{"id":10197,"date":"2020-01-23T13:24:21","date_gmt":"2020-01-23T12:24:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www3.unifr.ch\/alma-georges?p=10197"},"modified":"2020-01-28T16:01:05","modified_gmt":"2020-01-28T15:01:05","slug":"lhumanisme-aux-racines-de-la-culture-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/articles\/2020\/lhumanisme-aux-racines-de-la-culture-suisse","title":{"rendered":"L\u2019humanisme \u2013 aux racines de la culture suisse"},"content":{"rendered":"<p><strong>La pens\u00e9e humaniste est essentielle \u00e0 la compr\u00e9hension de notre culture. Elle est pourtant trop souvent oubli\u00e9e m\u00eame des manuels scolaires. A l\u2019occasion d\u2019un colloque et du lancement d\u2019un projet FNS, David Amherdt, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en langue et litt\u00e9rature latine de l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance, esp\u00e8re lui redonner sa juste place.<\/strong><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown.jpeg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10200 alignleft\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-923x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"191\" height=\"212\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-923x1024.jpeg 923w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-271x300.jpeg 271w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-768x852.jpeg 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown.jpeg 1855w\" sizes=\"(max-width: 191px) 100vw, 191px\" \/><\/a>David Amherdt, alors que la pens\u00e9e humaniste propose toute une r\u00e9flexion sur des th\u00e9matiques encore fort actuelles aujourd\u2019hui, celle-ci est fort peu \u00e9tudi\u00e9e. Pourquoi?<\/strong><br \/>\nIl ne faut pas oublier que la pens\u00e9e humaniste au XVIe si\u00e8cle s\u2019exprimait surtout en latin. Or, pour l\u2019\u00e9tudier, il faut avoir acc\u00e8s aux textes de l\u2019\u00e9poque, dont une grande partie n\u2019est disponible que sous forme manuscrite ou dans des \u00e9ditions tr\u00e8s anciennes et difficilement accessibles. Il faut aussi, puisque presque plus personne ne lit le latin, disposer de traductions fiables. Ces deux conditions ne sont pas remplies actuellement, en particulier pour ce qui concerne les humanistes suisses: la pr\u00e9sentation, l\u2019\u00e9dition et la traduction de textes de savants de notre pays sont pr\u00e9cis\u00e9ment les buts du projet FNS <em>Humanistica Helvetica<\/em> que je vais tenter de mener \u00e0 bien dans les quatre ans \u00e0 venir en compagnie de deux collaborateurs. Pour revenir \u00e0 la question du latin, il ne faut pas oublier qu\u2019\u00e0 l\u2019universit\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 il y a peu et avec quelques exceptions notables, qui disait latin disait latin de l\u2019Antiquit\u00e9; les textes d\u2019autres \u00e9poques \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme quantit\u00e9 n\u00e9gligeable, et donc peu ou pas du tout abord\u00e9s. La situation a chang\u00e9, heureusement: on s\u2019est rendu compte que l\u2019\u00e9tude des humanistes permettait d\u2019une part d\u2019apprendre un tr\u00e8s bon latin (imit\u00e9 de l\u2019Antiquit\u00e9), d\u2019autre part de donner un peu d\u2019air frais \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la langue en lisant des textes nouveaux sur des th\u00e9matiques, comme vous le dites, tr\u00e8s actuelles; que l\u2019on pense par exemple aux rapports entre les religions ou \u00e0 la r\u00e9flexion sur le genre d\u2019\u00e9ducation qu\u2019il faut donner \u00e0 nos enfants, ou encore \u00e0 la question de l\u2019identit\u00e9 de la Suisse \u2013 cette th\u00e9matique est pr\u00e9sente dans de nombreux textes autour des hauts faits de Guillaume Tell. Je souhaiterais que dans les \u00e9coles secondaires aussi, en plus des \u0153uvres de l\u2019Antiquit\u00e9, qui sont essentielles pour comprendre notre culture et qu\u2019il ne faut jamais laisser de c\u00f4t\u00e9, on traduise \u00e9galement des textes humanistes. Enfin, j\u2019esp\u00e8re que le colloque sur les humanistes suisses qui aura lieu les 30-31 janvier 2020, o\u00f9 il sera question des plus grands savants suisses de l\u2019\u00e9poque (Joachim Vadian, Heinrich Glareanus, Conrad Gessner), contribuera \u00e0 mieux faire conna\u00eetre cette litt\u00e9rature passionnante.