Présentation de chaque discipline

dimanche 9 janvier 2011

Bible :
- Ancien Testament : « La parole vraie et la fausse parole. Aperçus d’Ancien Testament ». Cette intervention recoupe nos interrogations du cours de théologie biblique de cette année sur "les prophètes et les sages", qui porte essentiellement sur la nature et les modalités de la parole vraie. Elle est souvent opposée à "la fausse parole" (une expression technique du linguiste français Armand Robin). Pourquoi les prophètes ne sont-ils pas crus, pas écoutés, pas entendus ? Pourquoi sont-ils régulièrement persécutés, moqués, tués ? La parole vraie serait-elle "par définition" celle que l’on ne peut entendre ? L’Ancien Testament mène une réflexion audacieuse et dérangeante sur la vérité et sur ceux qui portent la vérité. Pas de parole vraie sans qu’elle soit incarnée par un homme, une femme, qui vont faire l’expérience du rejet et, parfois, d’une miraculeuse écoute qui va changer le cours des choses.

- Nouveau Testament : « La vérité dans le quatrième évangile ». "Qu’est-ce que la vérité ?". Cette question bien connue vient de l’évangile selon Jean. Elle est posée à Jésus par Pilate (Jn 18,38) ; et puisqu’elle reste en suspens, on l’interprète souvent comme une preuve de scepticisme de la part du préfet romain. Quoi qu’il en soit de la position personnelle de Pilate sur le sujet, cette citation johannique attire notre regard sur un fait littéraire et théologique sans équivalent dans le Nouveau Testament : l’importance que la littérature johannique accorde au thème de la vérité. Tâcher de comprendre quel sens (ou quels sens ?) peut avoir le terme alètheia ("vérité") dans le quatrième évangile, et accessoirement dans les lettres de Jean, tel sera le but de ce cours transversal.

Histoire de l’Eglise : « Les faits et leur interprétation : où est la vérité ? L’exemple de la crise moderniste à Fribourg ». La faculté de théologie de Fribourg a-t-elle été au début du 20ème siècle, selon l’expression d’un des informateurs de la Sapinière, "une cuve infecte où l’on prépare aux germes d’anarchie un intense bouillon de culture", peuplée d’un "genre spécial de métèques" Comment la crise moderniste a-t-été véritablement vécue à Fribourg ? Et les interprétations qui en ont été faites par la suite sont-elles toujours exactes ? Existe-t-il une vérité en histoire ?

Dogmatique : « Le Christ Vérité et l’Esprit de Vérité : une doctrine trinitaire de la vérité ». Le Christ Jésus, en tant que Vérité, est la source de toute connaissance du vrai et manifeste le mystère ultime : le Père. De son côté, l’Esprit Saint, en tant qu’il est l’Esprit de vérité et l’Amour en personne, fait connaître toute vérité et donne d’entrer dans le mystère du Père et du Fils. Suivant saint Thomas d’Aquin, l’accueil de la vérité trouve son sommet dans l’inhabitation des personnes divines, c’est-à-dire dans l’union au Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint.

Fondamentale : « La vérité et Fides et Ratio ». Qu’est-ce que la vérité ? Est-ce que les philosophes et les théologiens ont la même conception de la vérité ? Cette intervention étudie la conception de la vérité dans l’encyclique Fides et Ratio et les implications de cette conception pour la théologie fondamentale.

Morale :
- Première session : « “La vérité vous libérera” (Jn 8,32) : la vérité, la liberté et la vie morale ». Pendant la période de communisme en Europe Centrale, les dissidents de cette région ont découvert l’importance de la fidélité à la vérité, même à des vérités les plus banales, pour être libre et pour libérer leurs sociétés de l’oppression. Jean-Paul II, qui était lui-aussi un dissident de l’Europe Centrale, reconnaît et célébrait les rapports entre la fidélité à la vérité et la liberté, tout en enracinant ce phénomène dans les grands mystères de la foi : la Trinite et l’Incarnation. Cette session du cours transversal étudie les aperçus de ces dissidents et considère, à la lumière de la théologie de Jean Paul II et de Servais Pinckaers, leurs implications pour la théologie morale.

- Deuxième session : « L’injustice épistémique—entre témoignage et manipulation mentale ». Miranda Fricker, dans son livre Epistemic Injustice : Power and the Ethics of Knowing, affirme la nécessité des vertus morales pour connaître la vérité. Elle considère comment les relations sociales de pouvoir risquent de déterminer nos pratiques épistémiques en produisant des formes spécifiques de l’injustice—injustice par laquelle nos capacités de savoir sont diminuées. Le défi de la résurrection illustre le problème. Jésus a été offensé parce que ses disciples n’ont pas cru les témoins de la résurrection. Cela a des implications intéressantes pour la société contemporaine : les hommes de pouvoir qui veulent nous manipuler sont aussi offensés par notre manque de confiance en eux. Quelle est la différence ? Jésus avait-il le droit de reprocher ses disciples qui n’ont pas cru à la résurrection ? Les disciples avaient-ils le droit de ne pas croire ? Les musulmans disent que leur révélation vient de Dieu—suis-je juste quand je n’accepte pas leur témoignage ? Ai-je le droit de rejeter le témoignage sincère de bons et intelligents musulmans sans les offenser ? Ce cours montrera comment les écrits de Thomas d’Aquin nous aident à discuter ces questions.

Pastorale et pédagogie religieuse : « Le Christ Vérité en formation d’adultes ». Comment présenter en catéchèse et formation d’adultes la Vérité qu’est le Christ, dans le contexte du pluralisme religieux et du relativisme régnant dans la société contemporaine ? A l’épreuve d’expériences concrètes auprès de jeunes et de jeunes adultes.


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