Ancienne étudiante de Fribourg, Samantha Besson poursuit actuellement
ses recherches à Oxford et enseigne le droit à l’Université de Genève.
A 29 ans, sa carrière est déjà exceptionnelle et sa lutte pour l'égalité
des sexes est indéfectible. Portrait de celle qui a animé la conférence
publique du 4 avril dernier, consacrée à l’égalité des sexes dans la
future Constitution fribourgeoise.
Par Urbain Ahonda
" La Suisse est faite de quotas. Que ce soit au niveau des régions,
des langues ou de la religion, des efforts sont mis en œuvre pour favoriser
une représentativité adéquate des diverses couches de la population.
Je ne vois donc pas pourquoi un quota supplémentaire en faveur des femmes
serait contraire à la liberté de vote." Cette réflexion de Samantha
Besson par rapport à l'arrêt du Tribunal Fédéral de 1998 sur l’initiative
des quotas du canton d’Uri, résume l'essentiel de sa lutte: l'égalité
des sexes dans tous les domaines. "On ne peut être femme aujourd'hui
sans être féministe" soutient- elle.
Vaudoise de naissance, cette docteure en droit est chargée de cours
en droit constitutionnel comparé à Genève et Research Fellow à Oxford
depuis 2001. En dix ans, elle a obtenu une dizaine de prix et distinctions
académiques. Parfaite bilingue (français et anglais), elle maîtrise
aussi bien l'allemand, l'espagnol que l'italien.
Après une licence en droit à Fribourg, Oxford l'accueillera pour son
Masters en droit européen et comparé. Puis elle reviendra à Fribourg
soumettre sa thèse avant de commencer une habilitation à l’Université
de Berne et des recherches à New York et Oxford. Elle envisage son avenir
dans le domaine académique. Ayant participé à plusieurs projets en Suisse
et à l’étranger, S. Besson assure que “ l’expérience étrangère permet
de mieux comprendre les problèmes nationaux, de les traiter d’une manière
plus complète et dans une approche plus comparative ”.
Donner une base constitutionnelle à l’égalité des sexes
L'élaboration de la nouvelle Constitution fribourgeoise lui donne l'occasion
de faire avancer ses idées qu'elle formule en trois propositions. La
première tourne autour de la création d’une base constitutionnelle pour
l’adoption de mesures positives et notamment de quotas, afin de promouvoir
l’égalité de fait entre homme et femme dans les domaines de la famille,
de la formation, du travail, de l’accès à la fonction publique et en
politique. La seconde a trait au Bureau de l’égalité entre homme et
femme. Il s'agira de donner une assise constitutionnelle à cette institution
qui doit aider à améliorer la représentation féminine et l’accès des
femmes à tous les degrés de responsabilité, et à éliminer des discriminations
dont elles peuvent faire l’objet. Enfin, S. Besson estime que pour atteindre
ce but, il faudrait contraindre les partis politiques à ouvrir leurs
listes aux candidatures féminines. L'Etat pourrait même conditionner
leur financement au respect du principe des quotas de liste sur le modèle
français.
En mars 2000, le souverain avait rejeté à plus de 82% l'initiative
des quotas. La juriste estime que le quota préconisé n'était pas suffisamment
flexible et le rejet n'aurait pas été aussi massif si le Conseil Fédéral
avait proposé un contre- projet au peuple. L'avenir, estime-telle, telle,
c'est “ le laboratoire constitutionnel des cantons. Si un canton inscrit
un système de quotas flexibles dans sa constitution, cela ne mettra
pas en cause le souverain fédéral. Et si les expériences cantonales
sont positives, le terrain sera balisé pour l’élargissement à toute
la Confédération ”, ajoute-t-elle, consciente toutefois que “ les mentalités
ne changeront pas d’elles-mêmes, il faut les stimuler ”.

4.Plädoyer für ein flexibles Quotensystem
Die konstitutionell abgesicherte Gleichstellung von
Frau und Mann in den Bereichen Familie, Bildung, Arbeit und Politik
ist eine der Herausforderungen unserer Zeit und zugleich das Hauptanliegen
von Samantha Besson, einer jungen Juristin, die bereits auf eine erstaunliche
Blitzkarriere in Freiburg, Oxford und Genf zurückblicken kann. Im Zusammenhang
mit der Diskussion um die neue Verfassung des Kantons Freiburg formulierte
sie ihre Forderungen: Verankerung einer flexiblen Quotenregelung in
der Verfassung, verfassungsmässige Absicherung des Gleichstellungsbüros
für Frau und Mann, zwingende Verpflichtung für politische Parteien,
ihre Listen Kandidatinnen zu öffnen.