Programme détaillé (2009/2010)

vendredi 12 septembre 2008
par mss

Module 1 Anthropologie : Quel regard porter sur l’humain ?

  • Contenu

Le soin est fondamentalement une relation entre des personnes humaines. Aborder l’autre comme personne, comme être vivant, comme corps, implique de bien savoir ce que ces notions complexes impliquent. Aussi, avant d’aller plus loin dans la réflexion sur les pratiques soignantes, il importe de réfléchir à la manière dont nous concevons cet être humain. C’est le sens de l’anthropologie philosophique et théologique en tant qu’essai de discours sur l’humain et en tant qu’essai de réponse à la question qu’est-ce qu’un être humain ?

Cette réflexion n’est pas que théorique. Elle touche également au concret de la relation de soin dans la mesure où la prise de conscience des différentes caractéristiques de l’humain se traduit dans l’agir pratique par un effort pour les respecter, les protéger et leur permettre de se déployer. Le soin, compris comme une relation entre humains, amènera aussi le soignant à réfléchir sur sa propre humanité c’est-à-dire sa propre corporéité, liberté, historicité, capacité de parole, etc.

  • Objectifs
    • Reconnaître la multidimensionnalité de l’humain, la complexité et les ambiguïtés des discours à son sujet
    • Clarifier les concepts souvent utilisés dans la discussion éthique (personne, dignité)
  • 1er jour : Des regards sur l’être humain
    • Prise de contact ; introduction générale
    • Anthropologie : qu’est-ce que l’homme ?
    • Notion de modèles anthropologiques
    • L’homme avec Dieu : anthropologie biblique
  • 2e jour : Les caractéristiques de l’humain
    • Vie, corps, âme, esprit, parole, liberté, socialité, historicité, spiritualité, etc.
  • 3e jour : Des concepts pour appréhender l’humain
    • Personne
    • Dignité
  • Dates et lieu
    Du mercredi 29 avril au vendredi 1er mai 2009, Foyer Franciscain (Rue Antoine de Quartery 1, CH-1890 St. Maurice)

Module 2 : Les notions complexes de santé et de maladie

  • Contenu

La vie humaine est fragile et vulnérable. Elle n’est pas toujours, ou presque jamais, comme on aimerait qu’elle soit. Santé, bonheur, normalité, maladie, blessure disent l’écart entre l’idéal et la réalité vécue.

Les soignants sont justement appelés à intervenir quand cet écart devient trop manifeste. Quel est alors leur rôle ? Supprimer la maladie et la blessure ? Ramener vers la normalité, la santé et le bonheur ? Il faudra se confronter à une vision parfois simpliste du couple santé-maladie pour constater qu’il n’existe pas de frontière clairement délimitée entre l’une et l’autre, que les deux concepts ne sont pas forcément aussi antagonistes qu’il y parait et que la santé pourrait bien coexister avec la blessure ou la maladie.

  • Objectifs
    • Prendre conscience de l’utilisation habituelle des termes de santé et de maladie
    • Critiquer et dépasser une manière binaire de voir le monde
    • Réfléchir sur le sens d’une vie inévitablement blessée
    • Réfléchir sur les conditions d’une vie épanouie
  • 1er jour : Des notions qui nous apparaissent évidentes et qui ne le sont pas tant que cela.
    • Le couple santé-maladie : essai de définition
    • La notion ambiguë de normalité : nécessité et danger d’une mise en ordre du monde
  • 2e jour : La vie fragile et vulnérable
    • Vivre avec un corps blessé
    • Le risque : à dévoiler, à prévenir, à autoriser, à prendre
    • La vieillesse entre déclin et possibilité de vivre encore : une interpellation pour le soignant
  • 3e jour : Entre bonheur et malheur
    • Sens et/ou non-sens de la souffrance
    • Le malheur comme incapacité de donner forme à la vie qui vient
    • Le bonheur comme capacité de vivre une vie épanouie

Module 3 : Morale-Éthique : Comment prendre les bonnes décisions dans des situations difficiles ?

  • Contenu

Souvent les acteurs du domaine de la santé sont confrontés à des difficultés éthiques sans bien savoir comment les aborder. Les situations cliniques difficiles renvoient à toute une palette de convictions, de croyances, de valeurs ou de vertus que nous avons du mal à articuler les unes avec les autres.

