" Years ago, certain ideas were prevalent in the feminist movement,
such as,
" Women would be liberated if they worked. " And I was thinking,
" Gee,
every black woman Ive ever known has worked (outside the home),
but this
hasnt necessarily meant liberation. " bell hooks
Il vaut la peine de lire ces paroles livrées par bell hooks, une féministe
afro-américaine de premier plan, pour se garder de réflexions trop faciles
: les études genre n’ont plus grand chose à voir avec le seul soutien-gorge
qu’on brûle sur la place publique. Depuis quelques années, en Suisse
aussi, la réflexion s’est institutionnalisée et a acquis ses titres
de noblesse. Parce qu’elles tiennent compte d’une multitude de facteurs,
tels que la condition sociale, l’origine ethnique ou les choix politiques,
les réflexions sur les genres s’inscrivent dans un contexte social,
psychologique, esthétique, juridique. Les études genre ont ceci de particulier
qu’elles nous donnent à voir des points de vue insoupçonnés sur l’expérience
vécue, notamment l’expérience de la différence. Différence poignante
lorsqu’on se réfère à l’article de Carbajal sur les clandestines, ou
différence politique lorsqu’on se réfère à l’analyse de la juriste Emmenegger,
différence artistique lorsque Petrovski nous fait comprendre Boldini
ou différence classique lorsque Konstandinidis cherche à nous faire
connaître le vécu des copines de hooligans. Bref, il faut prendre les
études genre pour ce qu’elles sont : un moyen de réfléchir à la société,
au delà même de leur intérêt politique pour les femmes ou les hommes
qui la constituent.
Je profite de ces quelques lignes pour remercier Stefanie Brander,
du bureau bernois de l’égalité, de nous avoir aimablement autorisés
à utiliser les photographies de sa dernière campagne, visible dans les
trams de la ville de Berne. A celles et ceux qui s’y intéressent : cette
campagne est à vendre. A bon entendeur…
Roberto Induni