> universitas friburgensis juin 2002

 
 

 


loi universitaire : fribourg s’émancipe

La loi universitaire en vigueur depuis 1997 a pour objectif de rendre plus autonome l’Université de Fribourg. On pourrait y voir la version contemporaine de la traditionnelle conception médiévale d’une université indépendante. Mais sa finalité est aussi de mieux servir la collectivité. Précisions avec Barbara Vauthey, Cheffe de service des affaires universitaires à la Direction de l’instruction publique.

par Christian Eicher

Les universités doivent désormais s’assumer : telle est la tendance actuelle en Europe, et en Suisse aussi. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Fribourg a été un des premiers cantons en Suisse à prononcer une loi sur l’Université, offrant à celle-ci une autonomie accrue. Alors que Lausanne et Genève en sont encore au stade de discussions difficiles concernant la révision de leurs lois universitaires, le Grand Conseil fribourgeois avait décrété sa nouvelle loi en la matière le 19 novembre 1997 déjà.

Les apports de la nouvelle loi
Quels sont les éléments de cette loi qui ont réellement permis de moderniser la politique universitaire à Fribourg ? Selon Barbara Vauthey : " L’objectif principal est de rendre plus autonome l’Université. Pour cela, il s’agit d’une part d’en renforcer les deux organes exécutif et consultatif que sont le Rectorat et le Sénat, d’autre part, d’accroître l’autonomie des facultés et départements. " Les compétences du Rectorat ont été élargies par rapport à la loi de 1970. C’est désormais au Rectorat d’engager tous les teurs administratifs et scientifiques, à l’exception des professeurs. C’est à lui qu’incombe aussi de décider de la répartition de l’enveloppe budgétaire accordée par le Conseil d’Etat.

A propos de l’élection du Recteur, la procédure est la même qu’auparavant, mais les acteurs ont changé. C’est en effet la nouvelle assemblée pleinière, composée des quatre corps de l’université, qui propose la nomination au Sénat. Cette nomination est ensuite ratifiée par le Conseil d’Etat.

Compétences des sénateurs
Quant au Sénat : alors que le nombre des sénateurs externes reste de huit (dont deux choisis hors du canton), les internes, appartenant à la communauté universitaire, sont passés de vingt à huit, dont quatre professeurs, deux collaborateurs scientifiques et deux étudiants. Selon B. Vauthey : " Il est évident que le fait d’avoir réduit le nombre des sénateurs rend plus efficace la prise de décision. En outre, le fait d’avoir une parité avec huit externes et huit internes nous donne un véritable équilibre des forces. " Là encore, la raison de cette participation extérieure accrue est de mieux responsabiliser l’Université.

Notons enfin que l’ancien Sénat était présidé par le Recteur, alors que dans le nouveau ce dernier n’a qu’une voix consultative : il présente les dossiers mais ne participe pas aux prises de décision. De ce fait, la séparation des pouvoirs est désormais effective. Quant à la Commission de recours, sa composition, ses compétences et son fonctionnement n’ont pas varié depuis la loi de 1970.

Les quatre corps
Un autre grand changement est celui de la constitution des corps universitaires. Afin que la représentativité de la communauté universitaire soit totale et que chacune des catégories de cette communauté ait ses droits, quatre corps ont été clairement définis : les professeurs, les collaborateurs scientifiques, les étudiants et auditeurs, et enfin les membres du personnel administratif et technique. D’après B. Vauthey : " Cette clarification des structures internes permet aussi bien sûr une gestion plus facile par le Rectorat. "

On demande des performances
Une question demeure. N’est-ce pas paradoxal de vouloir tout à la fois une université plus autonome et plus directement au service de la société ? Réponse de la cheffe de service : " Il n’y a là aucun paradoxe. Au contraire. N’oublions pas que cette autonomie est tout de même soumise à certaines conditions. Il existe des contrats de prestation qui obligent l’Université à s’engager. L’art. 1 de la nouvelle loi est du reste très clair à ce propos. Outre la mission traditionnelle de transmettre et faire progresser les connaissances, elle se voit assigner deux autres missions : la promotion du sens de la responsabilité chez les chercheurs et étudiants par une réflexion sur les valeurs au service desquelles doit être placée l’activité scientifique ; ensuite, contribuer au développement culturel, social et économique de la société. " Bref, comme s’il était besoin de préciser : finie la tour d’ivoire. On demande aux universités des performances. D’ailleurs, la nouvelle loi fédérale sur l’aide aux universités va dans ce sens, puisque les crédits sont aloués en fonction des prestations (nombre d’étudiants, crédits de recherche acquis, fonds tiers acquis).

 


Das Ende des Elfenbeinturms

Laut Barbara Vauthey, Dienstchefin der Abteilung für Universitätsfragen der Erziehungsdirektion, gehört die Universität Freiburg zu den ersten Schweizer Hochschulen, denen eine neue Gesetzgebung mehr Autonomie gebracht hat. Dank des bereits 1997 in Kraft getretenen revidierten Universitätsgesetzes besitzt das Rektorat mehr Entscheidungsbefugnis in Personal- und Budgetfragen. Die Verschlankung des Senats erhöht dessen Handlungsfähigkeit, die vier akademischen Körperschaften sind klar definiert. Zu den Hauptaufgaben der Universität gehören die Förderung des Verantwortungsbewusstseins aller Mitglieder der Universitätsgemeinschaft und die Unterstützung der kulturellen, sozialen und wirtschaftlichen Entwicklung unseres Gemeinwesens.

 


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Mise à jour: juin 2002 par nf
 
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