    • Comment analyser une problématique ?
    • Comment rapporter aux valeurs les décisions particulières à prendre ?
    • Comment intégrer une décision dans le cadre d’une vie bonne ?
    • Comment les soignants articulent-t-ils leurs valeurs avec celles, peut-être différentes, du patient ou de ses proches ?

Renvoyés à nos questions nous ressentons le besoin d’une méthode, d’un cadre pour y mettre de l’ordre. Mais est-ce que la décision éthique n’est qu’une affaire de procédures décisionnelles à respecter ?

  • Objectifs
    • Sensibiliser à la complexité de la réflexion éthique
    • Fournir des outils méthodologiques pour aborder une situation concrète difficile
    • Tester pratiquement ces outils pour en voir l’utilité et les limites
    • Connaître les lieux et les grands courants de l’application de l’éthique dans le domaine de la santé
  • 1er jour : Qu’est-ce qui nous fait agir ?
    • L’agir humain : autonomie, conscience, responsabilité
    • Valeurs, principes, normes règles
    • Les vertus : ce qui nous oriente vers une vie vraiment humaine
  • 2e jour : Comment prendre la bonne décision ?
    • Méthodologie éthique et processus de décision
    • Grilles d’analyse de cas (exercices pratiques)
  • 3e jour : Les éthiques de la santé
    • L’éthique dans le champ de la santé
    • Bioéthique ; commissions d’éthique
    • Éthique communautaire

Module 4 : Pourquoi prendre soin ? La finalité de l’agir soignant

  • Contenu

Pour quoi soignons-nous ? Est-ce que nous cherchons à restaurer la santé, à guérir, voire à sauver  ? Il s’agira d’entrer dans la complexité de cette activité fondamentale du prendre soin qui va bien au-delà de la fourniture de prestations professionnelles. Nous aurons alors à réfléchir sur ce que nous mettons derrière le mot de guérison ou de salut, à nous confronter aux possibilités de sens d’un soin qui souvent (si ce n’est toujours) ne fait pas disparaître la maladie et la blessure mais aide à continuer à vivre malgré elles.

Si nous ouvrons le soin aux dimensions de l’humain, on se demandera finalement le rôle que joue un sentiment humain aussi fondamental que la compassion. Comment la considérer ? Comme un sentiment parasite qui fait perdre l’objectivité nécessaire ou comme le moteur de tout agir soignant véritable ?

  • Objectifs
    • Préciser le contenu que chacun place dans des termes qui décrivent les buts de l’activité soignante
    • Se confronter et s’ouvrir au contenu différent que d’autres peuvent y mettre
    • Travailler sur la différence entre les concepts de soigner et de prendre soin
    • Définir la notion de compassion et clarifier ses rapports avec le prendre soin
    • Connaître l’importance de la dimension spirituelle dans tout accompagnement et savoir comment lui donner sa place
  • 1er jour : Guérison et salut
    • Guérison : que cherche-t-on quand on est malade ?
    • La signification de la guérison dans la Bible et dans la tradition chrétienne
    • Le salut : avons-nous besoin d’être sauvés et de quoi ?
  • 2e jour : Prendre soin
    • Visiter les malades : histoire et sens d’une injonction évangélique
    • Éthique médicale ou éthique du prendre soin : histoire et débats actuels
    • Elaboration d’une définition opérationnelle de l’agir soignant
  • 3e jour : La compassion et de la spiritualité
    • La compassion : définition et rôle dans le prendre soin
    • La place de la dimension spirituelle dans l’accompagnement
  • Dates et lieu
    Du mercredi 25 novembre au vendredi 27 novembre 2009, Foyer Franciscain (Rue Antoine de Quartery 1, CH-1890 St. Maurice)

Module 5 : La mort et le mourir

  • Contenu

Les soignants sont régulièrement amenés à accompagner des malades vers la mort. Celle-ci, en tant que paradigme des petites morts que l’humain vit constamment dans son existence, représente un lieu-test de l’activité soignante. Pour cette raison, le prendre soin juste ne peut se dire sans parler de l’accompagnement à la mort.

Les êtres humains qui affrontent cette étape de leur existence utilisent fréquemment les outils de sens que leur procure leur enracinement spirituel et, en particulier dans notre société, l’enracinement chrétien. Qu’elles y adhèrent ou non, il est important que les personnes qui accompagnent les mourants aient une bonne connaissance des discours et des pratiques qui fondent le sens donné à la mort par la tradition chrétienne.

