Ne dis pas : « C’est le Seigneur qui m’a fait pécher », car il ne fait pas ce qu’il a en horreur. Ne dis pas : « C’est lui qui m’a égaré », car il n’a que faire d’un pécheur. Le Seigneur hait toute espèce d’abomination et aucune n’est aimée de ceux qui le craignent. C’est lui qui au commencement a fait l’homme et il l’a laissé à son conseil. Si tu le veux, tu garderas les commandements pour rester fidèle à son bon plaisir. Devant toi il a mis le feu et l’eau, selon ton désir étends la main. Devant les hommes sont la vie et la mort, à leur gré l’une ou l’autre leur est donnée. (Sirac [Ecclésiastique] 15.11-17)
L’homme est raisonnable, et par là semblable à Dieu, créé libre et maître de ses actes. S. Irénée, Contre les Hérésies 4.4.3.
L’agir humain
Les actes humains volontaires
(CEC 1731-1748 ST I-II 6.18)
- Actes de l’homme : tout ce qu’un homme fait (actes involontaires)
- Le battement de son coeur
- Tomber d’un bateau
- Crier pendant son sommeil
- Actes humains : tout acte posé en connaissance de cause et avec la volonté (actes volontaires)
- Produits de l’intelligence et la volonté
- Acte de la volonté délibérée
- Acte du liberum arbitrium (décision libre)
- Acte volontaire
Les actes bons et mauvais en général
(ST I 5.1-6 et I 6.1-4 ; ST I-II 8.1)
- Le bien en général :
- Tout ce qui est, en tant qu’il est, est bien (dans une certaine mesure)
- Mais, à proprement parler, le bien implique davantage que le simple fait d’être. Il implique une plénitude d’être : quelque chose est bon s’il est en plein et complet accord avec sa nature.
- Un chien qui court versus un chien qui boite.
- L’acte humain bon :
- L’acte humain est bon s’il est réalisé en pleine harmonie avec la raison (il y a une juste proportion dans tous ses éléments)
- Le bien ou le mal d’un acte sont déterminés (spécifiés) par l’objet de l’acte
- La bonté d’un acte particulier dépend également :
- Des circonstances
- De sa propre fin
La quadruple bonté d’un acte humain
(CEC 1750-1761 ; ST I-II 18-21)
- Bonté selon son genre en tant qu’ « acte. » La bonté qui découle de la simple existence.
- Bonté selon son espèce, sa spécification. (Objet) La bonté qui découle de la possession d’un objet qui convient.
- Bonté selon ses circonstances. La bonté qui découle de l’acte en raison de ses propres caractéristiques : caractéristiques comme la place, le temps, la manière, qui conviennent à l’objet.
- Bonté selon sa fin. La bonté qui découle de la cause de l’acte, de la fin éloignée (motif) en vue de laquelle l’acte est posé.
Un défaut dans l’un de ces éléments rendra l’acte moralement mauvais (bien qu’une fin mauvaise rende mauvais un acte bon, une bonne fin ne peut rendre bon un acte mauvais)
Le bien et le mal dans les composantes intérieure et extérieure de l’acte de la volonté
(ST I-II 8-17)
Acte intérieur de la volonté
- L’objet de l’acte intérieur : la fin ou les fins
- Fin prochaine
- Aspect formel de l’objet de l’acte
(objet formellement considéré) - Ce qui est directement visé
- Aspect formel de l’objet de l’acte
- Fin éloignée (motif)
- Fin prochaine
Acte extérieur de la volonté
- L’objet de l’acte extérieur :
- L’objet de l’acte matériellement considéré
- Aspect matériel de l’objet de l’acte
- a) matière de laquelle (materia ex qua) : caractère générique de l’acte
- b) matière à propos de laquelle (materia circa quam) : caractère spécifique de l’acte
- Aspect matériel de l’objet de l’acte
- L’objet de l’acte matériellement considéré
