Les Béatitudes (Mt 5, 3-10)
(CEC 1716-1717, ST I-II 69.1-4)
Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux.
Bienheureux les doux, car ils possèderont la terre.
Bienheureux les affligés, car ils seront consolés.
Bienheureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Bienheureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Bienheureux les persécutés pour la justice, car le Royaume de Dieu est à eux.
Bienheureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. Matthieu 5, 3-10
Selon S. Thomas les béatitudes sont des actes parfaits des vertus qui sont possibles à cause de l’action du Saint-Esprit.
- « Les béatitudes se distinguent des vertus et des dons, non comme des habitus distincts d’eux, mais comme les actes se distinguent des habitus. » (ST I-II 69.1)
- Le bonheur propre aux béatitudes est parfait seulement au ciel. Mais, le chrétien qui progresse dans la vie chrétienne peut déjà expérimenter « un certain commencement imparfait (inchoatio imperfecta) de cette béatitude future. » (ST I-II 69.2)
Selon S. Thomas les béatitudes se distinguent des fruits du Saint-Esprit à cause de leur parfection.
- « Toutes les œuvres vertueuses dans lesquelles on trouve de la délectation sont des fruits. Mais on appelle béatitudes uniquement les œuvres parfaites. » (ST I-II 70.2) (voir ci-dessous)
« Le monde ne peut être transfiguré et offert à Dieu sans l’esprit des béatitudes. » Vatican II (Lumen Gentium 31)
Les béatitudes sont au cœur de la prédication de Jésus. Leur annonce reprend les promesses faites au peuple élu depuis Abraham. Elle les accomplit en les ordonnant non plus à la seule jouissance d’une terre, mais au Royaume des Cieux. (CEC 1716)
Les béatitudes dépeignent le visage de Jésus-Christ et en décrivent la charité ; elles expriment la vocation des fidèles associés à la gloire de sa Passion et de sa Résurrection ; elles éclairent les actions et les attitudes caractéristiques de la vie chrétienne ; elles sont les promesses paradoxales qui soutiennent l’espérance dans les tribulations ; elles annoncent les bénédictions et les récompenses déjà obscurément acquises aux disciples ; elles sont inaugurées dans la vie de la Vierge Marie et de tous les saints. (CEC 1717)
Le chemin de la perfection passe par la croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel (cf. 2 Tm 4). Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des béatitudes. (CEC 2015)
Les béatitudes révèlent un ordre de félicité et de grâce, de beauté et de paix. (CEC 2546)
« Que ton Règne vienne. » Cette demande est portée et exaucée dans la prière de Jésus, présente et efficace dans l’Eucharistie ; elle porte son fruit dans la vie nouvelle selon les Béatitudes. (CEC 2821)
Les Fruits du Saint-Esprit (Ga 5, 22-23)
(CEC 1832, ST I-II 70.1-4)
Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n’y a pas de loi. Galates 5, 22-23
C’est par cette puissance de l’Esprit que les enfants de Dieu peuvent porter du fruit. Celui qui nous a greffés sur la vraie Vigne, nous fera porter " le fruit de l’Esprit qui est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi. " (CEC 736)
Les fruits de l’Esprit sont des perfections que forme en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle. La tradition de l’Église en énumère douze : " charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté " (Ga 5, 22-23 vulg.). (CEC 1832)
Si l’on appelle fruit de l’homme ce qui est produit par lui, alors ce sont les actes humains eux-mêmes qui sont appelés fruits.
- Si l’activité de l’homme émane de lui selon la capacité de sa raison, on dit qu’elle est le fruit de la raison.
- Mais, si elle procède de lui selon une vertu plus haute, celle du Saint-Esprit, on dit que l’action de l’homme est le fruit du Saint-Esprit comme d’une semence divine. (ST I-II 70.1)
Les Béatitudes et les fruits
On exige plus pour la raison de béatitude que pour celle de fuit.
- Pour la raison de fuit, il suffit qu’on ait quelque chose d’ultime et de délectable.
- Mais la raison de béatitude exige en outre que ce soit quelque chose de parfait et d’excellent.
- Ainsi toutes les béatitudes peuvent-elles être appelées des fruits, mais non inversement.
- En effet, toutes les œuvres vertueuses dans lesquelles on trouve de la délectation sont des fruits. Mais on appelle béatitudes uniquement les œuvres parfaites, qui, en raison même de leur perfection, sont attribuées [*] plutôt aux dons qu’aux vertus. (ST I-II 70.2)
