{"id":10495,"date":"2020-02-26T10:17:25","date_gmt":"2020-02-26T09:17:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges?p=10495"},"modified":"2020-03-05T10:38:27","modified_gmt":"2020-03-05T09:38:27","slug":"images-vous-en-reprendrez-bien-un-kilo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2020\/images-vous-en-reprendrez-bien-un-kilo","title":{"rendered":"Images \u2013 vous en reprendrez bien un kilo?"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Le Professeur Emmanuel Alloa vient de vernir une vaste exposition, dont il est le commissaire associ\u00e9, \u00e0 la Galerie nationale du Jeu de Paume \u00e0 Paris. \u00abLe supermarch\u00e9 des images\u00bb interroge le flot sans fin de la production photographique actuelle et remet en question notre lien aux images, ainsi que le lien de celles-ci \u00e0 l\u2019\u00e9conomie.\u00a0<\/strong><\/h4>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>Professeur Alloa, vous \u00eates le commissaire associ\u00e9 de l\u2019actuelle exposition du Jeu de Paume \u00e0 Paris. En quoi consiste ce r\u00f4le?<br \/>\n<\/strong>L\u2019art contemporain a toujours entretenu un rapport \u00e9troit avec la philosophie. Comme dans toute pens\u00e9e rigoureuse, dans l\u2019art et\u00a0a fortiori\u00a0dans l\u2019art contemporain, il faut \u00eatre dispos\u00e9 \u00e0 tout remettre en question, \u00e0 se m\u00e9fier des habitudes. \u00a0C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des id\u00e9es que j\u2019essaie de transmettre \u00e0 mes \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s \u00e0 Fribourg, au sein de la Chaire d\u2019esth\u00e9tique et de philosophie de l\u2019art, car c\u2019est une occasion formidable de mettre en \u0153uvre la r\u00e9flexion philosophique \u2013 face aux \u0153uvres elles-m\u00eames. L\u2019art contemporain est tr\u00e8s demandeur, qu\u2019il s\u2019agisse de collaborations avec les artistes ou d\u2019une \u00e9criture sur leurs \u0153uvres; pour la philosophie, cela nous confronte \u00e0 des objets nouveaux et souvent d\u00e9routants.<\/p>\n<p>Mais cette fois, il s\u2019agit d\u2019une autre gageure encore. La Galerie nationale du Jeu de Paume, situ\u00e9e dans le Jardin des Tuileries \u00e0 Paris, a fait le pari de miser sur une approche plus philosophique pour imaginer une exposition tout enti\u00e8re. C\u2019est ainsi qu\u2019il y a trois ans, le philosophe et musicologue Peter Szendy a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 faire une proposition d\u2019expo, et qu\u2019ensuite Marta Ponsa et moi-m\u00eame avons rejoint ce projet passionnant en tant que commissaires associ\u00e9s. Marta, responsable de la programmation culturelle du Jeu de Paume, apportait tout son savoir-faire et sa connaissance de l\u2019art en train de se faire, tandis que je venais renforcer le p\u00f4le conceptionnel. Mais, de fait, nous avons constamment travaill\u00e9 \u00e0 trois, de concert, et surtout avec toute l\u2019\u00e9quipe du Mus\u00e9e, pour mettre cette expo sur pied.<\/p>\n<h5><div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Jeff_Guess_AG.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-10499\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Jeff_Guess_AG.gif\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"580\" \/><\/a><br \/>\n<em>\u00a9 Jeff Guess<\/em><\/h5>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong>L\u2019exposition s\u2019intitule \u00abLe supermarch\u00e9 des images\u00bb, n\u2019est-ce pas un peu l\u2019antith\u00e8se de la mission d\u2019un mus\u00e9e?<br \/>\n<\/strong>Le titre se veut, bien s\u00fbr, un brin provocateur et on ne trouvera \u00e9videmment pas grand-chose de pr\u00eat-\u00e0-consommer. Il reprend et d\u00e9place, en fait, celui d\u2019un livre de Peter [Szendy], qui constitue en quelque sorte le point de d\u00e9part de l\u2019expo \u2013\u00a0<em>Le supermarch\u00e9 du visible. Essai d\u2019iconomie<\/em>\u00a0(Minuit, 2017). Il s\u2019agissait d\u00e9j\u00e0 de prendre la mesure du gigantesque bouleversement en cours, de cette r\u00e9volution des nombres qui modifie profond\u00e9ment notre r\u00e9gime de visibilit\u00e9: chaque jour, plus de trois milliards d\u2019images s\u2019\u00e9changent sur les r\u00e9seaux sociaux. De r\u00e9cepteurs d\u2019images, nous