Les moralistes francais
Dans la tradition française, un « moraliste » est un écrivain qui offre des réflexions sur le caractère de l’homme en général et sur les mœurs (comportements) des hommes de sa propre génération en particulier.
A l’exception des œuvres des theologiens comme le Cardinal Bossuet, l’écriture moraliste se caractérise par le choix d’une forme discontinue : l’essai montaignien qui va « à sauts et à gambades » (Montaigne, Essais, III, 9) sans obéir à une organisation préétablie, la collection de maximes chez La Rochefoucauld, le choix de fables par La Fontaine, ou le recueil de caractères chez La Bruyère. C’est précisément le signe de cette attitude descriptive propre au moraliste : il refuse par là le discours construit, démonstratif et prescriptif, et conteste ainsi la posture d’autorité et de savoir qui y est attachée et qui est précisément celle du « moralisateur », c’est-à-dire du philosophe, du théologien ou de l’apologète. Le choix de la forme discontinue, soit en privilégiant le désordre (Montaigne), soit en valorisant la brièveté de la notation (La Rochefoucauld, La Bruyère), rend compte et atteste de l’infinie diversité des comportements humains et de la complexité d’un réel qui dépasse les cadres culturels habituels.
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