L'intégration des minorités religieuses suppose-t-elle leur sécularisation? Le cas des communautés orthodoxes en Suisse

La question centrale de cette recherche est de savoir si, dans le processus d’intégration, les communautés religieuses issue de la migration en Suisse, en l’occurrence les Églises orthodoxes, sont entraînées dans le processus de sécularisation qui marque le pays d’accueil.

Cette question est d’autant plus légitime que les Églises orthodoxes ont subi une sécularisation forcée durant la période communiste, suivie d’une résurgence forte du religieux après la fin de l’ère communiste. Leur migration vers l’Occident les placent à nouveau face à au phénomène de la sécularisation, certes d’une manière complètement différente. Il s’agit de comprendre quels aspects de la sécularisation en Suisse sont les plus sensibles pour les communautés orthodoxes et quelles adaptations pratiques et théologiques s’imposent aux Églises orthodoxes et à leurs fidèles en tant qu’individus pratiquants.

Deux axes structurent l’analyse, à savoir le niveau institutionnel (paroisses en Suisse et Église « mères » dans les pays d’origine) et le niveau individuel (articuler intégration sociale, culturelle et économique des migrants orthodoxes pratiquants, avec leur pratique et leur identité religieuse).

L’hypothèse centrale de cette recherche postule qu’intégration et sécularisation convergent plus au niveau individuel qu’au niveau institutionnel : les migrants orthodoxes intégrés socialement, économiquement et culturellement ont plus tendance à séparer la religion des autres aspects concrets de la vie — santé, éducation, science, art, etc. que leurs paroisses et Églises « mères », qui font le chemin inverse (c’est-à-dire qu’elles réaffirment le lien entre le monde spirituel et le monde matériel). 

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