L’AMS, c’est quoi ?

Vous trouvez ici un aperçu sur la structure de l'AMS.

Dans la presse, on présente malheureusement toujours les sous-tests les plus faciles pour illustrer l’AMS (« Reconnaissance des fragments de figures », tests de mémorisation). Les sous-tests qui prédisent le mieux l’aptitude aux études, comme « Compréhension de texte », « Diagrammes et tableaux », « Compréhension des questions fondamentales de la médecine et des sciences naturelles » ou « Problèmes quantitatifs et formels » sont moins spectaculaires à présenter, mais sont plus déterminants pour l’AMS. La capacité de prévision élevée de ces sous-tests peut s’expliquer par le fait qu’ils correspondent au mieux aux exigences demandées dans les études – c’est-à-dire à la capacité d’élaborer un ensemble de savoirs nouveaux. Celui qui y arrive bien en situation de test y arrivera aussi bien plus tard, pendant les études.

Les avantages du test d’aptitudes peuvent être résumés ainsi :

  • Légitimité des résultats grâce à l’égalité des chances et la liberté de choix (exigence du tribunal fédéral pour un NC). Tous les processus sont standardisés et l’influence de l’âge, du sexe, de la région d’origine et de la langue maternelle sont évalués.
  • La capacité à pronostiquer les aptitudes aux études (base légale des NC) est suffisamment évaluée. La durée des études et les notes ont prouvé être bien prédites.
  • Une nouvelle version chaque année, qui n’est pas connue à l’avance (aucun avantage pour un quelconque Insider, ce qui limiterait la légitimité). De cette manière, il est également possible de se présenter au test plusieurs fois.

En principe, aucun savoir spécifique particulier n’est nécessaire. La procédure d’information des candidats et les possibilités de préparation offertes s’avèrent aussi efficaces que la fréquentation de cours payants (ceci est suffisamment corroboré par des études), ce qui va dans le sens d’une égalité sociale.
 
Ce n’est pas uniquement le test-même qui est important ; il s’agit de tout un système de mesures qui sont nécessaires pour un déroulement optimal (cf. DIN 33430 ou ÖNORM 4000).

  • Seuls des exercices testés empiriquement à l’avance (au minimum comme exercice d’essai ou dans des conditions de test réelles) sont utilisés.
  • Une standardisation des conditions de passation et d’évaluation est garantie : les examinateurs responsables reçoivent un manuel contenant des instructions très précises sur l’organisation de la passation (y compris des recommandations préventives pour des événements imprévus).
  • Evaluation éprouvée et rapide au moyen d’un lecteur optique, système d’attribution des places compréhensible et précis comme combinaison entre résultat brut au test et rang au classement ;
  • Information suffisante aux candidats : ils reçoivent 6 mois à l’avance la brochure Test-Info donnant des recommandations pour la préparation. De plus, ils peuvent se familiariser au test avec la version originale publiée ; des recommandations sont données aux personnes voulant organiser un tour d’essai (par exemple, dans les gymnases) et des informations et explications sont disponibles sur internet.
  • Garantie de qualité à long terme, stock suffisant d’exercices testés, qui rend les répétitions nécessaires – si elles ont lieu – seulement sur de longues périodes, garantie de la comparabilité des différentes versions du test, développement du test d’année en année et adaptation aux nouvelles exigences des études.

 

Numerus clausus – test d’aptitudes – besoin en médecin

On appelle numerus clausus (NC) la décision politique de limiter l’accès aux études de médecine. Un NC entre en vigueur en Suisse quand la demande de places d’études excède de plus de 20% les capacités et quand des conditions de travail de qualité suffisante ne peuvent plus être garanties. La Conférence des Universités Suisses (CUS) prend cette décision en mars.

Quand un NC est nécessaire, l’admission dépend de l’aptitude. Le test d’aptitudes donne un résultat au test qui a prouvé avoir une forte corrélation avec l’aptitude aux études. Il est utilisé comme critère d’admission.

Est-ce qu’à l’avenir le NC ne sera plus nécessaire, parce que la demande en médecins est en augmentation ?

Ces cinq dernières années, la demande concernant les études de médecine a fortement augmenté – ce n’est pas uniquement en Suisse que le métier de médecin devient toujours plus attractif. En 2005, il y avait 546 places disponibles en médecine humaine, alors que 1143 candidats se sont présentés à l’AMS (pour les universités appliquant le NC). Même si on augmentait de manière réaliste les capacités de formation (ce qui demanderait cependant beaucoup de moyens, car les études de médecines comptent parmi les plus chères), on ne pourrait pas admettre tous les candidats sans que la qualité des études n’en souffre fortement. Même dans ce cas, le NC restera nécessaire si la surcharge des capacités de formation ne diminue pas.

C’est uniquement grâce au NC que l’on peut garantir, dès le premier semestre, des conditions permettant de mettre en place la réforme des études (par exemple : cours orientés sur les problèmes, travail en petits groupes ou commencement du travail avec les patients plus rapidement). C’est seulement sous ces conditions que l’on peut commencer l’indispensable développement de la personnalité. Ce développement est difficilement imaginable, si à cause de premiers semestres surchargés, un NC « caché » devrait d’abord réduire le nombre d’étudiants au moyen d’un examen très sélectif au bout de la première année. A Graz (Autriche), en 2005-06, on a même été obligé de renoncer à donner des cours et toute la formation s’est faite par Internet. En Suisse aussi il y a eu, avant l’introduction du NC, des conditions d’études catastrophiques, des taux élevés d’abandon et il aurait été impossible d’organiser des réformes sous ses conditions.

Nous comprenons la revendication que le développement de la personnalité d’un-e bon-ne médecin soit aussi prise en compte. Mais à quoi peuvent servir les meilleures qualités de caractère si les examens ne sont pas réussis et que les études doivent donc être interrompues ? Les personnes ayant des moins bons résultats au test ont montré réussir aussi moins bien leurs examens ou nécessiter plus de temps pour finir leurs études, ce qui affecte à nouveau les capacités plus que nécessaire. L’évaluation des compétences sociales ne serait pas fiable en tant que critère d’admission, car les résultats sont falsifiables par l’entraînement ou par une présentation de soi volontairement meilleure. Pour que les candidats puissent explorer leur propre penchant pour les études de médecine, les informations nécessaires sur le métier de médecin devraient être disponibles dans les offices d’orientation professionnelle. Le penchant ne remplace que partiellement l’aptitude !

L’espoir d’une « autorégulation » des rapports entre capacité et demande reste pour l’instant une illusion.