{"id":14709,"date":"2021-11-03T14:33:02","date_gmt":"2021-11-03T13:33:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges?p=14709"},"modified":"2021-11-04T10:24:05","modified_gmt":"2021-11-04T09:24:05","slug":"lantibioresistance-sous-la-loupe-de-la-sociologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2021\/lantibioresistance-sous-la-loupe-de-la-sociologie","title":{"rendered":"L\u2019antibior\u00e9sistance sous la loupe de la sociologie"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Les 4 et 5\u00a0novembre, la 8e\u00a0\u00e9dition du Festival suisse des m\u00e9thodes qualitatives, organis\u00e9 par les sociologues du D\u00e9partement de sciences sociales, aborde le th\u00e8me de la sant\u00e9. Domaine fortement investi par la recherche, dans lequel les sciences sociales et l\u2019approche qualitative se sont taill\u00e9 une place. En t\u00e9moignent les travaux de la Professeure Muriel Surdez, qui \u00e9tudie l\u2019antibior\u00e9sistance par le prisme des politiques publiques.<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/AG_Muriel_Surdez.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-14711 alignleft\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/AG_Muriel_Surdez-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"193\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/AG_Muriel_Surdez-193x300.jpg 193w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/AG_Muriel_Surdez-660x1024.jpg 660w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/AG_Muriel_Surdez-768x1191.jpg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/AG_Muriel_Surdez.jpg 900w\" sizes=\"(max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><\/a>La pand\u00e9mie actuelle nous le rappelle. Nous vivons dans un monde interconnect\u00e9, o\u00f9 le vivant s\u2019adapte en permanence. Humains, animaux, environnement, les bact\u00e9ries circulent et se transforment. Elles r\u00e9sistent aussi parfois. Effet de l\u2019usage abusif d\u2019antibiotiques, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019antibior\u00e9sistance, \u00e0 savoir l\u2019\u00e9mergence de bact\u00e9ries devenues r\u00e9sistantes aux antibiotiques, pr\u00e9occupe de plus en plus la recherche et la politique.<\/p>\n<p>Pneumonies, septic\u00e9mies, infections intestinales. Les rem\u00e8des perdent de leurs effets contre les maladies d\u2019origine bact\u00e9rienne. Pour tenter d\u2019endiguer le probl\u00e8me, les gouvernements ont mis sur pied des programmes, telle la Strat\u00e9gie Antibior\u00e9sistance Suisse (StAR) lanc\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration en 2015. Strat\u00e9gie qui s\u2019inscrit dans la perspective \u00abOne Health\u00bb pour une approche int\u00e9gr\u00e9e syst\u00e9mique de la sant\u00e9 humaine et animale, ainsi que de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Comme l\u2019ensemble du domaine de la sant\u00e9, l\u2019antibior\u00e9sistance est courtis\u00e9e par la recherche. Professeure de sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, Muriel Surdez s\u2019y est int\u00e9ress\u00e9e. Elle a men\u00e9 des entretiens qualitatifs au sein des administrations f\u00e9d\u00e9rales et cantonales charg\u00e9es de mettre en \u0153uvre la StAR dans le cadre d\u2019un projet financ\u00e9 par le FNS.<\/p>\n<p>\u00abL\u00e0 o\u00f9 les sciences m\u00e9dicales \u00e9tudient surtout le ph\u00e9nom\u00e8ne sous l\u2019angle bact\u00e9riologique, les sciences sociales s\u2019int\u00e9ressent au processus de mise en place de ces programmes par les politiques de sant\u00e9 publique. Et se penchent aussi sur les d\u00e9fis organisationnels que repr\u00e9sente par exemple la r\u00e9duction des antibiotiques pour les \u00e9levages\u00bb, explique la chercheuse.<\/p>\n<p>Les 4 et 5\u00a0novembre \u00e0 Fribourg, le sujet sera abord\u00e9 lors du Festival suisse des m\u00e9thodes qualitatives. Une 8e\u00a0\u00e9dition consacr\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9, qu\u2019elle coorganise avec ses coll\u00e8gues de l\u2019Unit\u00e9 sociologie du D\u00e9partement de sciences sociales, Esther Gonza\u0301lez Marti\u0301nez, Fabrice Plomb et Francesca Poglia Mileti.<\/p>\n<p><strong>Sur le terrain<br \/>\n<\/strong>\u00abLes m\u00e9thodes qualitatives se sont fait une place dans les recherches sur la sant\u00e9 et elles offrent un regard diff\u00e9rent par rapport aux \u00e9tudes quantitatives\u00bb, rel\u00e8ve Muriel Surdez. Pour la chercheuse, le quantitatif permet de d\u00e9gager des lignes directrices pour les politiques publiques. En revanche, l\u2019approche qualitative pointe les possibles \u00e9cueils. Elle met en lumi\u00e8re la complexit\u00e9 de la probl\u00e9matique du point de vue des actrices et acteurs.