<\/p>\n<div id=\"attachment_10207\" style=\"width: 258px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-3.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10207\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10207\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-3-710x1024.png\" alt=\"\" width=\"248\" height=\"358\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-3-710x1024.png 710w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-3-208x300.png 208w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-3-768x1108.png 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-3.png 943w\" sizes=\"(max-width: 248px) 100vw, 248px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10207\" class=\"wp-caption-text\">Page de titre du commentaire de l\u2019ouvrage g\u00e9ographique de Pomponius Mela par Joachim Vadian (Vienne, 1518)<\/p><\/div>\n<p><strong>La Suisse a-t-elle \u00e9t\u00e9 un terreau particuli\u00e8rement fertile pour les penseurs humanistes?<br \/>\n<\/strong>La situation g\u00e9ographique de la Suisse au c\u0153ur de l\u2019Europe a \u00e9videmment favoris\u00e9 la diffusion de l\u2019humanisme sur notre territoire. De nombreux savants \u00e9trangers ont v\u00e9cu ou s\u00e9journ\u00e9 en Suisse (Erasme a habit\u00e9 quelque temps \u00e0 B\u00e2le, qui \u00e9tait aussi connue pour la qualit\u00e9 de ses imprimeurs), et beaucoup de Suisses sont all\u00e9s se former dans des universit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res avant de revenir faire profiter leur patrie de leur savoir (Vadian, Gessner) ou d\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger des internats pour la formation des jeunes Helv\u00e8tes (Glareanus). La situation politique de la Conf\u00e9d\u00e9ration, qui devait se d\u00e9fendre face \u00e0 de puissants ennemis, a aussi stimul\u00e9 la r\u00e9flexion des \u00e9crivains dans une direction particuli\u00e8re, celle du patriotisme. La petite Suisse perdue au centre de l\u2019Europe d\u00e9sirait se cr\u00e9er un pass\u00e9 prestigieux: les humanistes ont notamment d\u00e9velopp\u00e9 les r\u00e9cits glorieux des \u00e9v\u00e9nements ayant men\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance du pays (j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de Guillaume Tell). Par cette litt\u00e9rature, souvent en vers, ils voulaient \u00e9galement prouver que leur latin \u00e9tait aussi pur et soign\u00e9 que celui de leurs voisins italiens ou allemands, par exemple. Enfin, la situation de la Conf\u00e9d\u00e9ration \u00abperdue\u00bb au milieu des montagnes a inspir\u00e9 \u00e0 nos savants, fiers de leur pays, une litt\u00e9rature, romantique avant l\u2019heure, sur la beaut\u00e9 des sommets et de la nature en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<div id=\"attachment_10209\" style=\"width: 258px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-2.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10209\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10209\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-2-739x1024.png\" alt=\"\" width=\"248\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-2-739x1024.png 739w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-2-216x300.png 216w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-2-768x1064.png 768w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-2.png 933w\" sizes=\"(max-width: 248px) 100vw, 248px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10209\" class=\"wp-caption-text\">Page de titre du pan\u00e9gyrique de l\u2019empereur Maximilien et de l\u2019ouvrage sur la Suisse d\u2019Heinrich Glareanus (B\u00e2le, 1514)<\/p><\/div>\n<p><strong>A-t-elle jou\u00e9 un r\u00f4le particulier au sein de la culture et de la politique europ\u00e9enne?