Conclusion

lundi 17 octobre 2011
par mss

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58. Vénérables Frères, Nous en sommes certain, les paroles que dans une heure décisive Nous vous adressons, à vous et, par vous, aux catholiques de l’empire allemand, trouveront dans les cœurs et dans les actes de Nos fidèles enfants l’écho qui doit répondre à la tendre sollicitude du Père commun. S’il est une chose que Nous implorons du Seigneur avec une ardeur singulière, c’est bien celle-ci : que Nos paroles parviennent aussi à l’oreille et au cœur, qu’elles éveillent les réflexions de ceux qui ont déjà commencé à se laisser prendre aux appâts et aux menaces des adversaires du Christ et de son saint Evangile.

59. Nous avons pesé chacun des mots de Cette lettre à la balance de la vérité, et de l’amour aussi. Nous ne voulions, ni par un silence inopportun devenir complice de l’équivoque, ni par trop de sévérité exposer à l’endurcissement le cœur d’aucun de ceux qui vivent sous Notre responsabilité de Pasteur et auxquels Notre amour de Pasteur ne s’applique pas moins du fait que, pour l’heure, ils se fourvoient dans les chemins de l’erreur et de l’infidélité. Et quand bien même beaucoup d’entre eux, s’adaptant à la mentalité de leur nouvel entourage, n’auraient plus pour la maison paternelle abandonnée par eux et pour le Père lui-même que des paroles de défiance, d’ingratitude, ou même d’insulte, quand ils oublieraient tout ce qu’ils ont rejeté, le jour viendra où l’angoisse de l’éloignement de Dieu et du désarroi de leur âme s’abattra sur ces fils aujourd’hui perdus, où la nostalgie les ramènera " au Dieu qui réjouissait leur jeunesse ", à l’Église dont la main paternelle leur avait enseigné le chemin qui conduit au Père des cieux. Hâter cette heure, c’est l’objet de Notre continuelle prière.

60. Comme d’autres époques de l’histoire de l’Église, celle-ci sera le prélude d’une nouvelle ascension et d’une purification intérieure, à la seule condition que les fidèles se montrent assez fiers dans la confession de leur foi au Christ, assez généreux en face de la souffrance pour opposer à la force matérielle des oppresseurs de l’Église l’intrépidité d’une foi profonde, la fermeté inébranlable d’une espérance sûre de l’éternité, l’irrésistible puissance d’une charité agissante. Que le saint temps du Carême et de Pâques, qui prêche le renouvellement intérieur et la pénitence, qui plus que d’ordinaire dirige le regard du chrétien vers la croix, mais aussi vers la gloire du Ressuscité, soit pour tous et pour chacun de vous une occasion joyeusement saluée, ardemment exploitée, de vous emplir le cœur et l’âme de cet esprit d’héroïsme, de .patience, de victoire qui rayonne de la croix de Jésus-Christ.

61. Alors, Nous en sommes certain, les ennemis de l’Église, qui s’imaginent que leur heure est venue, reconnaîtront bientôt qu’ils s’étaient réjouis trop vite et qu’ils avaient trop tôt pris en main la bêche du fossoyeur. Alors le jour luira où, succédant aux hymnes de triomphe prématurés des ennemis du Christ, s’élèvera vers le ciel, du cœur et des lèvres des fidèles, le Te Deum de la délivrance : un Te Deum de reconnaissance envers le Très-Haut, un Te Deum d’allégresse à la vue du peuple allemand tout entier, même avec ses membres aujourd’hui fourvoyés, revenant à la religion, et, dans une foi purifiée par la souffrance, ployant de nouveau le genou devant le Roi des temps et de l’éternité, Jésus-Christ, se disposant enfin, dans la lutte contre ceux qui nient Dieu et ruinent l’Occident chrétien, à reprendre, en harmonie avec tous les hommes de bonne volonté de tous les peuples, la mission que les plans de l’Éternel lui ont assignée.

62. Celui qui sonde les cœurs et les reins (Ps. VII, 10) Nous est témoin que Nous n’avons pas de plus intime désir que le rétablissement en Allemagne d’une paix véritable entre l’Église et l’État. Mais si - sans Notre faute - cette paix ne doit pas s’établir, alors l’Église de Dieu défendra ses droits et ses libertés au nom du Tout-Puissant dont le bras, même aujourd’hui, n’est pas raccourci. Confiant en Lui, " Nous ne cessons de prier et d’implorer " (Col., I, 9) pour vous, enfants de l’Église, afin que soient abrégés les jours de la tribulation et que vous soyez trouvés fidèles au jour du jugement ; pour les persécuteurs aussi et les oppresseurs : afin que le Père de toute lumière et de toute miséricorde daigne les éclairer, comme Saul sur le chemin de Damas, eux et tous ceux, si nombreux, qui à leur suite se sont égarés et demeurent dans l’erreur.

63. Avec cette supplication dans le cœur et sur les lèvres, Nous vous accordons, comme gage du secours divin, comme soutien de vos résolutions difficiles et lourdes de responsabilité, comme réconfort dans le combat, comme consolation dans la souffrance, à Vous, évêques et pasteurs du peuple fidèle, aux prêtres, aux religieux, aux apôtres laïques de l’Action catholique, et à tous, oui, à tous vos diocésains - mais spécialement aux malades et aux prisonniers, - dans un paternel amour, la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le dimanche de la Passion, 14 mars 1937.

PIE XI, PAPE


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