sommes devenus aussi leurs \u00e9metteurs, puisqu\u2019il n\u2019est plus besoin de demander l\u2019acceptation d\u2019une corporation de Saint-Luc, comme au Moyen-Age, pour avoir le droit d\u2019en r\u00e9aliser. Mais cette d\u00e9mocratisation nouvelle des outils d\u2019enregistrement et de diffusion fait \u00e9galement face \u00e0 de nouvelles concentrations: les banques d\u2019images et la\u00a0<em>stock photography<\/em>\u00a0sont autant de sympt\u00f4mes d\u2019un temps qui n\u2019est plus celui des cr\u00e9ateurs, mais des gestionnaires. La valeur d\u2019une image se mesure moins \u00e0 sa virtuosit\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019attention qu\u2019on lui pr\u00eate, dans un univers o\u00f9 cette attention, justement, semble bien volatile.<\/p>\n<h5><div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Geraldine_Jua\u0300rez_AG.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-10497\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Geraldine_Jua\u0300rez_AG.gif\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"580\" \/><\/a><br \/>\n<em>\u00a9 Geraldine Jua\u0300rez<\/em><\/h5>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p>Pas de rayonnages ni d\u2019\u00e9talages donc: dans cette exposition, c\u2019est plut\u00f4t le supermarch\u00e9 que nous souhaitions questionner, cette grande place de march\u00e9 d\u00e9sormais mondialis\u00e9e o\u00f9 s\u2019\u00e9changent et se n\u00e9gocient les visibilit\u00e9s. Par quels canaux de distribution les images circulent-elles? Comment sont-elles qualifi\u00e9es et quantifi\u00e9es, catalogu\u00e9es et vendues? A quelle vitesse se propagent-elles et sur quels \u00e9crans d\u00e9filent-elles? Quelles \u00e9nergies sont n\u00e9cessaires \u00e0 leur mise en mouvement, mais aussi \u00e0 leur stockage? Quelles mati\u00e8res premi\u00e8res concourent \u00e0 leur fabrication? \u00a0Bref, quelle est aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9conomie des images? Et inversement, comment peut-on, par la prise des images, aborder les rouages d\u2019une logique qui \u00e9chappe g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la figuration: l\u2019\u00e9conomie? Depuis la crise financi\u00e8re de 2008, nous tentons de trouver des parades \u00e0 des processus par nature \u00e9vanescents, et de nous r\u00e9approprier des moyens pour nous les repr\u00e9senter. L\u2019exposition mobilise donc ce que l\u2019on pourrait appeler l\u2019hypoth\u00e8se \u00abiconomique\u00bb: que parvenons-nous \u00e0 comprendre du monde, en couplant la question de l\u2019image \u00e0 celle de l\u2019\u00e9conomie, et dans quelle mesure n\u2019est-ce pas une facilit\u00e9 de langage que de consid\u00e9rer qu\u2019entre image de l\u2019\u00e9conomie et \u00e9conomie de l\u2019image, il y a un lien fort?<\/p>\n<p>En ce qui concerne la mission du mus\u00e9e, pas de risque, elle n\u2019est pas mise en p\u00e9ril: on y verra essentiellement des \u0153uvres d\u2019artistes visuels contemporains, conform\u00e9ment \u00e0 la vocation du Jeu de Paume, qui a pour mission d\u2019\u00eatre une plateforme pour les images contemporaines sous toutes leurs formes.<\/p>\n<p><strong>L\u2019exposition part du pr\u00e9suppos\u00e9 que nous vivons dans un monde satur\u00e9 d\u2019images. Existe-t-il une limite? Peut-il y en avoir trop?<br \/>\n<\/strong>Le constat de la saturation, Walter Benjamin le faisait d\u00e9j\u00e0 en 1929, lorsqu\u2019il \u00e9voquait un monde \u00abcharg\u00e9 \u00e0 cent pour cent d\u2019image\u00bb. On peut l\u2019interpr\u00e9ter de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. On peut tout d\u2019abord consid\u00e9rer que l\u2019on sera en peine de trouver des recoins de la plan\u00e8te encore vierges de toute figuration, et qu\u2019apr\u00e8s la colonisation plan\u00e9taire des images, avec la nanotechnologie, plus qu\u2019en extension, c\u2019est d\u00e9sormais dans l\u2019infiniment petit que p\u00e9n\u00e8tre la visualisation scientifique. Mais on peut aussi y entendre l\u2019\u00e9cho d\u2019une lassitude: \u00e0 quoi bon continuer \u00e0 prendre de nouvelles images d\u2019un lieu quand une autre, sans doute meilleure, est d\u00e9j\u00e0 disponible \u00e0 distance d\u2019un clic? C\u2019est d\u2019ailleurs le drame du m\u00e9tier