www.unifr.ch/spc/UF/93juillet/exigences.html
Exigences éthiques en économie |
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Un siècle après l'encyclique Rerum novarum, dont l'histoire lui est intimement liée, l'Université de Fribourg, en collaboration avec l'Institut Jacques Maritain à Rome, poursuit son travail de divulgation de la doctrine sociale de l'Eglise. Un effort salué par le Cardinal Roger Etchegaray en clôture du colloque sur les exigences éthiques en économie vues par les évêques des cinq continents, qui s'est tenu du 1er au 3 avril dans la Haute Ecole. |
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Le colloque, rassemblant près de 200 spécialistes de la pensée sociale chrétienne, des responsables de l'Eglise ou du monde économique, venus du monde entier, a permis de fructueux échanges de vue, et de faire le point sur les plus récents développements de l'enseignement social chrétien. Mais logique économique et positions éthiques ou morales sont souvent difficiles à concilier. Même si l'on reconnaît que le discours épiscopal sur l'économie s'est affiné - et le long débat public et ouvert qu'a mené l'épiscopat des Etats-Unis pour rédiger son importante lettre pastorale Justice économique pour tous montre le sérieux de sa démarche - les décideurs économiques, qui prônent le libéralisme, estiment que les évêques sont souvent victimes de "clichés" simplificateurs, car à leur avis, "on n'est plus aux temps du libéralisme manchestérien et du laisser-faire total". Morale et modèle "L'Eglise n'a pas un modèle économique à proposer au monde, mais il y a des exigences chrétiennes en économie, c'est-à-dire des exigences de respect de la personne humaine et de justice élémentaire qui doivent se trouver dans n'importe quel système économique", a rappelé le Prof. Ramon Sugranyes de Franch, président de l'Institut Jacques Maritain, et cheville ouvrière de cette rencontre. Il a souligné que ce sont les encycliques sociales des papes qui ont été à partir de Rerum novarum le moteur de la doctrine sociale de l'Eglise. Mais, surtout à partir du Concile Vatican II, on note l'intervention croissante des évêques au niveau national, régional ou continental. 1'400 documents La production de ce type de documents est décisive sous deux aspects. Un corps de doctrine autonome de plus en plus solide est établi et gagne une influence de plus en plus grande grâce à son attachement fondamental à la dignité de la personne humaine et au respect des droits de l'homme. On s'efforce ainsi d'indiquer les voies à suivre à partir des grandes valeurs évangéliques de justice, de liberté, de vérité et de solidarité. Des préoccupations qui rejoignent celles des démocraties modernes. Le développement de la doctrine sociale s'accompagne aussi d'un engagement accru des laïcs dans la vie de l'Eglise elle-même. L'établissement de documents collectifs permet également la pratique d'une vraie collégialité entre les évêques et d'une saine collaboration avec les spécialistes laïcs qualifiés. Dans une recherche documentaire sur l'enseignement des évêques du monde entier en matière d'éthique économique, menée par une équipe internationale, on a découvert, répertoriés et mis en fiches près de 1'400 documents épiscopaux. Soutenue par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, cette étude de l'Institut de théologie morale de l'Université de Fribourg et de l'Institut Jacques Maritain, aboutira à un répertoire bibliographique qui sera édité l'an prochain, peut-être par les Editions Universitaires/Fribourg. Lucrezia Meier-Schatz, en présentant cette importante contribution, a relevé que le lecteur des documents épiscopaux en matière économique sera souvent frappé par la pauvreté des concepts économiques utilisés au cours de ce siècle: "le discours des Eglises locales repose en général sur des critères de valeur, mais ne s'appuie que très rarement sur des informations scientifiques permettant d'étayer le raisonnement". A temps et à contretemps Une invitation donc aux évêques à peaufiner leurs interventions en matière économique, d'autant plus que l'indispensable appel à la conscience lancé par les évêques à l'ensemble de l'humanité "laisse apparaître un catholicisme divisé", les solutions proposées étant souvent critiquées voire combattues. Concluant le colloque, dont il a souligné l'originalité, le cardinal Etchegaray, Président du Conseil Pontifical Justice et Paix, a souligné que demain l'on s'émerveillera de la richesse de l'enseignement des évêques des cinq continents et du fait qu'ils n'ont jamais failli à leur propre et inaliénable mission d'enseignement jusqu'en matière de développement et d'économie, et qu'ils ont su parler "à temps et à contretemps", élevant leur voix souvent avec beaucoup de lucidité et de courage. (apic/red.)
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Universitas Friburgensis juillet 93 |
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