<\/strong><br \/>\nJe me permets de vous renvoyer aux \u00e9l\u00e9ments mentionn\u00e9s dans la r\u00e9ponse pr\u00e9c\u00e9dente: les humanistes suisses se sont notamment distingu\u00e9s dans la litt\u00e9rature patriotique et dans l\u2019\u00e9loge et la description des beaut\u00e9s de la nature. La Conf\u00e9d\u00e9ration, en tant que territoire d\u00e9chir\u00e9 par les luttes religieuses (apparition de la R\u00e9forme dans les ann\u00e9es 1520), offre aussi de nombreux textes utiles \u00e0 une r\u00e9flexion sur les conflits religieux (question de la tol\u00e9rance, du vivre ensemble malgr\u00e9 les diff\u00e9rences). Ce qui est certain, c\u2019est que le cas suisse n\u2019a pas laiss\u00e9 les humanistes indiff\u00e9rents. Machiavel, dans ses <em>Discours sur la premi\u00e8re d\u00e9cade de Tite-Live<\/em> (1531), affirme que les Suisses sont le seul peuple vivant <em>selon le mod\u00e8le des Anciens<\/em> pour ce qui est de la religion et de l\u2019organisation militaire. Le penseur italien compare ici la Conf\u00e9d\u00e9ration naissante \u00e0 la R\u00e9publique romaine naissante. Quoi de plus vrai, n\u2019est-ce pas? La Rome r\u00e9publicaine \u00e9tait un pays de paysans qui brillaient par leurs vertus guerri\u00e8res et patriotiques, par leur courage, leur honn\u00eatet\u00e9, leur loyaut\u00e9, qualit\u00e9s qui donn\u00e8rent l\u2019empire \u00e0 ce peuple rude et simple. Les humanistes suisses attribuaient ces m\u00eames qualit\u00e9s aux Helv\u00e8tes aux bras noueux et leur pr\u00e9disaient un empire \u00e9ternel! Mais les voix discordantes ne manquent pas non plus: certains humanistes ne voient dans les Suisses que de vulgaires gardiens de vaches, des ennemis de l\u2019Empire, des tra\u00eetres, des hommes avides d\u2019argent (pensons aux mercenaires!).<\/p>\n<div id=\"attachment_10211\" style=\"width: 321px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-1.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10211\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10211\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-1.png\" alt=\"\" width=\"311\" height=\"309\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-1.png 943w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-1-150x150.png 150w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-1-300x298.png 300w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-1-768x763.png 768w\" sizes=\"(max-width: 311px) 100vw, 311px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10211\" class=\"wp-caption-text\">Image repr\u00e9sentant une girafe, tir\u00e9 de l\u2019ouvrage de Conrad Gessner sur les animaux (Histo-ria animalium, Zurich, 1551)<\/p><\/div>\n<p><strong>Parmi les th\u00e8mes soci\u00e9taux abord\u00e9s, vous \u00e9voquez celui du r\u00f4le de la femme, fortement questionn\u00e9 aujourd\u2019hui aussi. Qu\u2019en disaient ces penseurs? Y avait-il des femmes parmi eux?<br \/>\n<\/strong>A la Renaissance, des penseurs comme Erasme de Rotterdam ou Juan Luis Viv\u00e8s insistent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de donner une solide formation culturelle et litt\u00e9raire aux femmes; d\u2019autre part, en lien avec le d\u00e9veloppement de la vie de cour appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9poque une \u00e9lite f\u00e9minine ayant un large acc\u00e8s \u00e0 la culture (pensons \u00e0 la fille de Thomas More, qui savait parfaitement le latin). Mais d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la place de la femme reste le foyer familial. Quant aux humanistes suisses, ils sont plut\u00f4t \u00e0 la tra\u00eene du point de vue de la r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9mancipation de la femme! Par exemple, dans un \u00e9pithalame du milieu du XVIe si\u00e8cle d\u00e9crivant en d\u00e9tail un mariage dans la Zurich protestante, c\u2019est l\u2019habilet\u00e9 \u00e0 tisser de belles toiles sur le m\u00e9tier, la puret\u00e9 et la pi\u00e9t\u00e9 de la fianc\u00e9e qui sont lou\u00e9es, tandis que le fianc\u00e9 est surtout vant\u00e9 pour sa culture, son r\u00e9seau de relations, sa connaissance du monde. Cela dit, les humanistes suisses ont aussi produit de charmants po\u00e8mes sur l\u2019amour conjugal, o\u00f9 