<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne biologique, m\u00eame pr\u00e9occupant comme l\u2019antibior\u00e9sistance, ne devient pas un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique du jour au lendemain. Sur le plan soci\u00e9tal, le tempo est diff\u00e9rent, explique Muriel Surdez: \u00abL\u2019introduction des antibiotiques s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale et dans les ann\u00e9es\u00a01950, l\u2019antibior\u00e9sistance \u00e9tait connue, mais on pensait alors que l\u2019\u00e9laboration de produits plus performants permettrait d\u2019endiguer le probl\u00e8me.\u00bb<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019est, au contraire, accru. Des programmes nationaux et internationaux ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Chaque pays a ses particularit\u00e9s. En Suisse, les autorit\u00e9s doivent tenir compte de la structure politique. \u00abLes cantons poss\u00e8dent une autonomie qui complique la coordination \u00e0 l\u2019\u00e9chelon national\u00bb, observe Muriel Surdez, m\u00eame si elle rel\u00e8ve que les choses ont avanc\u00e9 \u00e0 ce niveau.<\/p>\n<p>La sociologue a concentr\u00e9 ses recherches sur la sant\u00e9 animale, moins \u00e9tudi\u00e9e que la sant\u00e9 humaine. Elle rel\u00e8ve une autre particularit\u00e9 du contexte helv\u00e9tique: le r\u00f4le important des v\u00e9t\u00e9rinaires dans ces politiques. \u00abCe sont les expert\u00b7e\u00b7s de la sant\u00e9 animale. Ce domaine a longtemps \u00e9t\u00e9 leur pr\u00e9 carr\u00e9 et l\u2019intervention d\u2019autres actrices et acteurs est complexe.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Donnant-donnant<br \/>\n<\/strong>Les changements sont importants pour les v\u00e9t\u00e9rinaires, qui d\u00e9livrent les antibiotiques. Les t\u00e2ches administratives augmentent et certain\u00b7e\u00b7s voient dans ces contr\u00f4les une ing\u00e9rence pas forc\u00e9ment bienvenue. \u00abIls s\u2019interrogent sur leur autonomie et l\u2019utilisation des donn\u00e9es qu\u2019ils transmettent\u00bb, rel\u00e8ve la chercheuse. En s\u2019int\u00e9ressant aux n\u00e9gociations entre la profession et les organes de sant\u00e9 publique, elle a constat\u00e9 que les v\u00e9t\u00e9rinaires ont accept\u00e9 de se plier aux contr\u00f4les, d\u00e8s lors qu\u2019ils pouvaient continuer \u00e0 vendre les antibiotiques, comme c\u2019est le cas en Suisse.<\/p>\n<p>La mise en \u00e9vidence de tels m\u00e9canismes permet de faire avancer les connaissances sur le travail des politiques de sant\u00e9 publique et c\u2019est tout l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019approche qualitative. Muriel Surdez ajoute que ses recherches ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des rencontres int\u00e9ressantes: \u00abLes v\u00e9t\u00e9rinaires se posent beaucoup de questions sur l\u2019antibior\u00e9sistance et sur la sant\u00e9 animale. Ils font face \u00e0 des contraintes, mais cherchent \u00e0 am\u00e9liorer les choses.\u00bb<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">_________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/socio\/fr\/unite\/equipe\/muriel-surdez.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Page<\/a> de Muriel Surdez<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/agenda.unifr.ch\/e\/fr\/9343\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le 8e Festival suisse des m\u00e9thodes qualitatives<\/a> se tiendra les 4 et 5 novembre \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. Les inscriptions sont closes, mais les personnes d\u00e9sireuses de participer peuvent adresser un courriel \u00e0: <a href=\"mailto:socio@unifr.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">socio@unifr.ch<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les 4 et 5\u00a0novembre, la 8e\u00a0\u00e9dition du Festival suisse des m\u00e9thodes qualitatives, organis\u00e9 par les sociologues du D\u00e9partement de sciences sociales, aborde le th\u00e8me de la sant\u00e9. Domaine fortement investi par la recherche, dans lequel les sciences sociales et l\u2019approche qualitative se sont taill\u00e9 une place. En t\u00e9moignent les travaux de la Professeure Muriel Surdez, qui \u00e9tudie l\u2019antibior\u00e9sistance par le prisme des politiques publiques. La pand\u00e9mie actuelle nous le rappelle. Nous vivons dans un monde interconnect\u00e9, o\u00f9 le vivant s\u2019adapte en permanence. Humains, animaux, environnement, les bact\u00e9ries circulent et se transforment. Elles r\u00e9sistent aussi parfois. 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