  • Objectifs
    • Connaître les principales données sur la sociologie de la mort au XXIe siècle
    • Reconnaître le rôle de la ritualité dans des moments forts de l’existence
    • Se confronter en profondeur au rapport de la foi chrétienne avec l’agonie et la mort
    • Donner les outils de compréhension de ce rapport pour aider à l’accompagnement
    • Reconnaître et pouvoir stimuler l’espérance en interagissant avec les éléments symboliques qui la soutiennent dans les moments difficiles de l’existence
  • 1er jour : Mort et religion
    • La mort aujourd’hui : sociologie et représentations
    • L’agonie
    • La mort dans la tradition chrétienne ; la mort dans les autres religions
  • 2e jour : Accompagnement
    • Le sens des rites autour de la mort
    • Accompagner celui qui meurt
  • 3e jour : Quelle espérance ?
    • La mort demandée : euthanasie et suicide assisté. Que répondre ?
    • La mort... et après : les représentations de l’au-delà
    • Comment articuler la mort et l’espérance ?

Module 6 : Le rôle de la communauté dans le prendre soin

  • Contenu

Le fait que des individus ne soient pas ou ne soient plus en santé appelle la manifestation d’un agir social commun ordonné au bien commun. On qualifiera cet agir d’agir soignant ou on dira aussi qu’il est l’expression de la fonction soignante de la communauté.

Il s’agira ici de comprendre le rapport des différentes formes de communautés, groupes, sociétés ou institutions dans lesquelles se déploie notre agir soignant. Trois lieux retiendront particulièrement notre attention : l’institution de soin, l’état et la communauté chrétienne. Il faudra apprécier les côtés positifs et stimulants de l’institution, mais aussi en débusquer les côtés négatifs, voire la perversité cachée. On questionnera la notion d’éthique institutionnelle pour en monter l’ambiguïté lorsqu’elle sert à faire reposer la responsabilité de décision sur des structures qui, par définition, ne pensent pas.

Finalement nous serons amenés à réfléchir sur le temps dans la mesure où il représente un des lieux de conflit possible entre le soin tel que le voudraient les institutions et le soin tel que le voudraient les soignants et les soignés.

  • Objectifs
    • Comprendre les mécanismes de dérive éthique propre aux institutions
    • Savoir comment construire et une éthique dans l’institution et une éthique dans l’équipe soignante
    • Comprendre les mécanismes et les limites de la notion de système de santé
    • Connaître les différents rapports au temps des participants de la communauté soignante
    • Pourvoir développer des stratégies pour gérer les conflits de temps à ce niveau
  • 1er jour : L’institution de soin
    • Le rapport à l’institution ; éthique institutionnelle
    • Interdisciplinarité, travail en équipe
    • La prévention du burn-out comme tâche éthique
  • 2e jour : Le prendre soin dans le cadre de la communauté politique
    • Politique de santé, système de santé
    • Santé et bien commun
    • La communauté chrétienne et le prendre soin
  • 3e jour : Quel temps pour soigner ?
    • Temps du monde, temps du malade, temps du soignant, temps de l’institution

Module 7 : Week-end final

  • Contenu

Un parcours tel qu’il vient d’être esquissé a besoin d’un moment particulier pour se terminer. Il est donc important de regarder ce qui s’est fait dans les 6 modules, d’en dégager les grands axes, d’en faire la synthèse. Nous prendrons également du temps pour voir l’utilité de ce parcours et la manière dont il va influencer la suite de notre pratique professionnelle, afin de définir comment il peut concrètement se traduire dans la pratique.

Ce sera aussi le temps pour les participants de présenter l’avancée de leurs travaux personnels de manière plus développée que dans les modules.

  • Objectifs
    • Avoir un regard global sur la formation suivie
    • Présenter l’état de sa réflexion personnelle et de la confronter à celle des autres membres

du groupe

    • Travailler en commun des pistes pour intégrer l’enseignement reçu dans la pratique
    • Faire le point sur l’avancée du travail final de chacun
  • 1er jour
    • Synthèse : regard rétrospectif et synthétique sur l’ensemble de la formation
    • Présentation de travaux personnels des participants
  • 2e jour
    • Ouverture : travail sur les possibilités d’applications pratiques
    • Présentation de travaux personnels des participants
  • 3e jour : Journée festive de clôture
  • Dates et lieu
    Du vendredi 25 juin au dimanche 27 juin 2010, Foyer Franciscain (Rue Antoine de Quartery 1, CH-1890 St. Maurice)

Documents joints

Programme en version PDF
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