-s\/people\/306640\/13f3f\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">St\u00e9phane Cullati<\/a> est ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en sant\u00e9 publique et \u00e9pid\u00e9miologie au <a href=\"https:\/\/projects.unifr.ch\/pophealthlab\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Population Health Laboratory<\/a> (#PopHealthLab) de l\u2019Unifr. Parall\u00e8lement, ce sociologue de la m\u00e9decine est employ\u00e9 par les H\u00f4pitaux Universitaires de Gen\u00e8ve.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie de covid-19 en est une triste illustration: m\u00eame dans un pays comme la Suisse, le niveau socio-\u00e9conomique a un impact sur la sant\u00e9 des individus. Le sociologue de la m\u00e9decine et \u00e9pid\u00e9miologiste St\u00e9phane Cullati invite \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la lutte contre les in\u00e9quit\u00e9s. La Loi f\u00e9d\u00e9rale sur l\u2019assurance maladie (LAMal) est entr\u00e9e en vigueur il y a un quart de si\u00e8cle, rendant obligatoire l\u2019assurance de base en cas de maladie ou d\u2019accident; depuis, la Suisse est-elle devenue un eldorado de l\u2019\u00e9quit\u00e9 en mati\u00e8re de sant\u00e9? 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