de photographe professionnel qui, en l\u2019espace de quelques d\u00e9cennies, s\u2019est vu concurrencer par la photographie amateur, plus mobile et r\u00e9active, mais surtout par les banques d\u2019images, o\u00f9 semble d\u00e9j\u00e0 stock\u00e9 tout l\u2019inconscient optique de l\u2019humanit\u00e9. Enfin, on peut donner un troisi\u00e8me sens encore \u00e0 la saturation: \u00eatre satur\u00e9, c\u2019est \u00eatre repu et rassasi\u00e9. Le sommes-nous r\u00e9ellement? On peut le croire, au vu des effets anesth\u00e9siants de certains m\u00e9dias: face \u00e0 certains drames retransmis \u00e0 distance, nous sommes devenus compl\u00e8tement insensibles. Il suffit de penser au destin tragique des migrant\u00b7e\u00b7s, qui se scelle pourtant quotidiennement aux portes de l\u2019Europe, et auquel nous nous sommes tristement habitu\u00e9s, ou, mieux encore, au drame syrien, qui n\u2019\u00e9meut plus personne, apr\u00e8s huit ans de guerre civile. Ceci dit, sur d\u2019autres aspects, nous sommes loin d\u2019\u00eatre repus, et les iconophiles que nous sommes n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi gourmands. La pulsion scopique, cette force qui nous pousse \u00e0 voir, encore plus et encore mieux, s\u2019accommode mal d\u2019un constat de saturation.<\/p>\n<p>Peut-il y avoir trop d\u2019images, me demandez-vous. Impossible d\u2019y r\u00e9pondre comme cela. Ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019il y en a qui produisent des effets de sid\u00e9ration et de capture, et qui inhibent nos capacit\u00e9s \u00e0 penser et \u00e0 construire du commun, tandis que d\u2019autres, au contraire, contribuent \u00e0 nous faire voir ce que nous ne voulions pas voir ou que nous n\u2019avions pas assez bien per\u00e7u. Certaines images nous enferment dans le clich\u00e9, d\u2019autres, au contraire, nous permettent de nous confronter \u00e0 autre chose qu\u2019\u00e0 la sempiternelle r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame. Des premi\u00e8res, \u00e0 mon go\u00fbt, il y en a trop, en effet; des derni\u00e8res, il n\u2019y en aura jamais assez.<\/p>\n<p><strong>Des questionnements pos\u00e9es autour de l\u2019exposition est n\u00e9e une nouvelle science, en quelque sorte. L\u2019iconomie ou l\u2019\u00e9conomie des images. De quoi s\u2019agit-il et est-ce vraiment un questionnement\u00a0nouveau\u00a0?<br \/>\n<\/strong>Oui et non. L\u2019hypoth\u00e8se iconomique que Peter [Szendy] propose dans son dernier ouvrage rejoint celle que nous avions mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve lors d\u2019un projet de recherche financ\u00e9 par le Fonds national suisse, dans le cadre du P\u00f4le national suisse\u00a0Eikones\u00a0sur la critique de l\u2019image, \u00e0 B\u00e2le, avec ma coll\u00e8gue historienne Francesca Falk (le livre collectif <em>Bild\u00d6konomie.\u00a0Haushalten mit Sichtbarkeiten<\/em>, Fink, 2013, pr\u00e9sente le fruit de ce travail). Nous nous \u00e9tions inspir\u00e9s d\u2019autres travaux importants comme ceux de Jean-Joseph Goux, mais surtout du travail pionnier de Marie-Jos\u00e9 Mondzain (que l\u2019on pense \u00e0 son magnifique <em>Image, Ic\u00f4ne, Economie. Les sources byzantines de notre imaginaire contemporain<\/em>, Seuil, 1996, lui-m\u00eame pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019autres \u00e9tudes). Car en fait \u2013 et c\u2019est que souligne d\u00e9j\u00e0 Marie-Jos\u00e9 Mondzain \u2013 ce sont les th\u00e9ologiens de Byzance qui inventent l\u2019\u00e9conomie de l\u2019image, lorsqu\u2019ils soulignent que l\u2019\u00e9conomie du salut passe par un probl\u00e8me de l\u2019image. Lorsque nous parlons d\u2019iconomie aujourd\u2019hui, nous n\u2019inventons pas vraiment un nouveau mot: nous ne faisons que prononcer le mot \u00ab\u00e9conomie\u00bb comme on le pronon\u00e7ait \u00e0 Byzance, comme une \u00abiconomie\u00bb (c\u2019est encore le cas du grec moderne, o\u00f9 l\u2019ic\u00f4nomie et l\u2019\u00e9conomie se confondent).