la femme est admir\u00e9e et presque v\u00e9n\u00e9r\u00e9e \u2013 mais certainement pas pour sa culture! Mais de femmes humanistes, je n\u2019en ai malheureusement pas rencontr\u00e9\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_10213\" style=\"width: 248px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10213\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10213\" src=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown.png\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown.png 633w, https:\/\/www.unifr.ch\/alma-georges\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Unknown-208x300.png 208w\" sizes=\"(max-width: 238px) 100vw, 238px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10213\" class=\"wp-caption-text\">Image pr\u00e9sentant le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019\u00e9clipse du soleil, tir\u00e9e du manuel de g\u00e9ographie d\u2019Heinrich Glareanus (De geographia liber unus, Zurich, 1527)<\/p><\/div>\n<p><strong>En tant que sp\u00e9cialiste de cette litt\u00e9rature, y a-t-il un penseur ou une citation qui vous ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9?<br \/>\n<\/strong>Oui, Johannes Fabricius Montanus, gr\u00e2ce auquel, nagu\u00e8re, ou peut-\u00eatre devrais-je d\u00e9j\u00e0 dire jadis, je suis entr\u00e9 dans le monde de la litt\u00e9rature humaniste suisse en publiant son long po\u00e8me sur Guillaume Tell. Son \u0153uvre po\u00e9tique, d\u2019une extr\u00eame vari\u00e9t\u00e9 et d\u2019une grande sinc\u00e9rit\u00e9, est repr\u00e9sentative de l\u2019humanisme suisse. Notez que sa vie fut loin d\u2019\u00eatre une sin\u00e9cure: venu de son Alsace natale pour s\u2019installer \u00e0 Zurich, il fit une partie de ses \u00e9tudes \u00e0 Marburg et termina sa vie, perdu (c\u2019est lui qui le dit) dans les montagnes des Grisons, \u00e0 Coire, o\u00f9 il succomba \u00e0 la peste; il eut en tout treize enfants, dont seuls deux \u00e9taient encore vivants \u00e0 sa mort, le 5 septembre 1566. Et j\u2019aimerais citer pour terminer un autre penseur que j\u2019aime beaucoup, Heinrich Glareanus, qui consacra toute sa vie et son \u0153uvre \u00e0 l\u2019enseignement des jeunes gens. Aux enseignants, dont je suis, il a donn\u00e9 ce conseil fort salutaire: \u00abC\u2019est \u00e0 cela seul que nous devons veiller: enseigner simplement et sans fard, et ne pas avoir honte de dire: cela, je l\u2019ignore; de cela, je ne suis pas s\u00fbr; cela, je ne le sais pas.\u00bb (<em>Idque unum spectemus, ut doceamus ingenue absque fuco, nec pudeat dicere : hoc ignoro, hoc dubito, hoc nescio<\/em>).<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">__________<\/span><\/p>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<ul>\n<li>Image de une: D\u00e9but du po\u00e8me pr\u00e9sentant un dialogue de Vadian avec la mort (Vienne, 1511)<\/li>\n<li>Toutes les informations sur le colloque \u00abLa litt\u00e9rature latine des humanistes suisses au XVIe si\u00e8cle: Glareanus, Gessner et les autres\u00bb sont disponibles<a href=\"https:\/\/www3.unifr.ch\/iab\/fr\/news\/news\/21964\/la-littrature-latine-des-humanistes-suisses-au-xvie-s?\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"> ici<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"height:20px\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pens\u00e9e humaniste est essentielle \u00e0 la compr\u00e9hension de notre culture. Elle est pourtant trop souvent oubli\u00e9e m\u00eame des manuels scolaires. A l\u2019occasion d\u2019un colloque et du lancement d\u2019un projet FNS, David Amherdt, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en langue et litt\u00e9rature latine de l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance, esp\u00e8re lui redonner sa juste place. David Amherdt, alors que la pens\u00e9e humaniste propose toute une r\u00e9flexion sur des th\u00e9matiques encore fort actuelles aujourd\u2019hui, celle-ci est fort peu \u00e9tudi\u00e9e. Pourquoi? Il ne faut pas oublier que la pens\u00e9e humaniste au XVIe si\u00e8cle s\u2019exprimait surtout en latin. 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