Modalités de l’examen : Cet examen consiste en un travail écrit en temps limité. Il aura lieu le lundi 20 décembre 2010 en la salle 3026 (bâtiment Miséricorde) de 11h00 (pile) à 12h00. Chaque étudiant disposera d’une heure pour passer l’examen. L’examen est à passer sans notes ni plans, mais les étudiants pour qui le français est la deuxième langue peuvent utiliser un dictionnaire.
Semestre d’automne 2010
Les Questions
(une question de chaque thème sera dans l’examen)
1. Le bonheur humain
a) Est-ce que tout le monde désire le bonheur ? Pouvons-nous parler d’une quête universelle du bonheur exprimé dans chaque culture ? Quelle conception du bonheur Aristote a-t-il développée ? Quelle réponse à la souffrance les Stoïciens ont-ils développée ? Est-ce que la conception du bonheur que l’homme peut développer sans la grâce et la révélation est adéquate ? Répond-elle aux désirs les plus profonds du cœur humain ? Votre réponse doit inclure la critique augustinienne de la vision stoïcienne et les observations thomistes sur « l’angoisse » d’Aristote et des autres « grands esprits » qui ont cherché le bonheur.
b) Présentez la conception de la béatitude avancée par Thomas d’Aquin dans les questions 1 à 5 de la Prima secundae de la Somme théologique. Selon S. Thomas, en quoi consiste essentiellement la béatitude (distinction entre bonheur objectif et bonheur subjectif ; description de l’activité propre à la béatitude) ? Quels sont les éléments secondaires, mais qui correspondent à notre animalité, de la béatitude ?
c) Décrivez les conceptions du bonheur développées par Hobbes et Hume et la réaction de Kant contre ces visions du bonheur. Du point de vue thomiste, quelle réponse peut-on donner à la critique kantienne ?
2. La liberté et la morale
a) Selon P. Servais Pinckaers, quelles sont les deux conceptions de la liberté et quelles sont les deux versions de la morale qu’elles génèrent ? Votre réponse doit inclure parmi ses éléments une description des différences entre les deux libertés et l’exemple du piano pour les illustrer.
b) Quelles sont les trois étapes de l’éducation morale selon S. Thomas et quel rapport y a-t-il entre ces étapes et la conception de la liberté décrite comme une « liberté de qualité » ?
c) Quels sont les types d’ignorance identifiés par la tradition et quel est leur rapport avec le caractère volontaire de nos actes ? Votre réponse doit inclure à la fois des descriptions et des exemples de chaque espèce et sous-espèce d’ignorance.
3. Les actes humains
a) Selon le Catéchisme de l’église catholique, quelles sont les sources ou les éléments constitutifs de la moralité des actes humains et quels sont les requis nécessaires pour qu’un acte soit moralement bon ? Votre réponse doit à la fois décliner ces éléments requis et donner les arguments que le Catéchisme offre pour les justifier.
b) Notre conception de la bonté morale d’un acte dépend de notre philosophie du bien en général et de son rapport avec l’être. Esquissez la conception thomiste du bien (et du mal) en général et expliquez son importance pour notre compréhension du bien moral.
c) Présentez l’analyse détaillée des composants de l’acte humain avancée par S. Thomas, reproduisant le schéma utilisé dans le cours et expliquant chaque élément avec l’aide d’un cas concret.
4. Les actes humains et la genèse de l’acte
a) Quels sont les éléments de la formulation scolastique classique du principe de la cause à double effet ? Quels sont les défauts de cette formulation ? Donnez une reformulation thomasienne de ce principe et appliquez ces deux versions du principe à un cas concret.
b) Les Nazis arrivent à votre porte et vous demandent s’il y a des juifs dans votre maison. En fait vous cachez une famille juive dans votre grenier. Quoi faire ? Qu’est-ce que vous allez leur dire ? Comment justifier ce que vous dites aux Nazis ? Ne pas leur dire la vérité dans ce cas, serait-il un mensonge ? Votre présentation de ce cas doit inclure une définition du mensonge.
c) Présentez ce que d’après S. Thomas sont les étapes dans la genèse de l’acte humain et illustrez votre présentation avec l’aide d’un exemple concret. Expliquez aussi le lieu où le jugement de la conscience joue un rôle.