<\/p>\n<p>Pourquoi donc faire une hypoth\u00e8se iconomique aujourd\u2019hui? Eh bien parce que, si de tout temps, les images se sont vu attribuer une valeur (ou se sont vu refuser toute valeur, comme dans une certaine tradition intellectualisante de la m\u00e9taphysique europ\u00e9enne), aujourd\u2019hui, les images ne se contentent plus d\u2019avoir\u00a0une valeur, elles\u00a0sont\u00a0une valeur. Elles permettent d\u2019abstraire ou de concr\u00e9tiser et, souvent m\u00eame, de se substituer \u00e0 ce qu\u2019elles sont cens\u00e9es repr\u00e9senter. Les images font objet de toutes les capitalisations aujourd\u2019hui, on les ach\u00e8te et on les vend, et elles cr\u00e9ent de la dette parmi ceux qui les contemplent. Faire l\u2019hypoth\u00e8se \u00e9conomique, c\u2019est donc poser \u00e0 nouveau la question de leur valeur d\u2019usage, et ce \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 elles semblent se retirer vers un espace intangible et inaccessible. Bref, comment remettre la main sur ces images qui sont faites de nous \u00e0 notre insu, et qui sont ensuite revendues, sous forme des m\u00e9tadonn\u00e9es monnayables\u00a0? En somme, comment nous r\u00e9approprier des images et les remettre en circulation, de mani\u00e8re libre et non soumise?<\/p>\n<p><strong>Que voit-on dans l\u2019exposition?<br \/>\n<\/strong>L\u2019exposition utilise l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du Mus\u00e9e, sur les trois niveaux, et elle permet de voir 68 \u0153uvres de 48 artistes venant des horizons les plus divers et travaillant sur les supports les plus vari\u00e9s. De la photographie, bien s\u00fbr, conform\u00e9ment \u00e0 la tradition du Jeu de Paume, mais aussi des installations, de l\u2019image en mouvement, vid\u00e9o, sculpture, des \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es sp\u00e9cifiquement pour le site et m\u00eame une performance, \u00e0 voir durant les 3 premi\u00e8res semaines de l\u2019exposition, ainsi qu\u2019une installation sonore. L\u2019expo est organis\u00e9 selon un phras\u00e9 en 5 mouvements, dont chaque titre fonctionne aussi bien comme terme \u00e9conomique que pour d\u00e9signer ces nouvelles r\u00e9alit\u00e9s du visible: stocks, mati\u00e8re premi\u00e8re, travail, valeur, \u00e9changes. Bien que l\u2019accent soit clairement mis sur la cr\u00e9ation contemporaine, nous avons tenu \u00e0 montrer que les artistes des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes avaient d\u00e9j\u00e0 anticip\u00e9 nombre de questionnements qui sont aujourd\u2019hui les n\u00f4tres. Le parcours sera donc ponctu\u00e9 par quelques incises qui peuvent para\u00eetre plus anachroniques \u2013 Moholy-Nagy, Hans Richter, Yves Klein, Les Fr\u00e8res Lumi\u00e8re, Richard Serra \u2013 et qui donnent pourtant, nous l\u2019esp\u00e9rons, de l\u2019effet de champ \u00e0 notre propos. Parmi les surprises des ann\u00e9es 1920, il y a une pr\u00e9sentation des carnets de Serge\u00ef Eisenstein sur le film jamais r\u00e9alis\u00e9 sur <em>Le Capital<\/em> de Karl Marx, ainsi que les tables analytiques de Kazimir Malevitch, qui donnent \u00e0 voir ce que celui-ci qualifiait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, d\u2019\u00ab\u00e9conomie des images\u00bb.<\/p>\n<p>Bref, je crois qu\u2019il y aura de quoi int\u00e9resser toute personne ayant \u00e0 c\u0153ur d\u2019interroger ces r\u00e9alit\u00e9s in\u00e9dites qui innervent notre quotidien. L\u2019expo sera ouverte jusqu\u2019au 7 juin et j\u2019emm\u00e8nerai en tout cas mes \u00e9tudiants pour un voyage d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www3.unifr.ch\/philosophie\/fr\/departement\/equipe\/emmanuel-alloa.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Page<\/a> du Professeur Emmanuel Alloa<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.jeudepaume.org\/index.php?page=article&amp;idArt=3288\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Site<\/a> du Jeu de Paume<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Professeur Emmanuel Alloa vient de vernir une vaste exposition, dont il est le commissaire associ\u00e9, \u00e0 la Galerie nationale du Jeu de Paume \u00e0 Paris. \u00abLe supermarch\u00e9 des images\u00bb interroge le flot sans fin de la production photographique actuelle et remet en question notre lien aux images, ainsi que le lien de celles-ci \u00e0 l\u2019\u00e9conomie.\u00a0 Professeur Alloa, vous \u00eates le commissaire associ\u00e9 de l\u2019actuelle exposition du Jeu de Paume \u00e0 Paris. 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